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Présentation de l'éditeur : Entre deux villes, entre deux vies, Wolf et Lena se rencontrent à l'occasion d'un mariage dont ils vont être les témoins. Voilà de quoi faire une ou plusieurs histoires d'amour, au gré d'une conversation au bord de la mer, en hiver, quand tout le monde est ailleurs. Il n'est pas interdit d'être heureux en attendant le bonheur : c'est ce que nous suggère avec élégance ce récit tendre et émouvant.
Je n'arrive plus à m'entendre même superficiellement avec des gens qui jouent un rôle, qui vivent dans des images. Ils me font peur, ils m'angoissent. Ils me fichent une sensation de solitude terrible. L'année passée, j'ai revu l'éditeur de mes poèmes. [...]. Une chose qu'il m'a dite alors m'a terriblement frappé : "Vous le verrez en veillissant, mon cher, la plupart des gens sont des stéréotypes, on leur prête une vie intérieure qu'ils n'ont pas. C'est pour ça qu'on a tellement besoin de littérature. Si vous avez ce talent, continuez à écrire. Les écrivains offrent aux gens une vie que sans leurs livres ils n'auraient pas. Et cette vie-là est plus riche, plus belle, plus variée que ce qu'on appelle la vraie vie. Plus précieuse aussi" Lena regarde Wolf. Elle pense qu'en cet instant, il ressemble à un loup. Evidemment. Elle ne le lui dira pas. Elle sourit parce qu'elle pense qu'il le sait et qu'il préfère le silence. Tout en mettant un nouveau disque, il dit que les choses qu'on désire vraiment finissent toujours par arriver, si l'on en croit les sages Chinois d'autrefois. Et les phrases où il y a le mot "désir" sont toujours à prendre en considération, ajoute-t-il en revenant dans la cuisine. Lena s'est accoudée à la fenêtre. Il la rejoint, s'installe à côté d'elle. – C'est si beau, dit-il, et le moindre nuage m'impressionne plus qu'un château, c'est la plus belle architecture du monde. – Et regarde : la mer est de quatre couleurs. (Pages 64-65)
Petite remarque perso : Une histoire va se tisser sous le ciel "gris clair dont on fait de si beaux regards"... Un amour comme une parenthèse qui ne se referme pas vraiment. Entre deux villes, entre deux vies, un mariage qui n'a pas lieu met en présence Wolf et Lena. Le ciel et la mer, l'immensité d'un paysage en ligne de fuite Deux personnages jettent l'ancre dans ces immenses dégradés de gris... L'ancre d'une vraie rencontre, l'encre des mots. La délicatesse de l'écriture, une juste distance aussi qui ressemble à... de l'élégance. Cela fait du bien un tel livre... c'est un moment rare et précieux parce qu'il ne se conclut pas, mais s'ouvre sur l'après. Donne l'impulsion. Et si le bonheur résidait précisément dans cette conception particulière ? Etre heureux n'a rien d'abstrait, il suffit parfois d'un lieu, d'une rencontre, d'un partage. Quelque soit le voyage, quelque soit le chemin, la vie, alors, peut commencer... Francis Dannemark a retravaillé le roman pour sa réédition en poche. |