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L'HISTOIRE DES ETOILES | |||||||||
Ainsi est présentée l'histoire des étoiles sur le site de Ciel et espace par Alain Superbie et René Cuillerier. Dossier du magazine Ciel et Espace (textes et photos) Observer les étoiles : Un cd à découvrir : L'oreille dans les étoiles : Un voyage raconté par Michel Boujenah sur des textes de Jacques Lanzmann, Florence Chambouleyrou et Daniel Kunth. |
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Dans
de nombreux endroits du ciel, les télescopes nous révèlent
des spectacles de toute beauté. Contrairement à
l'apparence qu'on en a à l'œil nu, l'espace entre les étoiles
est rarement vide. D'énormes masses de gaz et de poussières
abondent dans certaines régions. Elles nous sont révélées
grâce à la lumière émise par les étoiles
environnantes. Les dimensions gigantesques de ces nuages donnent
l'impression qu'ils sont figés, immobiles dans l'espace.
De nombreuses analyses montrent que ce n'est qu'une apparence.
Sous l'effet de leur masse ils tendent à se fragmenter
et à former des régions de plus en plus denses qui
s'effondrent sur elles-mêmes. Nous sommes là dans
des régions de naissance d'étoiles ! |
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Au
cœur de la grand nébuleuse d'Orion de jeunes étoiles
se sont allumées. Excité par les torrents de lumière
ultraviolette qui jaillissent de ces nouveaux phares cosmiques,
le gaz émet à son tour de la lumière et la
nébuleuse brille comme une sorte de gigantesque lampion.
Ce phénomène de thermoluminescence est comparable
à celui qui se passe dans un tube à néon.
Des centaines d'étoiles en gestation se cachent dans cette
matrice gazeuse; Photo A. Fujii |
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La
vie en rose… Cette couleur est celle de la matière primordiale,
l’hydrogène, telle qu’elle est sortie de la fournaise du
big-bang, il y a quinze milliards d’années. Sous l’effet
de la gravitation, elle est en train, sous nos yeux, de se recroqueviller
en grumeaux plus denses, un peu comme l’eau répandue sur
une toile cirée se fragmente en gouttelettes. Ici encore,
la lumière que nous en recevons témoigne de la présence
d’étoiles très chaudes qui, en électrisant
le gaz raréfié qui les entoure, lui confèrent
cette luminescence d’aurore. Cette région embrasée
est le siège d’une intense activité : c’est une
autre maternité d’étoiles. L'image suivante est
un zoom dans son intimité. |
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Loin,
en haut de cette image, une jeune et turbulente étoile
déverse un torrent de lumière, de chaleur et de
particules qui soufflent le nuage interstellaire vers le bas.
Son trop grand enthousiasme à briller va définitivement
disperser la précieuse matrice de gaz… mais nous donne
à voir ce qu’elle renfermait. Sous la forme de petits ergots,
plus denses que le nuage environnant, émergent des germes
d’étoiles. Car le processus de fragmentation en grumeaux
plus concentrés, se poursuit à des échelles
toujours plus petites. Bientôt, là où l’activité
des premières nées ne disperse plus la matière
cosmique, de tels germes vont s’effondrer en brûlantes boules
de gaz dont la chaleur et la lumière équilibreront
le poids : des étoiles vont naître. |
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Voici,
nimbées des restes de leur matrice gazeuse, un groupe de
nouvelles étoiles, beaucoup plus jeunes que notre Soleil.
Elles n’ont que quelques millions d’années – les dinosaures
moururent longtemps avant leur naissance. Elles disparaîtront
également avant le Soleil : plus massives, plus brillantes
et plus chaudes que notre étoile, elles brûlent la
chandelle par les deux bouts. Au cœur de ces géantes bleues,
comme au cœur plus modeste du Soleil, règnent des pressions
titanesques – un litre de gaz pris au centre du Soleil pèserait
plus de 150 kg – des températures de plusieurs dizaines
de millions de degrés ; et ces conditions infernales réalisent
un nouveau miracle, la transmutation de la matière. Photo
A. Fujii |
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Nées
au cœur d'un même grand nuage de gaz et de poussières,
les étoiles, au début de leur existence, vivent
en groupe. Si leur nombre ne dépasse pas quelques centaines,
on désigne ces groupes de sœurs jumelles sous le nom d'amas
ouverts. De temps en temps, sous l'effet des forces gravitationnelles
l'une d'entre elles est propulsée hors de l'amas qui perd
ainsi, peu à peu, ses étoiles. Inutile de chercher les sœurs du Soleil, elles se sont dispersées depuis bien longtemps un peu partout dans la Voie lactée. |
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Parfois,
un très grand nombre d'étoiles naissent à
partir de gigantesques nuages de matière. Ces groupes comportent
couramment plusieurs millions d'étoiles. A cause de leur
forme caractéristique, ces rassemblements sont appelés
amas globulaires. Un très grand nombre de ces amas gravitent
autour du centre de notre galaxie et on en trouve dans toutes
les galaxies suffisamment proches de nous pour qu'ils y soient
observables. |
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D'où
vient la chaleur des étoiles ? Grâce à leur
énorme masse qui comprime le gaz en leur centre, elles
réalisent des réactions de fusion thermonucléaire.
