Le weblogue d'Un Monde A Lire

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Camille Claudel à rodin / Poésie

Camille Claudel dans une lettre Rodin écrit :
"Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente"

"Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente"
Un espace vacant
Un jardin oublié
Un inconnu
Entraperçu
Sur un quai

Il y a toujours quelque chose d’absent
Dans le sourire
Dans les larmes
Dans le lac vert
De l’iris étoilé

Il y a toujours quelque chose
Penché au bord
Du vide et de l’oubli
Du temps qui s’enfuit
Comme un train dans la nuit

Il y a toujours
Un toujours
Qui ressemble à jamais
Un presque
Un encore
Une réponse inachevée
Une question en suspens
Un firmament

Il y a
Sur le toit
Un chat
Qui regarde la lune

Régine Foucault©-18 mai 2008

| dimanche 18 mai 2008 (21:14) | Régine | aucun commentaire | aucun trackback|

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Déraisonnances / Poésie

Au  long dévidoir de lumière
Se tisse la nuit étoilée
L’écheveau d’écume de mer
File  sur les vagues lactées

Sur l’horizon des infinis
Voyagent au pas d’indolence
Les  hôtes de nos rêveries
Et leur ombre parfois balance

La sphère s’agrandit encore
Quand la nuit lentement étend
Son étoffe autour de nos corps
Aux lisières du firmament

A nos pupilles dilatées
Sous l’épais tapis de silence
Les images déraisonnées
Trouvent d’étranges résonnances

Nul équilibre sur ce fil
De soi tendu entre les mondes
Et si notre souffle est fragile
Notre joie toujours est profonde

Régine Foucault © 16/10/2007

Un poème bientôt mis en ligne dans mes Mots d'Elle

| mardi 23 octobre 2007 (21:31) | Régine | aucun commentaire | aucun trackback|

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Sous scellés d'hiver / Poésie

 
Tout est pris ce matin dans une gangue opaque
Le miroir est gelé aux berges du grand lac
Le silence retient son souffle emprisonné
Alentour ce matin  l’hiver s’est installé
 
Du paysage rien ne ressemble à hier
La colline se brise en cristaux de lumière
Inquiétants et noircis les arbres de la plaine
Au spectre de la brume  prennent allure humaine
 
Extrait de "Sous scellés d'hiver" 
Régine Foucault© Mots d'Elle
Tous mes poèmes sont protégés par copyright
 

| jeudi 1 février 2007 (10:23) | Régine | 2 commentaires | aucun trackback|

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Ors du couchant / Poésie

 

 

Le soleil au couchant s’enflamme d’horizon

Et d’ors incandescents enlacés de lumière

Rehaussant  l’Occident d’étranges frondaisons...

 

Extrait d'un de mes poèmes d'après une phrase d'Erik Orsenna : Il était une fois

 

Photo perso

 

| dimanche 29 octobre 2006 (19:22) | Régine | un commentaire | aucun trackback|

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Nouvelle page / Poésie

Je viens de mettre en ligne sur mon site Inspirations une toute nouvelle page :
 
Elle rassemble quelques uns de mes poèmes écrits sur le thème des étoiles...
 
 

| vendredi 20 octobre 2006 (12:22) | Régine | aucun commentaire | aucun trackback|

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"Les poèmes sont heureux quand on les emmène en promenade." Francis Dannemark / Poésie

Je viens de lire Choses qu'on dit la nuit entre deux villes de Francis Dannemark et en visitant son site pour réaliser la page le concernant sur mon Monde A Lire, je découvre un auteur de romans certes, mais aussi un poète. Cela ne m'étonne guère d'ailleurs car le terme "poésie" m'est souvent venu à l'esprit en lisant ses choses... la nuit... entre deux villes.

Merci à Francis Dannemark pour son autorisation à publier ici ce poème.

 

 

Autrement dit, l’amour

 

                                                pour F.

 

Il y a,

il y a des jours de raisins doux, de pommes d’or,

de quoi faire taire notre vieille soif.

Et l’eau qui court, torrents, rivières,

court sous la peau, enrobe nos cœurs, calme nos doigts.

Rien ne manque, rien n’est mieux,

et quand la nuit vient, elle affiche pour nous deux

un jeu complet d’étoiles.

 

Il y a des jours de fruits amers,

quand les pépins écrasés

nous blessent un peu la langue,

nous font former des mots moins beaux.

 

Il y a des jours de courte paille

où trois fois l’on tire la plus courte.

