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Ni sage, ni philosophe, ni maître, ni rangé pas même casé, Bohringer c'est autre chose. Comme un aimant. Inclassable ? Homme de cinéma, de théâtre... ? "L'important, c'est d'être un homme, dans le sens humain." Bio express : Né le 16 janvier 1941 à Moulins, dans l'AllierCapricornePère de Romane Bohringer, née en 1973Plus de 70 films et 25 téléfilms à son actifDirecteur de collection littéraireÀ écrit deux livres : "C'est beau une ville la nuit" et "Le bord intime des rivières"Animateur pendant plusieurs années de "C'est beau une ville la nuit", une émission sur Europe 2. Narrateur du "Petit Prince" pour la télévisionChanteur et musicien sur deux albums avec Paul Personne et Jean-Jacques Milteau Récompenses : - César du meilleur second rôle pour "L'addition" de Denis Amar, en 1984- César du meilleur acteur pour "Le grand chemin" de Jean-Loup Hubert, en 1988 - 7 d'or pour le téléfilm "Un homme en colère", en 1997. L'homme entrouvre son grand pardessus couleur de nuit. À l'intérieur, un coffre, où prend source une voix caverneuse, reconnaissable entre mille, inimitable, inoubliable. Un visage bourru et balafré par une chienne de vie, le regard perçant, un charme étrange, dans la main un paquet de cartes à jouer, plusieurs personnages en un seul Bohringer. Le comédien tout d'abord, le grand acteur français révélé par Beinex, l'animateur de radio ensuite, qui a fait les belles nuits d'Europe 2, le chanteur occasionnel au ton de voix rocailleux et envoûtant, le bluesman fanatique, et enfin, l'écrivain, l'auteur à succès du "Bord Intime des rivières" et de l'inoubliable "C'est beau une ville la nuit". La petite commune de Moulins, dans l'Allier, fut le théâtre de l'enfance du jeune Richard, qui y a vit le jour en 1941 sous l'ombre menaçante des années noires de l'occupation. Fils d'une jeune femme française et d'un officier allemand, Richard grandit chez sa grand-mère. Il acquiert très tôt un goût prononcé pour le jazz, qu'il découvre à Paris en fréquentant les bars et les caves de Saint-Germain-des-Prés et en s'abreuvant sans retenue des disques de ses idoles, John Coltrane ou Charlie Parker. Ses débuts difficiles, il les doit à une jeunesse tumultueuse par laquelle son désir de devenir artiste et écrivain l'entraîna à fréquenter des gens peu recommandables. Il va s'adonner aux plaisirs des drogues, douces et dures. Puis, l'occasion lui est donnée d'écrire certaines pièces de théâtre, et c'est ainsi qu'il rédige "Zorglub" en 1966, "Les Girafes" en 1967 et quelques petits scénarios pour des films qui ne se feront jamais. Par hasard, il décroche un rôle "alimentaire" (puisque sa passion demeure l'écriture) dans "L'Italien aux roses", un film de Charles Matton en 1972. Sans le savoir, il va entrer de plein fouet dans une carrière cinématographique prolifique qui l'imposera bientôt comme l'un des piliers du cinéma français. Alain Cavalier fait appel à lui pour un petit rôle dans "Martin et Léa" en 1978, dans lequel Claude Zidi le remarque et le fait tourner dans "l'Animal" en 1977 et dans "Inspecteur la Bavure" en 1980. La même année, Bohringer joue sous la direction de François Truffaut, qu'il admire, dans "Le dernier métro" aux côtés de Gérard Depardieu et Catherine Deneuve. Le public le découvre. Il impose petit à petit une profondeur très personnelle à ses personnages, souvent des "méchants" dans ses débuts, avec une force de caractère puissante et fragile à la fois. Laissant ses travaux d'écriture derrière lui, il se consacre pleinement au septième art comme un ogre au travail, enchaînant tournage sur tournage, éternel second rôle, mais avec une présence qui lui vaut toutes les attentions. Sa silhouette se dessine avec toujours plus d'assurance dans "La boum", en 1980 également, dans "Les uns et les autres", "Le grand pardon" en 