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L'ENFANT QUI VOULAIT ÊTRE MUET
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Liste
alphabétique
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Auteur Bernard
Maris
Présentation de l'éditeur : Julien a neuf ans. Il ne parle plus depuis cinq ans déjà, alors qu’il avait un don extraordinaire pour les langues. Enfant, ballotté de nourrice en nourrice, il a parlé une dizaine d’idiomes. Destiné à une vie de hasard et d’abandon de taudis en taudis, il vit parfois avec son grand-père, sympathique bon à rien, parfois avec sa mère, jolie, pauvre, indifférente et insouciante, qui monnaye ses charmes. Un célèbre philosophe germanopratin, égoïste, riche, charmeur, arrogant, rencontre cet enfant par hasard. Spécialiste du langage sur lequel il prépare « sa grande œuvre », il se met en tête de le faire parler. Le désir d’y parvenir devient obsessionnel, jusqu’à remettre en question son couple et son existence même. Au contact de cet enfant, il découvre qu’il est passé à côté de la vie. Le silence volontaire de Julien lui a donné une terrible leçon d’humilité. Peu à peu, il s’approche d’une victoire incertaine, qui devient sa défaite vis-à-vis des gens qu’il n’a pas su aimer : son épouse, sa mère mourante. Défaite vis-à-vis de cet enfant même, qui s’est pris d’amour pour lui.
Extrait : –Tu n’as pas envie de
parler ? J’avais besoin d’eau
pure. « Envie… » Oui, quelque chose comme l’envie
de parler montait en moi
Petite remarque perso : La lecture de ce livre m’a procuré des impressions mitigées. J’ai aimé le petit garçon, son regard sur ce qui l'entoure, sa manière de se taire pour mieux parler… pour être vrai. Son silence pour lutter contre le bruit du monde... Son silence en écho, en révélateur... J’ai parfois regretté quelques « clichés » glissés dans le choc « social » qui se produit entre lui et le philosophe. Il m’a semblé par moment que leur relation n’était pas exploitée complètement par l’écrivain. Mais je connais très mal le milieu des philosophes parisiens branchés et peut-être que mon « appréciation » est tout simplement le résultat de cette ignorance. De très jolies pages sur le langage, un regard sur la banlieue plein d’acuité… Sur l'enfance aussi, privée d'enfance, adulte trop tôt, adulte trop vite. Le fait qu’il n'existerait
pas de salut possible pour un gamin comme Julien sans l’intervention
d’un Pygmalion m’a aussi un peu gênée…
Au fur et à mesure que l’enfant se réapproprie le
langage de son « maître », le maître lui s’en
retire. Leur relation n’est pas vraiment possible. Ensemble ils
fonctionnent comme des vases communicants … quand l’un se
remplit, l’autre se vide… Pourtant
entre eux, quelque chose se passe. Un amour ? L'un est prêt, l'autre
non. Et le plus "pauvre" des deux n'est pas celui qu'on croît.
Le philosophe "possède" le langage, mais ses mots ressemblent
à un vêtement vide... Trop beau, trop bien coupé,
trop précieux pour être porté.
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