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Auteur Michel
Onfray
Présentation de l'antimanuel par l'auteur, sur son site : On peut philosopher en charentaises, tranquille, sans mettre en jeu le monde comme il va ; on peut aussi user de la philosophie comme de la dynamite – en nietzschéen. C’est ce que propose Michel Onfray dans cet Antimanuel qui interroge philosophiquement le monde réel à partir de questions très contemporaines : l’esclavage généré par les sociétés libérales, les nouvelles limites de la liberté dessinées par le Net, la possible production génétique de monstres, la haine généralisée pour l’art contemporain, la passion du mensonge chez les politiciens, etc. Les lieux communs de l’époque, les tabous issus des religions monothéistes, les réflexes politiques conservateurs, les hypocrisies mondaines, les valeurs utiles aux mensonges sociaux s’en trouvent mis à mal avec humour et ironie – valeurs défendues par les philosophes cyniques de l’antiquité grecque. On retrouvera dans ces pages des masturbateurs, des babouins, des fumeurs de haschisch, des cannibales, des sportifs, des policiers, des surveillants généraux, d’anciens nazis, des présidents de la république et toute une faune baroque attablée autour d’un banquet philosophique que n’aurait pas renié Socrate. Ce livre transfigure les contraintes du programme scolaire des élèves de terminale de Michel Onfray en une série de leçons socratiques et alternatives dans lesquelles la jubilation n’empêche pas la pensée – puisqu’au contraire elle la rend possible. LA DEDICACE
DE L'AUTEUR sur Radio France :
La conclusion de Michel Onfray ? Encore un mot, et vous pourrez partir en vacances... Philosopher en classe terminale, c'est cartographier l'univers d'une multiplicité d'idées ; c'est donc établir des cartes pour ne rien ignorer des cours d'eaux et des marécages, des montagnes et des plaines, des voies de circulation et des impasses, des zones dangereuses et des territoires sûrs ; c'est également dessiner une rose des vents qui permette à chacun de disposer d'un repère avec des points cardinaux ; c'est enfin fabriquer une boussole à l'aide de laquelle le déplacement devient envisageable. Mais ce déplacement ne peut être réalisé par un autre pour vous : on ne philosophe pas par procuration, pas plus qu'on n'effectue un voyage pour le compte de quelqu'un d'autre. Le cours de l'année vaut comme préparation d'un voyage que vous pouvez entamer, ou non. Nul besoin de partir à l'instant. Vous pouvez passer une grande part de votre vie, sinon toute votre existence, à éviter la philosophie, car on peut vivre sans. Comme on peut vivre sans amitié, sans amour, sans art, sans musique. C'est possible, mais sinistre. Et puis un jour ou l'autre, devant un événement important de votre existence -une maldie, la mort, une séparation, un licenciement, un anniversaire, une déception, le vieillissement, etc-, vous découvrirez peut-être que la philosophie naguère abordée par vous revient comme un besoin, une nécessité, un recours. Alors, ces neuf mois passés à l'envisager en classe terminale pourraient vous avoir aguerri, secrètement, discrètement, mais sûrement, et vous pourriez accoucher d'une sagesse pratique. Si tel était le cas, même en l'ignorant, ce jour-là compterait pour moi parmi les plus importants...(Page 308)
En philosophie, il y a ceux qui cherchent et ceux qui trouvent. Michel Onfray fait partie de ces philosophes pour qui une petite découverte existentiellement utile vaut mieux qu'une grande recherche théorique inapplicable dans la vie quotidienne. François Busnel
Rencontre entre Roger-Pol Droit et Michel Onfray - Le Nouvel Observateur N° 1914 - 12/7/2001 : Un court extrait : R.-P. Droit. Il est bon que la philosophie commence par déranger, sans quoi elle ne commence pas du tout. En invitant ses élèves à se demander par exemple s'il ne faudrait pas, comme Diogène, se masturber dans la cour du lycée, ou s'il faut brûler leur professeur, Michel Onfray retrouve ce sens de la provocation philosophique. J'ai donc de la sympathie pour cette démarche. Cependant je me demande si au-delà du déclic occasionné, ce manuel ne manque pas, en fin de compte, de nourriture conceptuelle. Si la provocation une fois lancée n'est pas reprise, élaborée, prolongée par des textes denses, coriaces même, on risque de ne plus avoir d'effet d'enseignement. M. Onfray. Mais il s'agit d'un cours pour classe terminale technologique ! En deux heures par semaine, peut-on aller au-delà ? Je ne cherche pas à séduire les agrégés de philosophie, je parle à des élèves réels, dans une langue qu'ils peuvent entendre. Si maintenant des gens qui ne savent pas comment aborder le continent philosophique ou qui en ont été exclus prennent ce livre pour s'y initier, je ne peux que m'en réjouir ! Cela dit, sous l'apparente désinvolture des questions, les grandes problématiques sont toutes abordées, du naturalisme cynique jusqu'au déterminisme spinoziste en passant par le moralisme kantien. Mais je ne peux tout de même pas commencer un cours sur le déterminisme par la lettre de Spinoza à Schuller ! Si je parle de la liberté en général, je ne les intéresse pas. Si en revanche je pars du procès d'un prêtre pédophile dans leur ville, à Caen, et que je leur emande : est-ce que ce prêtre a choisi sa sexualité ? est-ce qu'on naît pédophile ou est-ce qu'on le devient ? etc. Alors là, la lettre de Spinoza peut trouver un sens.
Petite remarque perso : Une fois n'est pas coutume, je ne présente pas un roman mais un "manuel"... Antimanuel annonce d'emblée l'auteur. Parce qu'il a choisi "ses philosophes", ceux qui en général ne sont pas étudiés, ou s'ils le sont, ne le sont pas pour les textes retranscrits ici. Michel Onfray aborde la philosophie de manière abrupte : quelques titres de "paragraphes" pour se mettre directement dans l'ambiance ? "Faut-il commencer l'année en brûlant votre porfesseur de philosophie ?" ou "Pourquoi ne pas vous masturber dans la cour du lycée" ou encore, "Pourriez-vous vous passer de votre téléphone portable" en passant par "Quelle part de votre raison disparaît dans une soirée bien arrosée ?" Derrière le côté "accrocheur" voire "provocateur", c'est une approche "moderne" de cette matière (la philo) que l'on découvre. Un professeur passionné qui sort des (trop) habituels cours soporifiques dont chaque lycéen garde plus ou moins le souvenir pour aborder cette matière d'une manière différente et somme toute efficace. En gros, comme le dit Aude Lancelin dans son article du Nouvel Obs "Comment enseigner Platon à un boutonneux en Nike gavé de "Loft Story" ? Certains ont parlé de caricature, d'autres de démagogie, pour ma part, je prends l'ouvrage pour ce qu'il est, un cours dispensé à une terminale dite "technologique", à raison de 2 heures par semaine, un cours indéniablement agréable à suivre ! Pas seulement à l'usage des futurs bacheliers d'ailleurs, mais de tous ceux qui ont envie de jeter sur la philo un autre regard. Un choix de textes illustre chaque section, proposant à chacun s'il le souhaite d'approfondir le sujet et de porter plus loin la démarche. Une manière agréable de se remettre un peu à la philo, avec le sourire et "sans se prendre la tête" !
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