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Harry Mulisch
Lorsque dans la nuit du 13 février 1967, Max Delius prend en stop Onno Quist sur la route d'Amsterdam, il ne sait pas que cette rencontre changera le cours de son existence. En apparence, tout sépare les deux hommes : l'un est astronome, coureur de jupons, extraverti et jouisseur, l'autre spécialiste des langues anciennes indéchiffrables, plutôt timide et solitaire. Tandis que Max est orphelin d'une mère juive déportée et d'un père collaborateur, Onno vient d'une grande famille de notables calvinistes. L'un sort tout juste du lit d'une de ses maîtresses, l'autre s'est échappé d'une pesante réunion de famille. Max et Onno deviennent pourtant inséparables. Dans cet ambitieux roman, que la critique a rapidement comparé à La montagne magique de Thomas Mann, l'intrigue, riche en conversations érudites de tout genre, est racontée par l'ange qui a reçu pour mission de récupérer les Tables de la loi données par Dieu à Moïse. C'est par l'entremise de l'improbable amitié entre un linguiste misanthrope et un astronome don Juan, de leurs amours avec une violoncelliste et de l'enfant qui en naîtra, que le ciel entreprend cette action qui symbolise son intention d'abandonner l'humanité à son destin luciférien. Un roman somme qui, à travers des péripéties souvent hautes en couleur, dresse un bilan chargé, mais non dépourvu d'espoir, de la seconde moitié du vingtième siècle. -- Services Documentaires Multimédia Ce texte se rapporte à l'édition Broché.
Quel est donc cet ouvrage qui déplace et agite, encore de nos jours, les sommités du savoir et de la foi ? Un étrange objet romanesque, en vérité. Une sorte de polyèdre aux multiples facettes, philosophique, historique, théologique, métaphysique… Un livre profus, labyrinthique. Irritant, ça et là, par ses longueurs et ses insignifiances… Mais attachant néanmoins, l'auteur y dévoilant peu à peu, à qui supporte les longues marches d'approche, les emboîtements astucieux de sa structure et la singulière ambition de son propos. Le Monde 14/06/1999 – Florence Noiville Alors qu'en novembre dernier, paraissait chez Gallimard La Procédure, en ce début d'année, La découverte du ciel ressort en Folio. Un roman fabuleux, aux dimensions épiques (autant par le fond que par la forme, avec plus de 1000 pages) mais d'une telle saveur que l'on en oublie bien vite l'épaisseur concrète, pour s'attacher uniquement à la richesse érudite de son tissu textuel et à la question élémentaire et terrifiante que pose l'auteur : l'être humain ne serait-il, en définitive, qu'un jouet aux mains de forces plus subtiles et plus puissantes que lui, une pathétique marionnette ? En définitive, tout ne serait-il pas écrit sur "Le grand rouleau" (pour reprendre les termes de Diderot) ? Car c'est un narrateur inhabituel qui nous guide dans le labyrinthe narratif de ce roman fleuve, un ange venu d'un au-delà auquel les hommes sont de moins en moins enclins à croire, un lieu que l'on imagine parfois tout en doutant de son existence rationnelle ; il explique à l'un de ses comparses comment il a réussi à courber le cours du temps et à influencer le sort des humains, afin qu'une grande mission commanditée par le "chef" (entendez "Dieu"!) puisse enfin être remplie... Mais nous ne restons dans les hautes sphères que de façon quasi épisodique, car l'auteur se hâte de nous précipiter parmi les hommes, et plus particulièrement aux Pays-Bas, où notre ange a préparé, pour le lundi 13 février 1967 à minuit, une rencontre qui se veut fortuite mais qui s'apprête à transformer la vie de deux hommes. L'auteur joue sur son double statut : pseudo-victime de son récit, il tente aussi de se substituer à un Dieu omnipotent, créateur de toute chose, par l'intermédiaire de personnages divins. Il est vrai que le lecteur aura tendance à fréquemment oublier la source de ce récit foisonnant, et que l'auteur, régulièrement, ne manque pas de lui rappeler que le libre-arbitre des personnages n'est en vérité qu'un leurre : qu'ils soient des hommes manipulés par Dieu et ses émissaires ou des personnages malmenés par l'auteur, ils n'ont de toute façon aucune volonté propre... Il n'empêche que ce roman est un pur régal, ne serait-ce que par les thèmes qui mêlent, de façon souvent symbolique, mathématiques, linguistique, politique, histoire et humanisme. Quel que soit le domaine abordé, Harry Mulisch impressionne par son érudition sans bornes et semble avoir un avis sur tout, qu'il traite des années 70, du communisme, de la sexualité, de Dieu, de la médecine, de l'éthique, de la biologie, des étoiles ou de l'holocauste... Ne nous épargnant aucune fantaisie, usant et abusant d'ironie dramatique, il nous mène pourtant rigoureusement vers son but ultime : la quête de Quinten Quist, un jeune homme étrange et lunaire, qui fait parfois basculer le roman dans une science-fiction onirique et originale. Soixante-cinq chapitres, un pour chaque année de l'auteur (le roman fut écrit en 1992 en néerlandais), plusieurs dialogues de philosophie satirique et une imagination féconde font de ce roman une épopée humaine pleine de rebondissements, un opus merveilleux duquel on ne se détache qu'à grand peine. Blandine Longre(mars 2002) http://www.sitartmag.com Exceptionnel par son souffle épique, par la diversité des thèmes abordés, par l'originalité de la forme (le narrateur est un ange chargé de récupérer les Tables de la Loi pour que l'humanité soit abandonnée au pouvoir de Lucifer), ce roman est la synthèse fascinante de toutes les questions morales et philosophiques qu'a posées le xxe siècle. À travers les aventures de deux Néerlandais qui se rencontrent le 13 février 1967 près d'Amsterdam (c'est le ciel qui l'a voulu) et tombent amoureux de la même femme, Harry Mulisch revient surtout sur la question du libre arbitre qui hante toute son œuvre, mais sans aucun pédantisme, avec une érudition souriante et une verve romanesque irrésistible qui font que l'on dévore ce livre avec entrain malgré sa taille impressionnante. code web : LIT053du même auteur (L'avis de la Fnac) Les internautes en parlent : Superbe -
Fred, Lot (46), le 4 juillet 2002 - Surtout ne pas se laisser impressionner
par la taille du livre, chaque page, chaque détail tente à
recréer un monde, s'y fondre et être foudroyé a la
fin. Le sommet de Mulisch. Petite
remarque perso : Bon, je n'ai lu que d'excellentes critiques
(ou presque !) alors, je me lance. 1139 pages quand même ! Je donnerai
de mes nouvelles quand j'en aurai terminé !!! Si j'arrive au bout
! ;o) |