1981, et, la même année, la perle de Beinex : "Diva". Bohringer explose. Dès cette date Richard Bohringer va tourner comme un aliéné (trente films en huit ans), en compagnie des plus grands acteurs du moment et sous la joute de réalisateurs comme Sautet, Besson, Amar, Deville, etc. Ses prestations lui valent le César du meilleur second rôle en 1984 pour "L'addition" de Denis Amar, et la consécration en 1988 dans le film touchant de Jean-Loup Hubert, "Le grand chemin", pour lequel on lui remet le César du meilleur acteur. Ce personnage qu'il interprète, à la fois renfermé, grossier, gueulard et tendre, compose avec une grâce gauche mais émouvante la tonalité de jeu de l'acteur, le caractère même de l'homme sous les traits du comédien. On le retrouve dans "Après la guerre" et "La reine blanche", les deux films suivants de Jean-Loup Hubert, avant que Bohringer ne se consacre tout entier, et au rythme moyen de cinq films par an, dans le registre de la comédie dramatique. Il accompagne Gérard Jugnot dans "Une époque formidable" en 1991, Lhermitte et Noiret dans "Tango" en 1992 ou encore Hippolyte Girardot dans "Confession d'un barjo". Depuis, l'acteur tourne toujours au même rythme, s'enlisant malheureusement dans de grands rôles au coeur de petits films ("Le montreur de boxe"), ou de petits rôles au sein de grands films ("les caprices du fleuve", "Rembrandt", etc). Malgré une filmographie record de plus de 70 films, Bohringer n'est pas homme à poser ses limites aux abords intérieurs du cinéma français. Peu d'entre nous se souviennent qu'il fut le narrateur exceptionnel du "Petit Prince" au petit écran, sans doute le meilleur que la minuscule planète de ce petit bonhomme ait portée. La télévision n'est pas en reste donc, puisque l'acteur est la star d'une vingtaine de téléfilms. "Un homme en colère", une série dont il a tourné quelques titres, lui a déjà valu un 7 d'or. La plume n'a pas manqué de le chatouiller durant sa carrière d'acteur effrénée, et Bohringer s'en est retourné par deux fois à son premier amour : l'écriture. Ainsi naquit le magnifique "C'est beau une ville la nuit", dans lequel Bohringer érige avec poésie une flambée de lumière dans les veines sombres des bas quartiers de Paris, laquelle émane du coeur des prostituées, des mains tremblantes des paumés décrépis, du fond des bouteilles qui se vident, au creux de nulle part, ou commence la vie et naît le chaos. Rares sont les écrivains qui ont su décrire avec une telle authenticité doublée d'une affection sincère le monde de la nuit. Suivra "Le bord intime des rivières", son second et dernier ouvrage aux éditions Denoël, dont il est le directeur de collection. "C'est beau une ville la nuit" deviendra par la suite le titre de l'émission de radio phare que Richard Bohringer a animée avec passion sur l'antenne d'Europe 2. En marge de tout ceci, et pour en finir avec les facettes éclectiques du personnage, rappelons que l'acteur-écrivain-animateur a enregistré deux albums musicaux à ranger dans la catégorie Blues en compagnie de Jean-Jacques Milteau et Paul Personne. Ce 8 août, c'est l'acteur qui ressort à la lumière du projecteur dans "Mauvais genres", de Francis Girod. Il y incarne un flic sur le retour, enquêtant sur les meurtres de travestis dans les dédales des rues "chaudes" de Bruxelles, avec pour partenaire Robinson Stévenin. "Mauvais genre", par son univers si proche de celui de Richard Bohringer, pourrait sonner le retour en première ligne de l'acteur, qui devrait y trouver un nouveau souffle, avant la sortie de "Ma folle de soeur" et de "La soutane turquoise", ses deux prochains longs-métrages. Romain - août 2001 http://www.ecrannoir.fr
C'est beau une ville la nuit Le bord intime des rivières 2001 - Mauvais
genres, de Francis Girod avec Robinson Stévenin
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