Un Monde A Lire
COSMICOMICS
 
Italo CALVINO
 
Traduction française Jean Thibaudeau
Aux éditions du Seuil pour la traduction française en 1968
Edition de poche parue en 2001 pour la traduction remise à jour
190 pages
ISBN : 2-02-041389-2
 
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« Qui a attendu deux cents millions d'années peut bien aussi en attendre six cents ; et donc, j'attendis ; la route était longue mais enfin je n'avais pas à la faire à pied ; assis en croupe sur la galaxie, je parcourais les années lumière en caracolant sur les orbites planétaires et stellaires comme sur la selle d'un cheval aux sabots lançant des étincelles... » Italo Calvino

Résumé :

Présentation de l'éditeur :

Ce volume rassemble toutes les nouvelles cosmicomiques -celles du volume homonyme et de Temps zéro, augmentées d'autres textes inédits- ces récits dans lesquels, à partir de 1964, Calvino s'était assigné la tâche drolatique d'alléger et de rendre d'une certaine façon visibles les concepts ardus de la science contemporaine, parvenant à créer un genre plus proche des mythes cosmogoniques que de la science-fiction. Des récits qui jouent avec l'espace et le temps, les amibes et les nébuleuses, dans un univers délibérément mal défini, inachevé, qui se révèle pourtant étroitement lié au nôtre, avec une ironie et un goût pour la spéculation intellectuelle qui donnera lieu, dans les livres suivants, à la méditation sur la littérature et la lecture.

Calvino a tout lu, d'Einstein à Jakobson et de Hegel à la cybernétique : voilà donc Qfwfq -de son naturel bougon, coureur de jupons et poète - jouant aux billes sur la courbure de l'espace avec des atomes d'hydrogène naissant, faisant tous les calculs du monde pour savoir si, malgré le postulat des parallèles, il pourra bientôt rejoindre certaine demoiselle UrsulaH'x qui glisse à ses côtés, ou bien traçant dans le vide, au bord d'une galaxie, le premier signe, la première lettre.

 

Extrait :

L'orbite ? Elliptique, bien sûr, l'orbite était elliptique : elle s'aplatissait un peu sur nous, et puis elle prenait un peu de distance. Les marées, quand la Lune était au plus bas, étaient tellement hautes qu'il n'y avait plus personne pour les retenir. Et il y avait des nuits de pleine Lune, celle-ci extrêmement basse, et de marée, celle-là extrêmement haute, au point que si la Lune ne se baignait pas dans la mer, il s'en fallait d'un cheveu ; disons de quelques mètres. Est-ce que nous n'avons jamais essayé d'y monter ? Et comment donc ! Il suffisait d'y aller, en barque, jusque dessous, d'y appuyer une échelle et d'y monter. L'endroit où la Lune passait au plus près se trouvait au large des Ecueils de Zinc. Nous y allions dans ces petites barques avec des rames dont on se servait alors, rondes et plates, faites en liège. On y tenait à plusieurs, le capitaine Vhd Vhd, sa femme, mon cousin sourd, et moi-même, et aussi quelque fois la petite Xlthlx qui devait avoir à l'époque environ douze ans. Ces nuits-là, l'eau était parfaitement calme, et argentée, on aurait dit du mercure, et dedans les poissons étaient violets, et, ne pouvant résister à l'attraction de la Lune, ils venaient tous à la surface, ainsi que des poulpes et des méduses couleur safran. (Page8)

 

Critique/Presse :

Auteur à l'imagination et à l'humour sans bornes, il rend à la science une place dont trop souvent on lui oublie: sa capacité de nous faire rêver et de raconter des histoires. Dans une époque où la science est un outil majeur de la construction de notre réalité, ce livre nous fait découvrir le plaisir de découvrir des mondes, d'inventer des mots, d'être curieux, intrépide et libre. Il nous fait redécouvrir l'importance de se poser des questions tout en rêvant des réalités qu'arborent notre Univers. Enfin, il nous montre comment la science peut être un voyage fabuleux en nous-même à travers l'histoire de l'Univers. Alexandra Dubé Loubert

Petite remarque perso :

Italo Calvino nous invite au rêve et navigue entre science, philosophie et poésie. Il raconte de manière singulière, loin de ce que l'on a l'habitude de lire sur le sujet. Plusieurs histoires nous transportent d'ellipses en galaxies, d'atomes en bactéries, de signes en parallèles... Il nous ouvre l'espace et le temps et nous aspire dans son univers... On en ressort émerveillé par le talent de cet incroyable écrivain qui maîtrise d'aussi vastes sujets avec une telle inventivité !

Son exploration des mondes (de ses mondes ?) nous propulse vers l'imaginaire tout en nous replongeant aux origines de tout... et aussi de nous-mêmes...

 

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