Christian BOBIN
Une petite Robe de fête - L'inespérée - La folle allure
Liste des auteurs
 

BIOGRAPHIE :

“Il n'y a pas de plus sûre biographie que les éléments qui se trouvent ici ou là, transmués par l'écriture et chahutés par le vent dans le plein air des livres.”
Christian Bobin

Un jour, Christian Bobin écrivit un livre: petit, dense, très agréable à lire. Mais enfin: ce n'était qu'un livre, qui semblait n'avoir aucune importance particulière. Certaines personnes le lirent, en furent charmées, s'arrêtèrent un instant de s'agiter en tous sens (comme nous le faisons tous) et firent silence pour goûter aux mots.

Effet magique. Baguette de fée?

Quel livre était-ce? Je ne sais plus. Il en a écrit tellement. Ce que je sais, c'est que ces personnes devinrent une famille, une sorte de club d'amateurs, des amoureux de Bobin. Ce type inconnu dont il était très difficile d'avoir la photographie, qui vivait pauvre et heureux en province française, eut tout à coup la «cote d'écoute» faramineuse. Bobin devenait un secret public. Les amateurs de Bobin se reconnaissaient à leur sourire enchanté d'innocence, à un regard droit, net, franc, à un amour de la nature, des fleurs et des petits oiseaux. Un peu éthéré, tout cela? Eh bien non, pas vraiment. Les pieds sur terre, beaucoup plus qu'on ne le pouvait penser. Faites attention: si vous lisez, vous risquez de devenir, à votre tour, enchanté.
Sources : La Presse -
Jacques Folch-Ribas - collaboration spéciale -

 

Qui est vraiment Christian Bobin ? Les indications biographiques qu'il consent à glisser aux journalistes lors de (rares) entretiens nous apprennent qu'il est né au Creusot, en Bourgogne, de parents ouvriers. Et, qu'il y vit toujours. Qu'enfant, déjà solitaire, il préférait la compagnie des livres. Qu'après des études de philosophie, il a exercé divers métiers, dans des bibliothèques, des musées des librairies. Que ses premiers textes, publiés au début des années 1980, ne rencontrent qu'un maigre public. Que le succès est venu plus tard, porté par la grâce d'un livre consacré à Saint François d'Assises, 'Le Très-Bas', Prix des Deux Magots... C'est dans ses textes qu'il faut chercher 'La part manquante' de Christian Bobin. Dans ses textes où ce solitaire philanthropique parle le plus de lui-même, nous fait partager, dans un style épuré, ses plaisirs minuscules et jusqu'à ses plus grandes douleurs comme 'La plus que vive', hommage à son amie, morte à 44 ans d'une rupture d'anévrisme. Dans ses textes où ce sédentaire, voyageur de la page blanche nous montre le monde tel que l'on ne le voit plus... Sources : EVENE

Cet écrivain célèbre n’est pas une star: personne n’a jamais demandé à Christian Bobin pourquoi il portait la moustache et vivait au Creusot. Il reste étranger au milieu littéraire, où ses apologies des humbles lui ont fait une réputation de secret et de solitude presque sulfureuse. Il tutoie François d’Assise et fait lui-même un peu figure de franciscain aux pieds nus faisant jaillir sous sa plume des bonheurs inconnus au plus grand nombre. Il a célébré le peu, le moindre et le presque rien. Ses titres le résument mieux qu’une confession: il cherche «le Très-Bas», prône «l’Eloignement du monde», n’est inspiré que par «l’Enchantement simple», exalte la «Souveraineté du vide», compose l’«Eloge du rien» et n’a qu’une ambition: «Ressusciter». A chacun de ses livres se répète d’ailleurs, en sourdine, la supplique obsédante qu’il avait adressée au photographe Edouard Boubat: «Donne-moi quelque chose qui ne meure pas.» Dans ses premiers récits, il cherchait ces bribes d’impérissable grâce du côté de Ramuz, de Nietzsche ou de Kierkegaard, dans une chanson de Piaf ou de Barbara.
«Ma vie, avoue-t-il dans son nouveau livre, "Louise Amour", s’était passée dans les livres, loin du monde, et j’avais, sans le savoir, fait avec mes lectures ce que les oiseaux par instinct font avec les branches nues des arbres: ils les entaillent et les triturent jusqu’à en détacher une brindille bientôt nouée à d’autres pour composer leur nid.» Et puis de ce nid-là aussi Christian Bobin a fini par tomber: il n’est d’aucune école, n’a pas de disciples connus et se moque du qu’en-dira-t-on. Il est Bobin, point.

Jean-louis Ezine - Mars 2004

 

ENTRETIEN AVEC CHRISTIAN BOBIN

 

BIBLIOGRAPHIE :

Son nouveau livre : «Louise Amour» aux éditions Gallimard - 2004

Aux éditions Gallimard
- La Part manquante. - La femme à venir. - Une petite robe de fête. - Le très-bas. - L'inespérée. - La folle allure. - La plus que vive. - Autoportrait au radiateur. - Geai.

En collaboration avec Edouard Boubat
- Donne-moi quelque chose qui ne meurre pas.

Aux Editions Fata Morgana
- Souveraineté du vide - collection Folio - L'homme du désastre - Lettres d'or - Eloge du rien - Le colporteur - La vie passante - Un livre inutile

Aux Editions Lettres Vives
- L'enchantement simple. - Le huitième jour de la semaine. - L'autre visage. - L'éloignement du monde. - Mozart et la pluie.

Aux Editions Paroles d'Aube
- La merveille et l'obscur.

Aux Editions Le Temps qu'il fait
- Isabelle Bruges. - Quelques jours avec elles. - L'épuisement. - L'homme qui marche. - L'équilibriste.

Livres pour enfants
- Clémence grenouille. - Une conférence d'Hélène Cassicadou. - Gaël premier roi d'Abîmmmmmme et de Mornelonge. - Le jour où Franklin mangea le soleil.

Aux Editions Théodore Balmoral
- Coeur de neige.

Editions Le Fennec
- L'attention thématique n°2 : le grâce de la solitude.

© 1999 francis drapeau


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