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LA SAGA DES EMIGRANTS - 1 - Au Pays

Vilhelm MOBERG

 

Liste des livres
Liste des auteurs

Fiche :

La saga des émigrants: Au pays
Vilhelm Moberg Edition originale 1949
GAIA 1999 pour l'édition française
320 pages

Editions Le Livre de Poche 2002 - 283 pages

Résumé :

Présentation de l'éditeur :

L'histoire du grand exode suédois

Voici l'histoire des premiers pionniers suédois partis conquérir l'Amérique et comment leur vint l'idée de s'expatrier : Kristina et Karl Oskar, jeune couple héritier d'une terre aride qui ne parvient guère à nourrir les huit bouches de la maisonnée ; Robert, le frère de Karl Oskar, un contemplatif qui aspire à la liberté... placé comme valet de ferme alors qu'il ne rêve que de l'Amérique ; son compagnon d'infortune, Arvid ; l'illuminé Danjel Andreasson, digne héritier de son ancêtre condamné pour hérésie ; et la catin du village, Ulrika de Västergöhl, dont on se détourne quand on la croise, mais qu'on vibre de visiter la nuit, incognito...

Les paysans du Småland, province du sud-est de la Suède, vivaient paisiblement de leurs terres. En dehors des naissances, des mariages, des enterrements, ils ne connaissaient guère d'autre péripétie que l'alternance des saisons.

Vers le milieu du XIXe siècle, cet ordre immuable commença à trembler sur ses bases. Les terres sans cesse divisées par les héritages vinrent à manquer. Et les échos venus d'au-delà de l'Océan donnèrent des envies de liberté.

Au pays est le premier volume de l'épopée de ces gens ordinaires animés du souffle de l'aventure et du formidable espoir de recommencer leur vie.

Présentation de Livresse :

Quand les Suédois prirent le chemin de l'Amérique

Des terres trop petites pour nourrir les familles grandissantes, des années de vaches maigres marquées par la sécheresse, l'endettement et la famine, une société étouffée par la religion luthérienne et l'ordre établi des classes sociales.

C'est la Suède du milieu du XIXe siècle. La Suède qui a perdu le tiers de sa population. Quelque 1.5 million de personnes qui bravèrent le grand océan, attirées par les promesses d'une vie meilleure en terre d'Amérique. Une terre fertile qui rembourse généreusement les fermiers de toutes les sueurs qu'ils sont prêts à verser sur ce sol accueillant.

Voilà une épopée racontée par l'écrivain suédois Vilhelm Moberg et qui a déjà séduit des milliers de lecteurs. La Saga des émigrants, une série en huit tomes d'abord publiée en suédois dans les années 1950, puis en français au cours des dernières années, est maintenant disponible en format poche.

Le premier tome est arrivé en librairie en juin. On y retrouve Karl Oskar, qui a hérité de son père une petite terre. Un seizième de manse. Tout juste assez grand pour nourrir sa famille. Mais, même les bonnes années, elle ne rapporte pas assez pour couvrir les frais. Alors, quand vient la sécheresse, la nourriture se fait rare sur la table et il s'endette de plus en plus.

Peu à peu, germera dans son esprit le projet d'émigrer en Amérique, encouragé par son jeune frère, Robert, qui n'a pas l'intention de mener une vie de valet de ferme. Un matin d'avril, ils tourneront le dos à la Suède et s'embarqueront pour un long voyage de dix semaines à bord du Charlotta, direction l'Amérique, le Nouveau Monde plein de promesses.

La Saga des émigrants a aussi été adaptée pour le cinéma durant les années 70. Et une comédie musicale, qui fait salle comble à Stockholm, en a été tirée en 1995.

© Copyright Livresse.com 2002

Extrait :

A Korpamoen, cependant, les préparatifs avançaient.

Un jour le vieux coffre à vêtements en chêne, peint en noir, de la famille Nilsa avait été sorti de l’endroit où on le gardait au fond du grenier, parmi les toiles d’araignées, et descendu dans la cuisine, où on l’avait épousseté et inspecté. Nul ne pouvait dire quel âge il avait, les mains qui l’avaient fabriqué étant depuis des centaines d’années mêlées à la terre du cimetière. Il était passé de génération en génération dans la famille, du père au fils aîné. Plus d’un jeune marié y avait serré ses vêtements, après la noce, plus d’une fois les femmes de la ferme y avaient pris un linceul, lorsqu’elles avaient dû ensevelir un mort. Son couvercle avait caché des biens précieux et été soulevé tant par des mains tremblantes de vieilles femmes que par celles, jeunes et vigoureuses, d’adolescentes, surtout lors des grands événements de la vie : baptêmes, mariages et enterrements. Ce solide objet avait accompagné la famille à travers les siècles avant d’échouer dans un obscur coin de grenier où il était longtemps resté en paix. Mais voilà qu’on lui faisait revoir la lumière du jour : on ne pouvait rêver mieux comme malle, car elle avait cinq pieds de long sur trois de haut et était renforcée par des bandes de fer de trois doigts de large.

