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alophabétique Bibliothèque virtuelle |
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Ed. Albin Michel Traduit de l'anglais (États-Unis) par Dominique Rinaudo, (coll. 10/18, n° 3066) 1997 Nous sommes dans les années 1950. Un jeune garçon, Culver, dont le père vient de se noyer dans les rapides, trouve auprès de Jack un père de remplacement. Guide de chasse et de pêche, celui-ci est apprécié aussi bien des Indiens que des autres habitants de Gatteway, petite ville de l'Orégon. Mais un drame va briser l'harmonie et amener l'adolescent à s'interroger sur la complexité de l'existence. Traduit par Dominique Rinaudo "Parfois je contemplais la grande photo noir et blanc de Jake avec mon père et ma mère, qui était affichée au mur derrière la caisse. A leurs pieds, étaient étalés à plat sur une porte de grange renversée soixante poissons, le maximum que l'on puisse pêcher en deux jours. C'était une variété de la région, de grosses truites arc-en-ciel qui s'étaient nourries tout l'été de mouches à saumon et d'écrevisses. Les deux frères portaient des chapeaux de paille avachis aux bords desquels ils avaient accroché des leurres, et ma mère un feutre un peu trop habillé pour la circonstance. Campée devant la caméra, elle semblait sincèrement heureuse. Avec son chapeau rabattu sur les yeux, Jake avait un petit air désinvolte. Mon père avait levé une main en écran près de sa joue pour se protéger du soleil. Il avait le visage dans l'ombre, mais on voyait bien ses yeux, qui semblaient fixés sur quelque chose, au loin, que les autres ne voyaient pas. La première fois que j'avais décroché la photo pour la regarder de près, j'avais frissonné. Mon père avait marqué au crayon « Une belle prise » ; à côté, de la main plus élégante de ma mère : « Merveilleux souvenir d'une journée parfaite ! » D'après la date, inscrite en petit dans le coin, la photo avait été prise à l'automne ayant précédé la noyade de mon père. Parfois,
quand j'étais seul au magasin, je scrutais le visage de mon père
pour tenter d'en déchiffrer l'expression. Ce n'est que beaucoup
plus tard que j'établis la ressemblance avec les portraits des
lycéens morts avant la fin de leurs études, portraits reproduits
à la page « Souvenons-nous » de l'annuaire de l'école.
Victimes d'accidents de voiture ou de maladies mystérieuses dépassant
les compétences des médecins des petites villes, ces jeunes
gens ont les regards perdus dans un avenir qu'ils ne partageront pas avec
ceux qui les entourent." Télérama
: Petite remarque perso : Une fort belle histoire, pleine d'émotion. Roman initiatique qui aborde la remise en question de l'univers de l'enfance... quand tout à coup l'on commence à percevoir que sur la jolie photo accrochée au mur, il y a des mystères et qu'il faudra beaucoup de patience pour les percer et peut-être accepter de ne jamais tout comprendre... Pourant, ensuite, la monde ne sera plus tout à fait le même... |
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