L'EVANGILE DE JIMMY
 
Didier van CAUWELAERT
 
Paru aux éditions Albin Michel en 2004
Sorti en Livre de Poche en octobre 2006 - numéro 30639
408 pages
ISBN : 2253117668
 
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"Bill Clinton promène un dernier regard autour de lui, pivote en direction de la porte. Il fait trois pas, se retourne et, tout en rouvrant sa serviette, lance d’un ton soigneusement neutre :
– Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ.
Il sort un dossier vert, le dépose au sommet de la pile, et s’en va."
Didier Van Cauwelaert

Résumé :

Présentation de l'éditeur :

Avec la bénédiction du gouvernement américain, un groupe de chercheurs fabrique dans le plus grand secret, avec du sang prélevé sur le saint suaire, un clone du Christ. L'enfant grandit jusqu'au jour où, le nouveau président ayant d'autres priorités, on décide d'effacer toute trace de cette naissance. Mais en 2014, le nouveau (et gay) président des États-Unis voulant épouser son amant catholique, décide de faire un cadeau au Vatican. Quoi de mieux qu'un messie ? Coup de chance, on retrouve alors le clone disparu. Le héros malgré lui se prend alors au rôle qu'on lui a choisi et l'assume aux dépens de ceux qui croyaient le manipuler.

Source: Le site de l'auteur

 
«Au départ de cette troublante fiction, il y a la rencontre avec un libraire de Saint-Cloud qui lui apprit que l'on avait trouvé des traces d'ADN dans le sang imprégnant le linceul de Turin. »
 

Extrait :

J'ai bien aimé la femme adultère, aussi, et le fils prodigue : bénis soient ceux qui prennent leur pied en donnant du plaisir, au diable les jaloux bien pensants et malheur aux cocus. Mais ce que j'ai préféré, chez Matthieu et Luc, c'est quand soudain ils font de l'humour noir. Un jour, Jésus vire de la tête d'un homme un démon qui se met à zoner sans domicile fixe ; il se sent mal partout, il déprime, alors finalement, il se dit qu'il va retourner à la maison et, comme il la trouve "libre, balayée et en ordre", il invite une bande de démons encore plus méchants que lui et ils s'installent à sept dans le cerveau du purifié. C'est tout ce que je pense de la religion : quand au départ on n'est pas quelqu'un de bien, ça vous rend deux fois pire. On se repent, on se croit pur et, grâce à la bonne conscience, on retombe encore plus bas.

Mais pour le reste, ce qui me frappe, c'est les contradictions. Ils n'arrêtent pas de faire dire à Jésus tout et son contraire. Tu seras fidèle à ta femme, tu aimeras tes enfants : plaque ta famille et suis-moi. Tu honoreras tes père et mère : envoie-les bouler comme j'ai fait avec Marie et Joseph qui voulaient me scotcher à la maison ; mes vrais parents sont les inconnus qui m'écoutent. (Pages 143-144)

 
Classé parmi les 20 meilleurs livres de l'année 2004 par le magazine Lire
 

Critique/Presse :

Les rapports que l'Homme entretient avec les forces du surnaturel, l'adoption et les affinités électives, la puissance des rêves qui renvoient à l'enfance... Autant de thèmes qui nourrissent les romans de Didier van Cauwelaert. Et que l'on trouve portés à leur paroxysme dans L'évangile de Jimmy, son roman le plus féroce, le plus iconoclaste, le plus maîtrisé. Quatre cents pages de dynamite théologique mettent en scène un héros d'aujourd'hui transformé par la CIA en clone du Christ. Imaginez la surprise de Jimmy Wood, réparateur de piscines dans le Connecticut, à l'annonce de cette nouvelle incroyable. Sa vie bouleversée, le voilà partant en croisade contre une vérité qui se dérobe. Un polar étourdissant où Didier van Cauwelaert joue avec les nerfs de son héros et de ses lecteurs, sonnés, puis éblouis par autant de virtuosité narrative. Mais avec le linceul de Turin pour habit romanesque principal, pas étonnant que Didier van Cauwelaert ait pu faire des miracles. «Deo gratias!» Magazine Lire

"Et quel roman! Iconoclaste, féroce, et cependant plein de tendresse pour les gens simples, les plus capables, en vérité, d'un amour infini, il brosse d'inoubliables portraits d'où se détachent les figures de trois femmes, sainte Trinité du Bien, du Beau, du Vrai. Autour de Jimmy Wood, devenu faiseur de miracles malgré lui, van Cauwelaert fait graviter des généticiens, des politiciens, des dignitaires du Vatican et de la Maison- Blanche, prétexte à une puissante réflexion sur le libre arbitre" Jean-Rémi Barland Lire.fr

On a longtemps pris Van Cauwelaert pour un disciple de Marcel Aymé. Ce nouvel ouvrage le situe plutôt dans une longue lignée de feuilletonistes. Son personnage est emblématique du genre. Jimmy est un être simple et pur, embarqué dans une machination politico-religieuse, embourbé dans une aventure dont il ne maîtrise pas toutes les données, un destin qu'il n'a pas choisi. Ce qui l'amène à se débattre dans des situations de plus en plus inextricables... L'intrigue du livre s'enracine dans un autre feuilleton scientifico-religieux, bien réel cette fois: celui de la datation du suaire de Turin. L'écrivain paraît solidement documenté sur le sujet. En témoigne l'abondante bibliographique qui clôt l'ouvrage. D'où il ressort que l'expertise du linge de 1988 qui le donnait comme un faux du Moyen Age est erronée. C'est à partir de ces nouvelles découvertes que l'auteur des «Vacances du fantôme», féru de phénomènes surnaturels et de miracles, a conçu la trame d'un roman aussi délirant que divertissant... Claire Julliard - Le Nouvel Observateur

Sourire en coin, Didier Van Cauwelaert, deus ex machina devant l'Eternel, s'amuse comme un fou. Mêlant astucieusement références bibliques, données scientifiques et analyses sociologiques, l'auteur échafaude un récit plein de suspense et d'humanité. Fantaisiste, peut-être, mais qui ne sonne jamais faux. Diabolique, assurément, mais si vraisemblable quant à sa description d'une Amérique déboussolée, à la merci des religieux comme à celle des avocats. Hymne au doute et au libre-arbitre, le 18e roman du prix Goncourt 1994 est aussi l'un de ses plus aboutis. L'Express du 18/10/2004 - Marianne Payot

Petite remarque perso : Comment faire d’un homme un Christ revenu sur terre ? En clonant l’adn du linceul de Turin… La réalité s’approche tout près de la fiction. Dans le roman,  la manipulation génétique fonctionne… Et ce nouveau Christ est un simple réparateur de piscine qui ignore tout de son divin statut jusqu’à lâge de 32 ans...

Joli point de départ savamment développé par Van Cauwelaert qui s'en donne à coeur joie !

Portrait sans concession d'une Amérique "anticipée", l'action se déroulant en 2026...

Car bien sûr la manipulation n'est pas uniquement génétique, mais de tous ordres : religieux, politiques, psychologiques… humains. Preuve s’il en fallait une que tout est possible à partir du moment où l’on met les moyens et que l’héritage biologique est peu de chose à côté de «l'éducation ». Mais si finalement, à tant vouloir transformer un homme en dieu, on en faisait simplement ... un homme ?

Un moment de lecture qui laisse pantois…même s'il contient sans doute quelques approximations scientifiques... Van Cauwelaert, ici, entraîne le lecteur selon sa volonté et ne le laisse jamais reprendre son souffle, aussi divin soit-il !

 

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