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Liste
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Auteur Henry
Bauchau
Présentation de l'éditeur :
(…) Je reviens tôt mais épuisée à la maison. Cinq heures, encore deux heures ou trois avant le retour de Vasco. Je devrais noter ce qui s’est passé avec Orion, quand nous étions oragés, tous les deux. Il faut trop chaud ; d’abord prendre une douche, me faire une tasse de thé. Après je m’étends un peu, je m’endors. (Pages 166-167)
Avec son
roman, L’Enfant bleu, qui vient de paraître chez Actes Sud
, c’est la première fois que la cure est au centre du récit.
Orion, un adolescent psychotique, rencontre dans un hôpital de jour
celle qui sera pendant de nombreuses années sa « psy ».
Initialement, ce roman avait pour titre Le Peuple du désastre.
L’expression désigne dans le texte les gens « pas normaux
», mais il englobe également son analyste, et tous «
les autres », ceux qui, à la marge, subissent quotidiennement
« le choc de l’univers encombré » (p. 185). L’histoire,
qui va du « on », seul pronom que l’adolescent est capable
d’utiliser pour se nommer, vers le « je », est bien
plus que le récit d’une maladie, c’est aussi et surtout
un chemin vers la création. A travers les « dictées
d’angoisse » d’Orion, sa façon particulière
de chahuter la langue, le lecteur accompagne le jeune homme dans son expérience
artistique, expérience qui va le libérer, sans le sauver.
Le roman est une réflexion sur l’art et l’écriture
: « Ainsi va l’art, ainsi va l’écriture, toujours
combattant la mort, toujours vaincus et reprenant d’âge en
âge le combat » (p. 240-241.) C’est le combat que livrent
le peuple du désastre, les « presque finis », les vaincus
et les marginaux, parmi lesquels Bauchau se range sans doute lui-même,
lui dont l’oeuvre, reconnue par l’université, est encore
trop peu connue du grand public et souvent ignorée de la critique
parisienne. Petite remarque perso : J'ai rarement lu un pareil livre. Henry Bauchau nous présente cet enfant bleu. Notre regard est d'abord distancié, un peu comme celui de la psy qui le prend en charge, et puis, il devient de plus en plus difficile de ne pas se "lier" à lui, se lier d'amitié, d'attention, d'admiration... Le transfert s'effectue, c'est essentiel dans la thérapie, mais le statut de "malade" d'Orion évolue tellement. La richesse de son imaginaire, la force dévastatrice de ses délires nous atteint profondément, nous emporte. Orion si touchant dans sa manière d'exprimer son angoisse. Si près de nous parfois. N'avons nous pas tous un Orion qui prend plus ou moins de place dans nos personnalités ? L'enfant bleu, le copain perdu qui avait su nous aider à grandir... Un Petit Prince ? "On ne sait pas"... Au-delà du "peuple du désastre" L'auteur nous offre une réflexion sur la création artistique, quelle qu'elle soit. Une réflexion belle, ample, difficile aussi. Créer, écrire, peindre, représentent une forme de "naissance", une "venue au monde" toujours difficile, faisant appel à l'intime, à l'essentiel de l'être. Mais pour qu'une création puisse voir le jour, pour qu'un être puisse s'épanouir vraiment, ne faut-il pas toujours quelle trouve un "territoire de confiance" ? Qu'elle ose être, puis se montrer... L'écriture est superbe. J'ai reçu ce livre comme un cadeau du hasard qui me l'a fait "rencontrer" sur la table d'une librairie. J'aurais pu passer à côté... Je l'ai pris dans mes mains et il m'est devenu comme... Indispensable. Un bien précieux dont je ne me départirai jamais. Merci monsieur Bauchau. Si je pouvais vous le dire en face... Merci est le seul mot qui me viendrait.
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