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Une jolie "mise en lumière" de mon Monde A Lire sur le site Libfly, portail communautaire qui référencie l'intégralité de mes commentaires de lecture : "La bibliothèque d'un Monde A Lire est une main tendue qui nous invite à parcourir à pas feutrés l'univers préservé de son hôte, à s'imprégner de l'atmosphère intimiste des commentaires avertis. On y ressent à la fois une confiance totale mais aussi un respect naturel qui naît du partage d’une profonde passion pour le livre, l'écrit, l'encre ..." Merci à Olivier Walbeck de Libfly


"Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres.
Marguerite Yourcenar - Mémoires d'Hadrien
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pretendants

La trilogie

Les prétendants est un ouvrage composé de trois courts romans. Très différents, ils se rejoignent pourtant au cœur de la nuit romaine.

La vie, la mort, le temps, la nuit et Rome… L’auteur entraîne son lecteur dans un univers étrange, où tout semble d’abord ordinaire mais où soudain l’imagination fait une embardée au-delà du vraisemblable et conduit loin, profond, aux lisières de la marginalité, à ce point de rupture où la peur afflue. Miroir déformant du fil de l’eau, les corps se tordent, les mains s’agrippent,  les regards se perdent.

 

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"La solitude est une patrie peuplée du souvenir des autres" (p. 51)

Le récit

J’ai passé quelques soirées dans une cabane au bord du lac Baïkal. Il est ainsi des récits qui nous arrivent au bon moment. Ils nous deviennent si proches qu’ils semblent faire partie de nous, ou nous d’eux… Symbiose étrange d’une lecture.

La géographie philosophique de la quête. Le recours aux forêts. Dans son ermitage au bord du lac, de grands auteurs, philosophes accompagnent Sylvain Tesson. Longues marches pour se fondre dans les paysages, longues lectures pour ancrer le temps et l’espace au cœur du vivant. Et puis le thé et la vodka, compagnons du quotidien.

 

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Le roman récit

Quel rapport entretient-on avec le sauvage ? Qu’est ce que la domestication ? L'enfant naît-il sauvage ?

De l’enfermement à la liberté, de l’enfance obéissante à la naissance tardive de la femme adulte,  un long chemin est à parcourir : un vous unique.

En miroir, l’auteure a glissé des paroles d’hommes qui côtoient professionnellement les animaux (sauvages ou domestiques). Ils les capturent, les soignent, les nourrissent, les expérimentent ou les tuent. Paroles chiffrées, juridiques, scientifiques, distanciées. Elle a mêlé ces paragraphes au fil de la narration. Des je multiples.

 

lenaLe roman

L’attente ici se mêle à l’espace, dans le silence et la blancheur grisée d’un paysage sibérien.  Elle est constitutive et profonde. Léna est attente. Elle se tient à la lisière et pourrait  disparaître, se fondre dans l’épaisseur d’une brume envahissante.

Pour Vassia, le monde est trop petit. Il a besoin de prendre l’air, au sens propre, il est pilote.

Quand Vassia s’en va, Léna écrit l’absence à Mitia et Varia. Ils l'ont élevée et tentent de la réchauffer, de la garder vivante comme si elle rentrait d’une longue marche dans l’hiver. Mais Léna est immobile, elle attend…

 

bois_sawgametLe roman

Dans les bois de Sawgamet volent encore quelques poussières d’or. Des souvenirs du temps de la fondation du village par le grand père, Jeannot.

Aujourd’hui, le narrateur revient au village et s’assoit auprès de sa mère, mourante. Il devra prononcer son éloge funèbre. Dans la nuit qui entre dans son bureau, il se souvient…

Des chercheurs d’or sont arrivés, égarés dans leur rêve de richesse. Puis autour d’eux, des coureurs de bois, des bucherons, des hommes et des femmes qui ont construit plus solidement des vies plus modestes.

La mémoire lentement dévoile ses sentes odorantes, ses givres sur les carreaux, le vent dans les forêts sombres du Nord…Les drames aussi, du froid venu trop tôt, de la glace fondue trop vite.

 

une_langue_venueLe roman

"Né à Tokyo, à l’âge de 18 ans, en français". C’est ainsi qu'a coutume de se présenter Akira Mizubayashi.