Elles fonctionnent sur le même mode qu'une bombe H en transformant
de l'hydrogène en hélium, réaction qui s'accompagne
d'un très grand dégagement de chaleur. Un équilibre
se crée alors entre la production de chaleur qui tend à
dilater l'étoile et sa masse qui tend à la comprimer.
La dilatation permet un meilleur refroidissement, et à
l'inverse, la contraction augmente le taux des réactions
nucléaires. De ce fait, une étoile est un réacteur
nucléaire stable tant qu'il lui reste suffisamment d'hydrogène
à consommer dans ses régions centrales. Ce principe
d'autorégulation simple permet à une étoile
comme notre Soleil de dispenser sa chaleur pendant 10 milliards
d'années. L'âge actuel de notre étoile est
de 4 milliards 500 millions d'années. |
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Le
diamètre d'une étoile comme le Soleil est équivalent
à quatre fois la distance de la Terre à la Lune.
Cette énorme boule de gaz est classée dans la catégorie
des étoiles plutôt petites. On connaît des
étoiles cent fois plus massives que le Soleil. Il ne serait
pas conseillé de s'en approcher de trop près ! Cette
image montre à quel point l'aspect relativement tranquille
de notre étoile, vue de chez nous, est trompeur. Pensez-y
lors de votre prochain bain de Soleil. Ces arches sont des ponts
de matières qui montrent les bouleversements permanents
des champs magnétiques du Soleil. Parfois de grandes éruptions
de noyaux atomiques s'échappent dans l'espace à
très grande vitesse. Quand ces particules atteignent la
Terre, elles sont responsables des aurores boréales. |
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Cet autre aspect de la surface du Soleil ne laisse aucun doute quant à la violence des phénomènes qui s'y passent. En permanence, d'énormes bulles de gaz chaud remontent de l'intérieur de l'étoile un peu à la manière des nuages d'orages qui se déploient à très haute altitude dans l'atmosphère terrestre. Mais les proportions sont ici sans commune mesure. Les dimensions de chacune de ces cellules convectives se chiffrent en milliers de kilomètres. Par endroit, d'énormes taches apparaissent. Il s'agit de régions moins chaudes dans lesquelles des phénomènes magnétiques particuliers se déroulent. |
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Une
étoile au cours de sa vie consomme son hydrogène
qui se raréfie peu à peu dans ses régions
centrales. Le taux des réactions nucléaires diminue
et la source de chaleur qui tenait le système en équilibre
s'amenuise. Dans un premier temps l'étoile se contracte
en s'effondrant sur elle-même. Puis les couches entourant
le noyau se réchauffent et brûlent à leur
tour de l'hydrogène, faisant de nouveau enfler considérablement
l'étoile. Elle perd alors totalement son aspect relativement
paisible. Elle traverse une période d'agonie cataclysmique
au cours de laquelle la pression de radiation interne est telle
que d'énormes bouffées de matière sont propulsées
hors de l'étoile par phases successives. |
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Dans
les phases finales de l'agonie d'une étoile de petite taille
(jusqu'à 3 fois la masse du Soleil), le gaz d'électrons
dégénérés de son cœur conduit très
bien la chaleur. Le réacteur s'emballe. Lorsque le cœur
atteint 100 millions de degrés, l'hélium fusionne
en produisant du carbone et de l'oxygène. Plusieurs périodes
de dilatations et de contractions successives de plus en plus
violentes finiront par disperser la matière de l'étoile
dans l'espace. Ces restes apparaissent alors comme une sorte de
cocon entourant le noyau central très chaud devenu une
naine blanche. |
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Le
monstre serti dans ces draperies fantastiques a épuisé
l’hydrogène de son cœur, entièrement transformé
en hélium. Puis l'étoile a brûlé l’hélium
afin de continuer à trouver la chaleur nécessaire
pour compenser son effondrement. Après l’hélium
sont venus le béryllium, le carbone, l'oxygène.
A chacun de ces changements de régime, elle a connu de
monstrueux hoquets qui ont éjecté ses couches externes.
C’est cette matière dispersée qui constitue la toile
au centre de laquelle elle cache son corps boursouflé d’épeire.
