L’instituteur
Dans le matin perclus de nuit
Le bruit de mes pas sur le sol
Sourires sous les parapluies
C’était le premier jour d’école
Un jour semblable à celui-ci
Ma tête était pleine de rêves
Le ciel se déversait en pluie
Sur la cour encombrée d’élèves
L’instituteur se tenait là
Des étoiles plein les prunelles
Costume gris et chapeau bas
Devant le tracé des marelles
Bien plus qu’un simple souvenir
J’ai gardé toutes ces années
Son énergie et son sourire
Et puis je crois… son amitié
Il n’est plus là pour nous aimer
Son regard brille au temps qui passe
Enfants nous sommes tous restés
Assis sur les bancs de sa classe
Chaque saison à la rentrée
Quand l’automne s’avance un peu
C’est vers lui que vont mes pensées
Et je sens la pluie dans mes yeux
Régine Foucault© - 14/09/2006
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Vous
m’avez appris à aimer les dictées, autant que
les leçons de choses, et nous effeuillions les mots avec
ce même amour, cette même curiosité qui nous
poussait à disséquer le cœur des fleurs. Vos
yeux brillaient quand vous vous appliquiez à prononcer les
consonnes finales, et vous saviez très bien que cette petite
tricherie qui n’échappait qu’aux étourdis
nous inciterait toute notre vie à ne pas oublier d’écrire
ces lettres muettes, au seul souvenir de votre sourire en coin de
lèvres.
Lorsque
je suis venu vous voir chez vous quelques années plus tard,
du haut de mes quinze ans de collégien, j’avais le
corps ébouriffé de l’oiseau libre qui vient
revoir celui qui lui ouvrit la porte de sa cage. Vous étiez
devenu un vieil homme alors, si vite, malade peut-être de
ne plus avoir à prononcer les consonnes muettes pour des
enfants mutins. Vous aviez le maintien frileux de ces écoliers
transis par leur première rentrée des classes ; vous
sembliez perdu, vous qui nous aviez donné le sens, vous qui
aviez donné le souffle à nos pensées.
On
m’a dit un jour que vous étiez mort.
Le
temps a passé. J’ai mis longtemps, très longtemps,
trente ans peut-être à comprendre que nous avions toujours
eu le même âge… Et votre présence m’est
chère et proche.
Je
la ressens, je le prononce parfois comme une consonne muette en
fin de mot, afin de ne jamais en oublier la trace."
Jean-Pierre
– Lettre à son instituteur tirée du recueil Mémoire de maîtres,
paroles d’élèves Ouvrage collectif sous
la direction de Jean-Pierre Guéno |
Rentrée
des classes
Odeur
des pluies de mon enfance,
Derniers soleils de la saison !
A sept ans, comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances
Se retrouver dans sa maison !
La
vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été !
Ô
temps charmants des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau !
René-Guy
Cadou
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Bibliographie :
L'étrange figure du
Baron des Adrets
Le Parisien de la Marguerite,
réédité par les éditions de Borée sous
le titre L'odeur des noisettes - Lien pour se procurer
l'ouvrage sur le site de la librairie
Decître
Le Livret noir
L'homme à teste pelée
- Roman Historique
Lettres de mon arbre - Chroniques
des Affiches de Grenoble et du Dauphiné
Pas curieux s'abstenir -
Chroniques des Affiches de Grenoble et du Dauphiné |