Un Monde A Lire
GEORGES BRASSENS
 
Par René FALLET
 

Georges Brassens par René Fallet

Réédité par Denoël (1ère ed. 1967)
Textes, photographies, anecdotes et témoignages
 
Liste des livres
Liste des auteurs
   

«On dit que René Fallet est impudique. Ce n'est pas tout à fait vrai. Il l'est surtout en paroles. Mais c'est pour jouer sur les mots.» Georges Brassens

Résumé :

Présentation de Sophie Paviot pour Amazon.fr :

En 1967, l'auteur de "La Grande Ceinture" et de "Comment fais-tu l'amour Cerise ?", consacre un livre à son grand ami Georges Brassens. Un hommage affectueux, intime et drôle, composé de textes, d'anecdotes, de témoignages, de photographies et d'extraits inédits de son journal.

"Dans cet ouvrage édité pour la première fois en 1967, René Fallet livre peu de choses sur la vie de Georges Brassens. Il s'agit davantage de l'histoire de son affection pour son copain "Geo" qu'une biographie indiscrète – qu'il se défend bien d'écrire, d'ailleurs.

En 1953, Fallet écrit un article sur Brassens. Sans doute l'intéressé a-t-il aimé l'image utilisée pour le qualifier : "un bon gros camion de routiers lancé à tout berzingue sur les chemins de la liberté", puisqu'il accepte la proposition d'amitié que lui envoie l'écrivain. Au fil des textes de programmes, articles, présentations de chansons de Brassens pour lesquels Fallet a prêté sa plume et son esprit, se lit l'admiration de l'auteur pour le gorille à la moustache souriante.

L'édition 2001 est enrichie d'extraits du journal de Fallet : morceaux choisis d'une amitié, bons mots de Brassens, hymne au poète et à sa liberté. Et lorsqu'on regarde Brassens sur les photos, clichés personnels de Fallet, on pense à la phrase de Gérard Lenne évoquant les amis du chanteur dans son Georges Brassens, le vieil Indien, "on les envie ces privilégiés, y compris ce teigneux de Fallet qui tenait tant à être le favori, le copain numéro un."

 

Brassens par Gabriel Garcia Marquez :

...C’était un ours tendre, avec les yeux les plus tristes que j’aie jamais vus, et un instinct poétique que rien n’arrêtait. « La seule chose que je n’aime pas, ce sont ses gros mots », disait sa mère. Il était capable de tout dire, et beaucoup plus qu’il n’était permis, mais il le disait avec une force lyrique qui entraînait tout jusqu’au-delà du bien et du mal. Pendant cette soirée inoubliable à l’Olympia, il a chanté comme jamais, torturé par sa peur congénitale du spectacle public, et il était impossible de savoir si nous pleurions à cause de la beauté de ses chansons, ou de la pitié que suscitait en nous la solitude de cet homme fait pour un autre monde et un autre temps. C’était comme écouter François Villon en personne, ou un Rabelais perdu et féroce... Lire la suite

 

Extrait :

"Georges, tu ne m'as pas enterré.

Moi non plus.

Il ne nous manquera, ne nous aura manqué que cela. Pas grave.

Nouvelles de la mort. Notre chat Bonnot disparaît après huit ans de tendre et précieuse compagnie.

Quant à moi je traîne toujours entre deux eaux avec parfois l'impression - désagréable - de m'éteindre doucettement. Georges est peut-être mort très très vieux à soixante ans. Y parviendrons-nous... ? La question sera posée. Ce serait le moment ou jamais d'écrire Demain il fera nuit. Je suis cuit à point. Je ressemble aux grands-pères que je n'ai pas connus.

Ce ne serait pas un livre " d'humour et de verve ". Il serait dédié à Georges à peu près de la sorte : " A Georges au fond du jardin.

Attends-moi cinq minutes.

Pense à l'eau fraîche pour le pastis. René.

" Mais je n'ai plus - n'aurai plus ? - le cœur ou le courage de me rasseoir face à un cahier.

C'est dérisoire auprès de tout ce noir que j'ai approché... Avec Georges nous parlions en riant de la mort.

Ne serait-ce que pour ce détail il m'est irremplaçable.

Depuis qu'il est mort, la mort ne fait plus rire personne. Un rien de dérision sauve l'honneur de l'homme.

Le Diable est ce type qui a refusé de vendre son âme à Dieu." René Fallet (extrait du Journal inédit)

 

Critique/Presse :

Petite remarque perso : Un réel délice que de lire Fallet évoquant Brassens. Tant de pudeur, de retenue, de simplicité. Une histoire d'amitié comme on voudrait tous en connaître, en vivre... Deux hommes hors du commun et toujours l'impression d'enfance au fond de leurs cœurs. A lire absolument pour reprendre confiance en la vie en se disant mais oui, cela existe, ils sont là pour nous le prouver. Ils ne sont plus là ? Si, jamais ils ne nous quitteront. Ils sont cette "famille" mystérieuse qui nous reste attachée si fort au-delà du temps et des réalités. Notre famille de cœur... Et les photos sont géniales. Brassens, l'homme, et pas seulement le mythe. Et le sourire n'est jamais loin de l'émotion qui picote au bord des paupières... et vice versa !!

 

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