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LE FRANCAIS DANS TOUS LES SENS
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alphabétique Bibliothèque virtuelle |
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Auteur Henriette Walter Pourquoi et depuis quand notre orthographe est-elle si compliquée ? Combien de mots gaulois subsistent dans nos dictionnaires ? Doit-on redouter le franglais et le langage de la pub ? Qu'est-ce qu'un patois, un dialecte, un parler régional ? Comment parle-t-on le français à Montréal, à Dakar, à Pointe-à-Pitre ? Faut-il créer des féminins à «professeur» ou «ingénieur» ? A ces questions et à mille autres, on trouvera la réponse dans ce passionnant voyage au coeur de la langue française, à consulter ou à lire d'une traite. Spécialiste de linguistique, Henriette Walter sait écouter les mots de tous les jours et de partout. Elle n'ignore rien de ce qui relie une langue à l'histoire, à la société, à la géographie. Et surtout elle sait s'adresser à tous pour conter le roman - prodigieusement vivant - du français.
Préface d'André Martinet Les rapports de l’homme avec sa langue sont d’une nature très particulière. Il l’a apprise sans le vouloir. Elle s’est imposée à lui par simple contact avec son entourage. Elle a coïncidé pour lui avec la prise de conscience du monde dans lequel il vit. Comment pourrait-il, dans ces conditions, ne pas identifier le mot et la chose ? Si la chose fait peur, le mot fait peur. Il y a à l’inverse, des mots qui transportent de joie parce qu’ils s’identifient avec le plaisir, le bonheur, l’amour, la tendresse. Dans la vie de tous les jours, nous sommes confrontés à des réalités concrètes. Pourquoi dissocierions-nous l’objet et les sons qui le désignent ? Ce serait déjà faire de la « philosophie », perdre le contact avec la réalité, et le bon sens nous convainc qu’un arbre est un arbre, tout comme un chat est un chat. Ce n’est guère qu’au moment où nous apprenons à lire qu’une distanciation va s’établir. Jusqu’alors, un arbre n’était pour nous que la vision d’un tronc surmonté d’un feuillage. On nous offre désormais un équivalent visuellement perceptible sous la forme d’arbre : cinq lettres successives que l’on perçoit vite comme un tout. C’est alors que, pour certains d’entre nous, la langue peut prendre une existence distincte de cele du monde tel qu nous le vivons. On ne s’étonnera donc pas que, pour beaucoup –ou devrais-je dire tout le monde, quelques originaux mis à part ? – la langue française s’identifie avec sa forme écrite. Cette langue dont, au cours de vos années d’école, vous avez tenté, non sans peine, de maîtriser l’orthographe, ne peut, bien sûr, s’identifier avec les écrit informes de débutants, voire les griffonnages des adultes. Elle n’a trouvé de forme respectable que dans les ouvrages des grands auteurs. Elle représente donc un idéal vers lequel nous devons tendre et qui restera, pour la plupart d’entre nous, inaccessible. C’est là qu’interviennent les linguistes, ces trouble-fête, chercher à vous convaincre que la langue existe avant qu’on l’écrive, qu’il y a donc une forme parlée de cette langue dont la forme écrite n’était, au départ, qu’un décalque. Mais ils vont plus loin. Avant de servir à penser, vous disent-ils, la langue vise à communiquer à autrui ce que nous ressentons et percevons, nos besoins, nos désires, nos exigences. Mais, alors, que devient cet idéal qu’on nous invitait à retrouver dan les monuments de la littérature ? Qu’on se tranquillise ! Une langue, et la langue française comme toute autre, c’est tout ensemble, les balbutiements de l’enfant, les audaces lexicales de l’adolescent, les échanges parlés de la ménagère et de son crémier, les discussions entre chercheurs ou philosophes, les prix littéraires de l’année. Tous ces emplois, même les plus humbles, ont des chances de laisser des traces dans son devenir. Elle est, d’autre part, tout ce que l’ont faite des siècles d’usages de tout ordre, des travaux des champs à la littérature, de la vie dans les camps à la diplomatie. Si l’on veut faire plus que la pratique, si l’on veut la connaître, la comprendre, il faut l’imaginer dans sa dynamique, celle d’hier et celle d’aujourd’hui, qui peut faire présager de son avenir. André Martinet : Linguiste
français (Saint-Albans-des-Villards, Savoie, 1908 — Châtenay-Malabry,
1999).
Un formidable livre d'histoire - et un livre formidablement amusant ! Pierrette Rosset - Elle Petite remarque perso : Un livre incroyable, on apprend, on sourit... Tout sur notre langue que l'on connaît sans connaître... Un cours de linguistique qui ressemble à un roman et jamais on ne s'ennuie ! Au contraire, on en redemande ! Un formidable voyage dans le temps avec les mots pour moyen de transports...
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