Fiche
:
Auteur Antoine
Audouard
Editeur Gallimard
Collection Folio, numéro 3675 - Mai 2002
Format 11 cm x 18 cm - 467 pages
ISBN 207042183X
Résumé
:
Au XIIème
siècle, le plus célèbre universitaire de son époque,
et une jeune fille très érudite, fusionnent dans un amour
fou. Antoine Audouard a découvert les lettres passionnées
échangées par Abélard et Héloïse. Voici
le roman, étrangement moderne, de la passion, d'êtres humains,
forcément humains...
Antoine Audouard
rent un vibrant hommage à une histoire d'amour: Abélard
et Héloïse pour le premier. Sur le canevas du mythe, l'imaginaire
romanesque brode un motif supplémentaire: ce couple mythique recèle
un spectateur malheureux qui, racontant leur histoire, y ajoute la sienne.
Ainsi en
est-il du personnage de Guillaume d'Oxford dans Adieu mon unique (Gallimard)
d'Antoine Audouard. En tant que plus proche disciple du philosophe et
théologien Pierre Abélard, Guillaume fut l'instigateur et
le témoin de sa relation avec Héloïse. Comme lui aussi
était épris de la jeune femme, dans son récit son
amour supplante celui du mythe. Chez Antoine Audouard, la dualité
des sentiments et de la foi imprègne l'écriture qui s'élève
comme un hymne à la gloire de l'amour sans retour. - Présentation
de l'éditeur-
Extrait
:
"Au
matin du troisième jour, Héloïse arriva avec les oiseaux
qui se pourchassaient en criant au-dessus du jardin de l’évêque.
J’avais
les jambes lourdes d’avoir trop bu et mal rêvé. Je
voulais encore dire « je t’aime » à celle qui
ne m’aimait pas. J’oubliais : je ne lui avais jamais rien
dit, que les lèvres fermées, afin d’être sûr
qu’elle ne m’entendît pas.
Elle me regarde et salue en passant doucement, mais sans s’arrêter
; je suis assis et j’ai de la terre entre les doigts, une poignée
de terre que je fais passer en pluie d’une paume à l’autre
jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien qu’un
peu de poussière. Quand j’ai fini, je recommence. Le maître
est seul, à quelques pas de moi, sous l’olivier. Il lit.
Il la voit, se lève d’un bond.
Ils se disent
des mots mais je ne les entends pas –le bourdonnement dans mes oreilles.
D’autres sont plus proches d’eux mais je ne les vois pas –
le voile descendu devant mes yeux. Je pourrais bouger mais je suis immobile,
sauf le mouvement de mes mains qui, inlassablement, vainement, font couler
la terre. Maintenant je vois : ils sont seuls.
C’est une solitude dont mon corps a la mémoire : solitude
des amants. C’est une solitude que je connaîtrais même
si je n’en avais pas l’expérience : une solitude qui
désespère quand on n’en est pas. Tu me parles et je
suis seul à t’entendre. Je te parle et tu es seule à
me comprendre. Ce que je sais, tu le savais déjà. Ce que
tu commences, je le finis. As-tu remarqué comme le monde est beau
? Sais-tu comment aller dans le ciel ? Veux-tu marcher, parler, te taire
? Ils parlent, ils sourient. Ils se taisent, ils sourient. Le soleil se
lève au-dessus des vignes de Bercy et court sur la Seine en reflets
d’or –ma main ne caressera pas mieux ton corps.
- Tu as
vu ?
C’est
Chrétien qui me tire par la manche. Je voudrais dire « je
sais » mais les mots ne franchissent pas mes lèvres.
- Viens.
Il passe
son bras sous le mien mais je ne veux pas bouger. Je veux rester ainsi
pour toujours, à souffrir à quelques pas d’eux. " (Pages 105-106 éd.
Folio)
Critique/Presse:
Le
Club reçoit Antoine AUDOUARD
Interview du 03/10/2000
Petite
remarque perso : Un livre très émouvant, difficile
parfois de retenir quelques larmes... Mais pleurer en lisant un bon roman,
c'est un peu comme pleurer au cinéma, cela donne une impression
de plénitude... et cela devient un véritable bonheur une
fois le livre refermé. Les dernières pages d'Adieu mon unique
me laissent un souvenir fort. Un long moment encore après en avoir
lu les derniers mots.
Haut
de la page |