Mais bientôt – dans quelques millions d’années –
tout sera fini. L’étoile s’effondrera, la matière
comprimée rebondira sur le cœur dense de l’astre et fera
explosion. En quelques heures, et pour la dernière fois,
Eta Carène brillera plus que des dizaines de milliards
de ses congénères, libérant les trésors
que renfermait son corps, forgeant dans la foulée de nouveaux
atomes qui seront une nouvelle richesse pour l’Univers. |
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Voici
l'aspect des restes d'une grosse étoile un millier d'années
après son explosion. Ces filaments de matière sont
propulsés dans l'espace à 1500 km par seconde. Une
énorme onde de choc qui continue à se répandre
dans le milieu interstellaire et qu'on appelle un rémanent
de supernovae. Dans cette gigantesque masse de matière
déchiquetée, on trouve toutes les sortes d'atomes
qui permettent les combinaisons infinies de la chimie. Disparition
d'une étoile, promesse de nouveautés pour le futur. |
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Ces
filaments sont l’héritage d’une étoile morte. Seules
les étoiles géantes, 10 fois plus massives que notre
Soleil, terminent leur vie ainsi : si vite et si violemment. Mais
nous leur devons tout. En dispersant dans l’Univers les nouvelles
matières qu’elles ont forgées, elles enrichissent
le terreau cosmique de nouvelles possibilités. L’univers
stérile de l’hydrogène s’est progressivement doté
d’autres espèces d’atomes qui vont participer à
la formation de prochaines générations d’étoiles
et de planètes. |
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L’astronomie
moderne nous permet d’observer "l’écologie universelle"
dans son ensemble. Voici un univers-île, une galaxie comme
notre Voie lactée, composée de centaines de milliards
d’étoiles. Les petites tâches roses sont les zones
où les étoiles naissent, les nuages sombres, les
scories que les plus turbulentes d’entre elles ont léguées
à la postérité. Au cœur de ces nuages riches
principalement en carbone et en oxygène mais aussi en éléments
comme l’azote, le soufre, le silicium, une chimie a commencé.
Les atomes s’assemblent pour former de l’eau, de la terre, des
acides aminés – éléments constitutifs des
protéines. Cette frénésie d’organisation
de la matière n’est semble-t-il bridée que par le
froid intense des espaces interstellaires et la dilution extrême
de la matière. Ce qui semble dense sur cette image ne représentent
en effet qu’une particule de glace ou de graphite par kilomètre
cube. De nouveaux événements seront nécessaires
pour révolutionner l’univers. |
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Le
gaz interstellaire continue à produire de nouvelles étoiles.
Cette fois pourtant, il y a du nouveau sous les soleils : cette
petite, tout juste en train de naître s’est entourée
d’un disque de poussières en rotation. Bientôt de
petits grumeaux de matière concentrée apparaîtront
: des planètes, certaines peut-être jumelles de notre
Terre. C’est là que la matière poursuivra son évolution.
Notre système solaire a commencé de cette façon.
Qui sait ? Longtemps après que nous ne serons plus qu’un
souvenir dans l’Univers, les atomes qui constituent ce nuage sombre
participeront peut-être à une épopée
aussi héroïque que la nôtre. |
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Autour
des étoiles nouvellement formées, les cendres de
celles des générations précédentes
s'agglutinent entre elles. D'abord sous la forme de minuscules
grains de poussières de quelques microns d'épaisseur.
Bien que très petits, ces grains sont constitués
d'un noyau rocheux entouré d'une fine couche de glace.
Ces grains eux-mêmes, dans certaines conditions se colleront
les uns aux autres et donneront des corps de plus en plus gros.
Ainsi se forment des comètes par exemple, mais aussi des
météorites dont nous voyons un exemple sur cette
image. Celle-ci, une chondrite carbonée, contient déjà
des acides aminés dont on sait qu'ils sont les briques
constituant les protéines. |
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Ces phénomènes d'agglutination ne s'arrêtent pas là. Au hasard des rencontres certains grossissent au détriment de plus petits qu'ils incorporent lors de chocs entre eux. L'astéroïde Gaspra qu'on voit ici illustre bien ce phénomène. Sa surface est criblée des cicatrices laissées par les chutes de corps plus petits dont il est lui-même constitué. De très petites différences dans les conditions initiales de formation de ces corps auront des conséquences considérables sur leurs destins. En fonction de la matière disponible ils pourront devenir planètes fertiles ou bien caillou errant indéfiniment dans l'espace. Ainsi, à partir d'éléments qui se ressemblent, l'Univers engendre en permanence de la diversité. |
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En
fonction des endroits où ils se trouvent, certains de ces
conglomérats de cendres d'étoiles vont incorporer
de grandes quantités de matière. Plus ils grossissent,
plus leur champ de gravité augmente et plus ils auront
de chance d'attirer à eux d'autres morceaux plus petits,
s'il en reste dans la région. Encore aujourd'hui, notre
Terre reçoit en permanence de ces pierres venues du ciel.
C'est l'arrivée des plus petites, à grande vitesse
dans notre atmosphère, qui se voit sous la forme d'étoiles
filantes. Parfois l'une d'entre elles peut atteindre une taille
respectable. C'est lors d'une rencontre de ce genre que s'est
formée la profonde cicatrice que nous voyons ici à
la surface de notre Terre. |
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Alain Superbie et René Cuillerier Dossier du magazine Ciel et Espace (textes et photos)
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