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BALZAC OU LA PETITE TAILLEUSE CHINOISE
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alphabétique Bibliothèque virtuelle |
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Auteur Dai
Sijie « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Daie Sijie, illustre avec brio et beaucoup d’habilité le pouvoir de la lecture à travers trois personnages principaux : le narrateur, son ami Luo ainsi que la petite tailleuse. Le contexte historique de la rééducation imposé par le président Mao dans la Chine rouge donne du piment à l’histoire puisque le narrateur et Luo, enfants de la ville, vont être plongés dans un univers inconnu, celui de la campagne dans les montagnes du Phénix du ciel. Le narrateur de ce récit est un personnage actif mais reste la plus part du temps témoin des événements qu’il rapporte. Il a 17 ans est d’un milieu plutôt élevé : son père est pneumologue et sa mère spécialiste des maladies parasitaires. Il fait de la musique, du violon, l’instrument des prodiges. lorsqu’au début du roman il joue du Mozart on se sent transporté, tout comme les habitants du village, et on arrive à lire la mélodie sur les lignes du livre. Son meilleur ami Luo, 19 ans, autre personnage principal de ce récit, est son voisin de palier avant leur départ pour la rééducation ; ils grandissent ensemble sans jamais se disputer. Le père de Luo est un dentiste célèbre dans toute la Chine pour avoir « touché » les dents du président Mao. Mais après cet événement toute la famille avait été déclarée « ennemi du peuple ». Le dernier personnage de ce livre est une jeune fille des montagnes surnommée la petite tailleuse dont vont s’éprendre les deux amis. Mais le narrateur voue une telle loyauté à son ami qu’il ne révèlera rien. Cette fille de tailleur est très jolie mais sans aucune culture puisqu’elle reste toujours seule dans son atelier, installée devant sa machine à coudre pendant que son père part prendre des commandes dans les villages environnants. Luo et le narrateur vont rencontrer le Binoclard, un autre garçon lui aussi en rééducation dans un village voisin. Il se trouve en possession de livres interdits… Les œuvres des plus grands auteurs occidentaux de l’époque passent entre leurs mains et vont leur permettre d’accéder à un nouveau monde : celui de l’instruction et de la culture. Car enfin voilà le but de cette histoire, grâce essentiellement au « Père Goriot »de Balzac Luo va entreprendre de cultiver la petite tailleuse qui jusque là était « belle mais inculte ». «
Avec ces livres je vais transformer la petite tailleuse, elle ne sera
plus jamais une simple montagnarde. » Mais l’intérêt de ce livre réside aussi dans la transformation radicale de la petite tailleuse : de jeune fille passive sans connaissance, elle devient une femme épanouie qui veut découvrir le monde non plus grâce aux livres mais avec ses propres yeux. La réussite de ce roman est également dûe au narrateur intradiégétique : Ce narrateur auquel l’auteur a décidé de ne pas donner de nom est très attachant de par son histoire mais aussi caractère. On s’identifie totalement à ce personnage qui pourrait être n’importe Qui. Il est jeune, insouciant, fatigué du train de vie habituel, et recherche l’aventure a travers se nouveau monde totalement différent du sien. C’est peut être cela qui nous plait tellement dans ce personnage, grâce à lui on peut s’évader et se libérer. N’est-ce pas le but premier d’un livre ? Cette œuvre est un très bel exemple du pouvoir de la culture et des connaissances apportées par la lecture. Elle est aussi moraliste, en quelque sorte, puisqu’elle démontre aux gens que lire est essentiel.
« Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... - Quel éblouissement! - Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde. » Il fallait oser confronter le monde de Balzac et la Chine de Mao : Dai Sijie, réalisateur renommé qui vit en France, a réussi cet improbable pari et on lit avec enthousiasme et frénésie ce premier roman parfaitement maîtrisé. Karla Manuele pour amazon.fr Personne n'aurait jamais su que l'amour existait, si le poète n'en n'avait pas parlé, affirmait Marguerite Yourcenar. L'histoire que nous raconte Dai Sijie dans Balzac et la petite tailleuse chinoise nous prouve lui, s'il en était besoin, que l'amour est bien autre chose qu'un artifice poétique. Dai Sijie nous entraîne dans un monde terrible, parce qu'absurde, où l'interdit entrave jusqu'aux sentiments les plus simples, où les hommes perdent tout, même leurs rêves. Le livre n'y a pas droit de cité, ou alors seulement les livres du grand Timonier. L'initiation de ces trois personnages par la lecture et l'ouverture à des mondes dont ils ne soupçonnaient pas l'existence sont d'autant plus exaltantes, qu'ils s'y découvrent comme s'ils étaient les premiers hommes à faire cette double expérience. Ce qui fascine dans ce roman simple et limpide, dont le sujet est là, c'est qu'il nous fait sentir à nouveau, à nous lecteurs occidentaux, l'émoi du premier livre, et nous fait redécouvrir la puissance des mots qui défilent sous nos yeux, le pouvoir d'un livre enfin quand on le lit comme si on était le premier et l'unique lecteur. Pour un retour à ces sources de jouvence, lisez ce roman admirable. Eglantine
Simon
Petite remarque perso : Lire nous semble être un acte si banal. On aime, ou on n'aime pas, voilà tout. Mais quand la liberté de lire et de choisir ses livres est une découverte qui tourne presque au combat, à la prise de risque, quand lire devient une passion, un outil de séduction aussi pour les héros. Quand le livre joue au pygmalion et qu'en ouvrant ses pages il ouvre les portes d'un rêve de liberté... Un livre incroyable. C'est son titre qui m'a séduite de prime abord. Balzac associé à une petite tailleuse chinoise ? De quoi pouvait-il bien s'agir ??? D'un roman sur l'amour du livre, sur l'amour tout court... La vie quoi, même loin de nous, même difficile, même insupportable.
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