Sur ses vieux jours, le coffre à vêtements des Nilsa allait voir du pays.
On l’examina sous tous les côtés, mais le chêne dont il était fait s’avéra sain. On le nettoya intérieurement et gratta la rouille qui s’était déposée sur ses charnières et ferrures. Après toutes ces années dans l’obscurité, ce meuble lourd et massif retrouvait un usage digne de lui. Quittant le lieu méprisable où il avait été confiné, il occupait maintenant la place d’honneur au foyer. Ce coffre avait été oublié, des années s’étaient écoulées sans que l’on soulève son couvercle et, soudain, il devenait le bien le plus précieux de la famille et le seul qui allait l’accompagner de l’autre côté de l’Océan.

Sur les milliers de lieues de leur périple, les parois de chêne de ce coffre renfermeraient ce qu’ils allaient emporter d’indispensable, ils allaient lui confier presque tous leurs biens et, comme il allait connaître une phase nouvelle et aventureuse de son existence, il eut même droit à un nouveau nom, sur ses vieux jours. Celui-ci allait le distinguer de tous ses semblables et d’autres biens meubles : il devint la malle d’Amérique, la première de ce coin de terre (pages 197/198)

Ce fut le début d’une nouvelle ère de grandeur pour les vieux coffres à vêtements des régions paysannes. Après des siècles d’une existence obscure au fond des greniers, il furent nettoyés et préparés en vue de ce voyage au-delà des mers. Ils trouvèrent ainsi leur place en première ligne de la plus grande migration de l’histoire de l’humanité, dépositaires des biens les plus précieux de leurs propriétaires.

Que laisser derrière soi et quoi emporter ? Que pouvait-on se procurer, dans l’autre pays, et qu’était-il impossible d’y trouver ? Personne ne pouvait le dire, car nul n’était encore allé se renseigner sur place. Ce n’était pas un déménagement, permettant de remplir charrette après charrette : dans le cas présent, tout ce qu’on emportait devait être contenu sur un chariot. On choisissait donc les objets les plus indispensables et les moins encombrants. (page 224)

 

Critique/Presse :

La chronique de Lire - Les émigrants du Smaland

«Il y a cent ans, nos ancêtres suçaient les cailloux du Smaland.» Les Suédois évoquent ainsi la disette qui régnait chez eux au XIXe siècle. Tenaillés par la faim, étouffés par une Eglise luthérienne rigoriste, ils furent des milliers à émigrer aux Etats-Unis, ce Nouveau Monde généreux de tolérance et de semences.

En moins d'un siècle, la Suède vit un tiers de sa population, environ 1,5 million de personnes, s'exiler en Amérique.

Dans les années 50, cette épopée a été magistralement rendue par l'écrivain Vilhelm Moberg dans La saga des émigrants, qui fut adaptée au cinéma au début des années 70.

Le livre a aussi inspiré, en 1995, une comédie musicale. Depuis, le spectacle affiche complet à Stockholm.

Dans le Smaland, la vie des paysans était rythmée par les saisons et les offices religieux. Quand la terre vint à manquer, Kristina et Karl Oskar, héritiers d'un lopin aride, Robert, le valet de ferme, son compagnon Arvid, injustement accusé de zoophilie, Ulrika, la femme de mauvaise vie, et Danjel, l'hérétique, nourrissent l'idée d'émigrer.

Ecrivant à la pointe sèche, sans romantisme, avec une retenue d'où sourd la colère, Vilhelm Moberg rend hommage à ces émigrants et dépeint avec une langue précise une société fermée, congestionnée par la foi. Il est justice que ce texte majeur soit enfin traduit intégralement en français.

Marie-Laure Le Foulon, ©Lire

Une presse élogieuse - entre autres Libération, Le Monde et Télérama - a salué la publication dans son intégralité de cette saga merveilleuse, et le succès en librairie, ainsi que les nombreuses demandes "à quand la suite ?" que nous recevons nous confirment que ce choix éditorial, dicté comme toujours par des goûts littéraires très personnels, est largement partagé par le lectorat français. www.alapage.com

Petite remarque perso : Comment, inéluctablement, le grand départ se met en place. Des êtres vivant de la terre, que rien de prédestinait au voyage si ce n'est quelques rêves nourris de récits entendus ici et là, et surtout, surtout, la pauvreté, la révolte devant cette terre qui ne parvient plus à nourrir ceux qui la travaillent avec tant d'ardeur. Un jour, les malles sortent du fond des greniers et le grand vent du large se met à balayer la campagne suédoise. A ceux-là s'ajoutent tous ceux que la société rigoriste de l'époque rejette ou qui ne parviennent pas à s'y intéger. L'influence aussi de la religion omniprésente... Un curieux cortège prend la direction du grand océan, tous les espoirs au coeur, toutes les craintes aussi. Une période de l'histoire suédoise que je connaissais mal, ici racontée avec simplicité et retenue. Premier volet d'une grande saga publiée en Suède à partir de 1949... L'édition française date seulement de 1999..

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