Les enfants sont un peu trop loin

pour qu’on entende leurs rires

et le chien qui murmure des rêves moroses

semble ne plus nous reconnaître.

 

Il y a des jours où tu m’aimes,

des jours où tu m’aimes bien.

Ainsi nous avançons, nous souvenant

et oubliant, marée haute, marée plate,

que le bonheur est un mélange

 

et que jamais il ne ressemble

ni tout à fait à ce que nous croyons

ni à lui-même, ni à lui-même.

 

© Francis Dannemark

 

in La longue course (Poèmes 1975-2000), Le Castor Astral, 2000, et

33 voix, poèmes accompagnés de traductions en 33 langues, Cadex, 2002.

 

Ce poème a par ailleurs été repris dans plusieurs anthologies, parmi lesquelles Ici on parle flamand & français (Une fameuse collection de poèmes belges), Le Castor Astral, 2005.

| jeudi 21 septembre 2006 (08:31) | Régine | aucun commentaire | aucun trackback|

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La poésie en quelques mots ? / Poésie

Je viens de lire ce poème de Jean-Pierre Siméon et il m'a semblé contenir... un secret. Peut-être l'un des secrets de la poésie ? Celui des mots posés comme des émotions... esquissées, rêvées, mais si joliment exprimées !
 
 
Je me comprends …

"Quand je dis
les pommes blanches du plaisir
la table ronde du sommeil
et le regard brisé des fontaines

quand je parle
de la neige aux chiens bleus
ou de la nuit qui souffre
du vagabond qui va
une bougie d'ombres
dans la main

quand je nomme
verger la patience
raisin le goût des lèvres
et jardin ton visage

je me comprends"

Jean-Pierre Siméon, "Un homme sans manteau", Mailles d'encre de Martine Mellinette, Cheyne éditeur, coll. poèmes pour grandir, 2000

| vendredi 15 septembre 2006 (13:40) | Régine | aucun commentaire | aucun trackback|

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L'instituteur / Poésie

Dans le matin perclus de nuit

Le bruit de mes pas sur le sol

Sourires sous les parapluies

C’était le premier jour d’école

 

Un jour semblable à celui-ci

Ma tête était pleine de rêves

Le ciel se déversait en pluie

Sur la cour encombrée d’élèves

 

L’instituteur se tenait là

Des étoiles plein les prunelles

Costume gris et chapeau bas

Devant le tracé des marelles

 

Bien plus qu’un simple souvenir

J’ai gardé toutes ces années

Son énergie et son sourire

Et puis je crois… son amitié

 

Il n’est plus là pour nous aimer

Son regard brille au temps qui passe

Enfants nous sommes tous restés

Assis sur les bancs de sa classe

 

Chaque saison à la rentrée

Quand l’automne s’avance un peu

C’est vers lui que vont mes pensées

Et je sens la pluie dans mes yeux

 

Régine Foucault© - 14/09/2006

 


 

En ces temps de rentrée des classes, mes pensées s'en vont toujours vers mon instituteur... de cm2 : Gilbert Dalet.
Ce matin, quelques mots sont venus... dire mon émotion
Voilà, en toute simplicité, comme lui-même aimait être... simple.
Je viens d'ajouter ce poème sur la page que je lui consacre  dans mon site Un Monde A Lire :  
http://www.mondalire.com/dalet.htm

| jeudi 14 septembre 2006 (11:41) | Régine | 3 commentaires | aucun trackback|

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Une rose enclose... / Poésie

Dis-moi, rose, d'où vient
qu'en toi-même enclose,
ta lente essence impose
à cet espace en prose
tous ces transports aériens ?
 
Rainer Maria Rilke
(Extrait du poème Dis-moi rose, d'où vient - Recueil : Les roses)

| mercredi 13 septembre 2006 (14:35) | Régine | un commentaire | aucun trackback|

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Le temps de vivre / Poésie


   

Puisque j'ai évoqué Le temps de vivre dans un billet précédent, je prends plaisir à reproduire le poème ici. Il fait partie de ces poèmes que j'avais accrochés sur le mur de ma chambre d'adolescente. Vian va si bien à l'adolescence...


Le temps de vivre

Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l'odeur des arbres
Avec son corps comme une forge
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait a travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d'acier bleu crachaient
Des courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre

Boris Vian


 

| mercredi 1 mars 2006 (22:28) | Régine | 5 commentaires | aucun trackback|