Heinrich BÖLL
L'honneur perdu de Katharina Blum 
Liste des auteurs  

 

BIOGRAPHIE :

Écrivain allemand (Cologne, 1917 — Bornheim-Merten, 1985).

Écrivain catholique politiquement engagé «à gauche» il traduit dans ses premières œuvres (Le train était à l'heure, 1949, roman; Voyageur, si tu vas à Spa… 1950, nouvelles; Où étais-tu, Adam ?, 1951, roman) le malaise de ceux qui, contraints d'avoir fait la guerre (comme lui-même, mobilisé de 1939 à 1945), durent recommencer leur vie au sein d'un monde coupable et irresponsable: l'Allemagne post-hitlérienne, ruinée, divisée en deux États, secrètement agitée par le drame de ses milliers d'orphelins (les Enfants des morts, 1954, roman).

Membre du Groupe 47, Böll est rapidement devenu un des écrivains les plus représentatifs de la République fédérale d'Allemagne, à la fois par son affirmation de l'espérance en l'avenir et par ses critiques impitoyables de l'envers du miracle allemand, fondé sur le culte du profit et de la consommation, qui trop souvent masque une éventuelle perversion de la démocratie: la Mort de Lohengrin (1950), Journal d'Irlande (1957, récits), À neuf heures et demie, billard (1959, roman), la Grimace (1963), Portrait de groupe avec dame (1971, roman), etc. En 1972, l'année même où il obtient le prix Nobel de littérature, Böll écrit un article suggérant aux tribunaux une plus grande clémence à l'égard des membres de la «bande à Baader». Sa nouvelle l'Honneur perdu de Katharina Blum (1974), dont Volker Schlöndorff tira un film en 1975, renforce cette prise de position qui lui avait valu, avec quelques insultes, une réprobation quasi générale en République fédérale d'Allemagne. Il abordera à nouveau ce thème dans Femmes devant un paysage fluvial (1985). Sa conviction profonde de la responsabilité civique de l'écrivain lui a également fait prendre position sur les problèmes politiques posés notamment par les relations avec l'Union soviétique (c'est lui qui accueillit Soljenitsyne en 1974).

L'académie de Stockholm ne s'y est pas trompée. En décernant à l'auteur de L'honneur perdu de Katharina Blum le prix Nobel 1972, elle récompensait l'écrivain le moins myope de sa génération. Une génération marquée à tout jamais par l'horreur du nazisme, le pessimisme, l'obsession des rapports entre l'individu et l'Etat. Mais trop souvent enfermée dans ce que l'on appelle aujourd'hui la «littérature des ruines».
Catherine Argand - Lire, juillet 1995 / août 1995

BIBLIOGRAPHIE :

Chien blême , 2001,

Les enfants des morts, 2001,

Le silence de l’ange , 1995,

Femmes devant un paysage fluvial , 1987,

Le destin d’une tasse sans anse , 1985,

Portrait de groupe avec dame ", 1982,

Protection encombrante , 1981,

La grimace , 1980,

L’honneur perdu de Katharina Blum, 1975, , ,

Journal irlandais , 1969,

Fin de mission, 1968,

Le train était à l’heure , 1957,

La mort de Lohengrin , 1958,

Où étais-tu, Adam ? , 1956,

Rentrez chez vous, Bogner, 1954,

 

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