Il raconte dans Une langue venue d’ailleurs la manière dont il nait à la langue française. Vers 1968, alors qu’il trouve sa propre langue pauvre et qu’il souffre d’un véritable mal être linguistique, il découvre dans un éblouissement  les écrits d'Arimasa Mori, philosophe et essaysiste japonais qui quitta le Japon pour vivre à Paris.

Commence alors pour Akira Mizubayashi un long parcours d’amour et de difficultés. Car dès qu’il commence à s’approprier la langue française, à s’en imprégner, à l’aimer il perd son japonais et devient étranger dans les deux langues. Une étrangéité qui ne le quitte plus.

 

aupres_de_moiLe roman

Un roman dans lequel le lecteur entre sans imaginer un seul instant où il sera conduit. Une histoire d’école dans l'Angleterre des années quatre-vingt dix, des pensionnaires élevés dans l’idée qu’ils sont des êtres un peu particuliers sans qu'il soit précisé de quelle particularité il s'agit. Ils ressemblent à tous les enfants, à tous les adolescents, agités par les affaires et les passions de leur âge. Le rythme est lent d'abord, comme l'enfance, en attente...

Au fil des pages néanmoins, quelque chose de lourd se dessine, un mot est lâché, puis un autre un peu plus loin et le puzzle se complète, vertigineux.

Un roman d’anticipation qui colle pourtant aux thèmes essentiels de la vie d’un être humain, mais où commence l’humanité et jusqu’où peut elle aller ? Quelle conscience ? Quel amour  et quelle solitude ? Quelle fragilité ?

 

insurrections_singulieresLe roman

Et s’il fallait  cesser de parler à tort et à travers pour enfin accéder aux mots et les laisser se déployer à l'intérieur ?  Aller au plus profond,  en ces lieux où la peur et la solitude sont le terreau. Le mot qui surviendrait alors, unique, serait peut-être fraternité ?

Ce roman dit les angoisses, la difficulté à trouver sa juste place dans la société, dans le travail, dans la vie amoureuse, dans la vie tout court.  L’envie de s’enfuir venue dès l’enfance. Les parents autour formant un foyer trop étriqué pour tous les désirs d’envol et  puis l’usine qui dévore.

 

livre_breves_amoursLe roman

"Sa floraison continue me disais-je. Le temps a contourné la pommeraie, l’abandonnant dans un instant qui ne passe pas. Cette idée paraît aussi démente que la beauté des arbres fleuris qui ne porteront jamais de fruits. Et pourtant le croire donne un sens suprême  à nos vies, à nos rencontres,  à nos amours." (Page 178)

Le roman se présente à la manière d'un recueil de nouvelles : des histoires différentes, liées entre elles par un jeune homme qui vit en Union Soviétique et toujours une femme. Un roman mosaïque, presque un poème, avec sa musique, son rythme, sa lumière. La rime est remplacée par des chapitres qui se répondent ou se penchent en miroir.

 

couleurs_souvenirsLe roman

"L’historien sait bien que le passé n’est pas seulement ce qui a été, c’est aussi ce que la mémoire en a fait. Quant à l’imaginaire, il ne s’oppose nullement à la réalité : il n’en est ni le contraire ni l’adversaire, mais constitue lui aussi une réalité – une réalité différente, fertile, mélancolique, complice de tous nos souvenirs."

Un gilet jaune, une robe rouge, un goût prononcé pour le vert… les couleurs teintent nos souvenirs et empreintent nos émotions. La couleur était-elle véritablement telle que l’on s’en souvient ? Peu importe, le souvenir est là, éclatant. Et si la mémoire "flanche", l’imaginaire prend le relai et il devient impossible de repérer la "ligne de partage"…
 

parle_leurLe roman

Entre les pages du roman de Mathias Enard, Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants, vibrent ces « impressions » merveilleuses qui, à elles seules, constituent déjà un voyage.  Les couleurs du Bosphore, le tumulte des quartiers à tavernes où les vins capiteux apportent l’ivresse, le charme hypnotique des danseuses, la mélancolie et l’étrangeté des mélodies, l’ambiguité des sentiments et des sexes, l’indicible pudeur, le silence préservé autour de Michel Ange… l’amour indéfectible et pourtant inexprimé.

La poésie dira ce que les mots du quotidien ne sauront traduire.  Un dessin, une brusque rature.  Une attente aussi fortement tendue entre les êtres que l’espoir d’un pont entre les rives…

 
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