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Auteur Haruki
Murakami
Présentation de l'éditeur : K. est amoureux de Sumire, mais celle-ci n'a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l'orbite de la solitude. Jusqu'au jour où Sumire disparaît... Les Amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l'extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l'amour. " Ceux qui n'ont jamais lu cet auteur-culte au Japon découvriront une langue limpide, fluide, presque éthérée, une manière diaphane de raconter une histoire en semblant effleurer les choses et les êtres. Jusqu'à ce qu'un incident, un souffle, brouille la surface et nous entraîne vers les profondeurs indéterminées de l'onirisme. " Pierre Sorgue, Télérama
Extrait : Je pensai
à Tokyo. A mon appartement, à l’école où
j’enseignais ; au sac d’ordures dont je ne savais pas quoi
faire, et que j’avais jeté subrepticement dans une poubelle
en arrivant à la gare. Je n’avais quitté le Japon
que depuis deux jours, et je me sentais totalement dans un autre monde.
Pourtant le nouveau trimestre commençait dans une semaine. Je m’imaginai
face aux trente-cinq élèves de ma classe. Vue de loin, l’image
de moi-même exerçant le métier d’enseignant
paraissait étrange, absurde. Même s’il s’agissait
d’enfants de dix ans. Je réexaminai mon hypothèse. Supposons que Sumire ait trouvé une issue. Je ne savais de quel genre, ni par quel biais… Laissons cette question de côté pour l’instant, me dis-je. Admettons juste que c’est une espèce de porte. Je fermai les yeux, essayai de la visualiser concrètement : tout à fait quelconque, dans un mur très banal. Sumire avait découvert cette porte quelque part, actionné la poignée, et était sortie –passant de ce côté-ci à l’autre. Vêtue seulement d’un pyjama de soie et de sandales de plage. QU’y avait-il derrière cette porte ? C’était au-delà de mon imagination. Toujours est-il qu’elle s’était refermée, et que Sumire était restée de l’autre côté. (Pages 215-216)
Un roman sensible où se compliquent désir sans amour et amour sans désir. À mi-chemin entre les deux cultures, orientale et occidentale. SDM amazon.fr « Haruki Murakami se
dépouille, choisit un sujet centré, avec peu de personnages
(...), une situation forte (...), un voyage (...), une construction romanesque
imparable. Il nous avait habitués à son style, à
son ton, à son art de la narration. La maturité lui a apporté
le naturel. » « Une fable du troisième
millénaire : des êtres séparés, un amour impossible,
le néant spirituel, un vide implacable. Envoûtant. (...)
Les Amants du Spoutnik ont la force et le charme d'un magnifique conte
japonais, qui dit avec une incroyable simplicité toutes les complexités
de notre société contemporaine, technologique, désertée
par les dieux et cernée par le néant. » « Facile d'accès
et pourtant insaisissable, l'œuvre de Murakami, attachante et subtile,
ne cesse de fasciner. » « Ce roman, magnifiquement
construit, emprunte à la tragédie grecque (...) l'évidence
d'une issue malheureuse. L'histoire désenchantée des Amants
du Spoutnik distille une mélancolie qui serre le cœur. » Petite remarque perso : Insaisissable ? Le lecteur avance dans le roman puis, mystérieusement, passe de l'autre côté du miroir. Alors le livre prend toute sa puissance, toute sa douceur, tout son tragique ? Les mots semblent à peine effleurer la réalité et paradoxalement, ils y creusent leur lit profondément... Et l'émotion survient, comme la colombe sortant du foulard du magicien. Evidente et mystérieuse. L'être humain se trouve là, au centre des sentiments qui l'animent. Rien ne semble s'accorder comme "il faudrait". mais le narrateur, jeune instituteur amoureux, suit le fil parfois fantasque des histoires de Sumire... Par amour... Les mots sont semés sur un chemin tout en méandres qui va du coeur... au coeur. Un chemin qui serpente entre réalité et rêve. Chacun tournant autour de l'autre sans pouvoir véritablement établir le contact qu'il souhaiterait, l'autre restant toujours... l'inaccessible étoile. Toujours ? Et quand la rencontre est possible, elle s'imprime en absence, en manque. J'ai
écrit "Double
je" après avoir lu Les Amants du Spoutnik. Vous pouvez
lire le poème dans Mots
d'Elle |