Etre sans destin - Imre Kertész

Un jeune garçon de 15 ans raconte. Mais son récit est différent de ce que l'on a déjà pu lire ou de ce que l'on pourrait imaginer. Et cette différence bouleverse. L'enfer des camps ? Qu'est-ce que l'enfer ? Lui a connu la vie du camp ; l'enfer, il ne sait pas ce que c'est. Il a vu l'horreur, mais il a vu aussi les fleurs dans les massifs, le soleil couchant. Ce qu'il vit touche parfois à l'absurde : comment un adolescent peut-il brusquement se trouver confronté à cet univers-là ? Comment un être humain peut-il être ainsi ravi aux siens, à sa propre vie, à sa propre identité sans devenir fou ? Je me dis que ce jeune homme n'a pas délibérément pris de la distance, mais que cette distance s'est imposée d'elle-même, en toute sincérité. Auschwitz. Ce simple nom évoque pour le lecteur l'horreur absolue. Et dans ce témoignage, il n'y a pas de place pour l'absolu, seulement pour le quotidien, ce quotidien terrible que chacun va devoir vivre... Vivre...et se garder du côté des vivants. Au jour le jour, et pas avec des mots, mais avec tous les gestes nécessaires, obligatoires.
Jamais de grands sentiments, de douleur exprimée, mais une sobriété des mots presque naïve qui bouleverse et ressemble à l'instinct de survie.

Etre  sans destin

La petite Chartreuse - Pierre Péju

Une petite fille renversée par un homme au volant de sa camionette, un soir de novembre. Une petite fille dans le coma. Un homme amoureux des livres.
Au-delà de l’enfance brisée, un ailleurs, un "autre chose"… Le vrai drame n'est pas forcément là où l'on croit. La petite Chartreuse… Comme la montagne qui abrite sa rééducation, ses secrets, ses mystères, toutes ces zones qui demeureront inconnues, inaccessibles. Le silence presque monacal du lieu, le silence en lecture, le silence en chacun de ces êtres que le hasard met en présence.

La petite Chartreuse

La chambre de Françoise Chandernagor

Françoise Chandernagor s’interroge sur la « responsabilité » des hommes devant l’Histoire, certes, mais aussi devant l'enfant, devant l'humain… Elle nous rend Louis XVII familier, en en faisant non un fils de roi, mais un petit garçon qui se replie sur lui-même, un peu plus loin chaque jour, un peu plus absent, parce qu'il n'a pas d'autre alternative.

La chambre

La leçon d'allemand de Siegfried Lenz

Un livre immense, beau, fort… D’une beauté qui pénètre. Le père est un homme de « devoir ». Mais qu’est ce que le devoir face à l’amitié, dans ces circonstances si particulières que sont celles de l’Allemagne nazie. Et après, quand la guerre est finie, que chacun essaie de vivre encore, quel comportement adopter ? Le jeune homme, puni, dans sa cellule commence sa "rédaction".Et puis, au fil des mots il ne peut plus arrêter l'hémorragie de souvenirs. Il est, lui aussi, placé devant le devoir. Le devoir de dire.

Oui, beauté et force sont les noms qui me viendraient sans avoir besoin de réfléchir si je devais parler de ce livre-là en deux mots.

La leçon d'allemand

Sourires de loup de Zadie Smith

Des personnages à foison, hauts en couleurs, des familles, des histoires rocambolesques, des complications… Un ton enlevé, de l’humour… Le nombre de thèmes abordés dans ce roman est assez impressionnant : le racisme, les conflits de générations, l’intégration, la religion, l'intégrisme, les sectes, le fanatisme, la drogue, l'amitié, l’amour, la guerre, la science, la génétique j’en passe et des meilleurs !

Sourires de loup
La part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt

Qui aurait été Hitler si… L’évocation de sa jeunesse, de ses échecs, de sa pauvreté, de ses frustrations, de sa libido… toutes ces années de construction d’une personnalité qui allaient aboutir au dictateur que le monde a connu, a subi. Et en opposition quasi symétrique, cet Adolf H. semblable et pourtant si différent, qui réussit son concours à l'académie des Arts. Le premier entrera en politique. Le second deviendra peintre. Le livre suit leur cheminement réspectif.

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