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UN THE CHEZ LES ELEPHANTS

Vivienne de WATTEVILLE

 

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Bibliothèque virtuelle
   

Fiche :

Vivienne de Watteville, Un thé chez les éléphants, traduit de l'anglais par G. Jean-Aubry, Petite Bibliothèque Payot/Voyageurs, 2001, 252 pages,

 

Résumé / Presse :

Dans la savane africaine, la confrontation d'une très téméraire demoiselle de bonne famille avec la nature sauvage. Chronique d'une saison renfermant "tout ce que le cœur peut désirer" ou de l'aventure considérée comme l'un des beaux-arts et de la manière d'en faire sa pâture pour construire sa propre identité…

Fin des années 20. Qui est cette jeune femme au nom digne d'une héroïne de la Bibliothèque rose ? Pourquoi retourne-t-elle en Afrique quelques années après une expédition qui s'est soldée tragiquement par la mort de son père, célèbre naturaliste, tué par un lion ? Vivienne de Watteville n'a pas encore trente ans, elle est intrépide, déterminée, énergique et totalement inconsciente. Son intention n'est-elle pas de "se lier d'amitié avec les animaux" ? Tout en les photographiant. Simple prétexte : elle est si inexpérimentée qu'elle n'imagine même pas qu'un téléobjectif lui faciliterait la tâche. Rien ne la fait dévier de son projet, ni les terribles attaques de la malaria, ni les charges des rhinocéros, ni les lions affamés qui rôdent chaque nuit autour du campement. Les débuts sont rudes mais Vivienne de Watteville est du genre coriace. Elle aime "l'aspect brillant du danger" qu'elle affronte d'un pied de nez, assistée par des boys souvent perplexes, parfois rétifs aux projets saugrenus et périlleux de leur entêtée et insouciante memsahib, mais toujours protecteurs, tel Jim qui "aurait voulu peindre le mot "DANGER" en grosses lettres rouges sur chaque arbre". Comme elle le raconte d'une plume agile dans Un thé chez les éléphants, première partie du récit de son voyage au Kenya [1], la voici promue "médecin" des Masaïs, pansant les plaies et soignant les fièvres et les douleurs à grands coups de sel d'Epsom et de quinine, partant seule ou accompagnée pour ce qu'elle appelle des "promenades", pêchant dans une petite rivière qui lui rappelle les Cornouailles, détalant comme un lapin après s'être trop approchée des éléphants, peignant une aquarelle de la montagne qu'elle vient de gravir en une ascension plus qu'épique, rugissant de concert avec les lions, écrivant son journal, observant les plantes, les insectes, les oiseaux, prenant chaque soir son bain (il faut croire qu'elle avait emporté une baignoire !), sortant de sa tente à l'aube, en peignoir et pantoufles, se faisant servir son thé dans la vieille théière d'émail bleu rescapée de l'expédition lors de laquelle son père a péri, étudiant les étoiles dans un traité d'astronomie de Flammarion, écoutant sur son phonographe des trios de Schubert et de Haydn… La voici surtout apprenant "la beauté de cette solitude si éloignée du monde, si libre et si protectrice", comprenant ce qu'au fond d'elle-même elle est venue chercher dans la savane aride, à la frontière du Kenya et du Tanganyika, et qui se résume en un mot : l'harmonie. Et même si elle déplore de ne pouvoir "décrire que d'une façon boiteuse ce bonheur qui vous transporte dans un royaume qui passe les mots", rendons hommage à cette attachante voyageuse de les avoir trouvés, ces mots relatant avec profondeur et humour un voyage peut-être lointain mais surtout intérieur. 18 juin 2002 - Marianne Spozio

 

Petite remarque perso : Le côté très british de ce livre m'a vraiment enchantée. L'impression de l'avoir choisi dans la bibliothèque d'une jeune fille des années 20/30, à l'âme rêveuse d'aventurière... Un réel plaisir. Cette jeune exploratrice anglaise de bonne famille, transportant avec elle sa porcelaine et ses livres préférées nous fait d'abord un peu sourire, mais au fil des pages, sa ténacité et sa force de caractère nous la rende sympathique, et l'on finit par l'admirer.

 

Extrait :


Mais maintenant que je me retrouvais dans la solitude, la vaste vision revenait comme un impeccable miroir d'eau qui reflétait le ciel. De nouveau tout me semblait simplifié, et c'est indubitablement ces moments de solitude qui nous redonnent un sentiment de sérénité et de force. Là, je le croyais fermement, résidait le moyen d'atteindre un équilibre intérieur et une unité ; et une fois que j'y serais sûrement parvenue, je pourrais ensuite rester à jamais à l'écart, dans un calme constant et une sorte d'immense affection, m'efforcer de m'harmoniser avec une force non pas imaginaire, mais réelle. Dans la solitude, il était possible d'avoir du recul et de voir clairement quel but poursuivre. C'est là une pensée splendide ; mais il me restait à apprendre que quelque chose d'aussi délicat que l'équilibre ne peut se trouver avec assurance et qu'à la vérité toute la vie se passe à le chercher. Et il est donné à peu de gens de le trouver et de se connaître assez véritablement pour atteindre hors d'eux-mêmes à une éternelle liberté. (Page 76)

La vie elle-même, pensais-je, n'est attrayante que quand on la vit dangereusement, en acceptant le combat avec une confiance satisfaite, en risquant tout, en s'y donnant de tout cœur. Rien ne vous appartient en toute sécurité, ni la vie, ni l'amour, ni l'argent, ni les biens, à moins que vous ne soyez prêt à les abandonner à tout moment. Car aussitôt que vous voulez mettre quelque chose à l'abri de tout risque, vous l'avez déjà perdu, et la liberté d'esprit en outre. Il peut bien vous en rester l'enveloppe, mais la vérité vivante est morte. (Page 109)

C'est une question psychologiquement intéressante, de savoir si la cause de la peur est un état d'esprit à un moment donné, ou une intuition.. J'avais été souvent beaucoup plus près d'un éléphant et alors qu'il se dirigeait sur moi de façon beaucoup plus déterminée, et pourtant je n'avais pas éprouvé à moitié autant de peur que j'en ressentis alors. En matière d'alpinisme par exemple, où existe aussi une même frontière vague entre l'intrépidité et l'absurde témérité, il y a des jours où l'on se sent en sûreté dans les circonstances les plus hasardeuses, et d'autres où une simple pente de neige ou un passage en sailli peut vous remplir d'appréhension. (Page 147)

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