L'ENFANT MULTIPLE

Andrée Chedid

 

 
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Bibliothèque virtuelle

Fiche :

Auteur A. Chedid
Editeur J'ai Lu
Collection J'ai Lu, numéro 2970
ISBN 2290129704

 

Résumé :

" Je m'appelle Omar-Jo ". Omar comme le père, un musulman d'Egypte, Jo, diminutif de Joseph, le prénom du grand-père maternel, un chrétien libanais.

Marqué par la violence et la mort, l'enfant qui découvre Paris revendique la vie, l'imaginaire. Il rencontre Maxime le forain, qui avait laissé son manège à l'abandon, et rendra leur magie aux chevaux de bois comme il va redonner à leur propriétaire la jeunesse perdue et l'amour oublié.

Omar-Jo a deux idoles : Charlie Chaplin qui sut tout à la fois enseigner le rire et les larmes, son grand-père Joseph qui danse et chante dans les fêtes de villages, et dans sa montagne libanaise, façonne de ses mains un manège à l'instar de celui de son petit-fils à Paris.

Et dans la nuit, la misère du monde, les lumières s'allument, la musique éclate, la fête commence. L'enfant du malheur est le messager de la joie.

 

Extrait :

D'autres fois, ils s'arrêtaient en chemin, s'asseyaient sur un banc public ; mangeaient un sandwich, arrosé de bière et de limonade.

C'est là, qu'un soir, Omar-Jo traduisit au forain la lettre qui lui avait été adressée par son grand-père.

Ami Maxime, pour mon petit-fils, merci !

Je viendrai voir votre Manège, un jour. En attendant, il tourne dans ma tête ; je le chéris et le décore de tous les fruits de mon jardin. Par moments, il s'élève comme une soucoupe volante, et plane ou tournoie juste au-dessus de ma maison.

Depuis quelques temps, nos journées sont tranquilles. Les transports publics sont rétablis, le courrier a repris. Je crois pouvoir, bientôt, t'expédier des abricots et des pêches. Tu t'en régaleras.

Notre existence, notre Manège à nous, s'enfonce encore dans les ruines ; mais à présent que les armes se sont tues, de village en village nous arrivons, peu à peu, à recomposer la chaîne, et à nous retrouver. Il faudra bien que ça tourne rond, un jour ! Que notre peuple tout entier remonte sur le même Manège qui s'ébranlera, progressera sur une musique d'espoir. Tu me comprends, Maxime ? Tu sais que je ne rêve pas ? Souviens-toi de vos propres guerres et de l'horrible occupation…

Omar-Jo t'aura dit que je ne sais pas écrire. C'est l'instituteur du village voisin qui est venu, tout exprès, pour cette lettre. Mais la signature sera de moi. Tu la trouveras au bas de cette page. Ce sera la marque de mon pouce, avec un peu de terre dans les plis.

Merci, ami Maxime. Il fallait que l'enfant connaisse un monde en paix.

Donne-moi cette lettre, je veux la garder, dit le forain.

L'enfant posa ses lèvres sur la trace du gros pouce. Puis il la lui tendit. (Pages 99-100)

 

Critique/Presse :

"Allégorie d'un pays mutilé" (le Liban) et chassé-croisé des trois cultures et des trois univers que sont l'Egypte, le Liban et la France (selon D. Eddé). Roman centré sur l'amitié qui finit par lier un jeune amputé libanais de douze ans et un vieux forain parisien aigri. Roman présélectionné par les jurys des prix Goncourt et Fémina. Chaleureux. Un roman drôle et émouvant, écrit par Andrée Chedid avec sensibilité, pudeur et humour. - Amazon.fr

Une leçon de courage, d'optimisme et d'humanité. ©Copyright: CPLN-EPC

Petite remarque perso : Un bien joli petit livre, plein de tendresse et d'émotion. La vie, la guerre, un grand père au loin et un petit garçon tout simplement magique... A lire et à faire lire. Andrée Chédid est merveilleuse.

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