La
petite histoire de la tomme de Saint-Marcellin...
Le Saint-Marcellin
est en route pour l'AOC. Mais qu'on se le dise, il ne sera pas ridicule
au sein de la grande famille, loin de là...
Depuis son
origine, la "tomme de Saint-Marcellin" était réalisée
à partir du lait de chèvre. Des textes du XIIIe siècle
attestent l'importance des troupeaux de chèvres dans la région
de Saint-Marcellin. Les premières mentions historiques du fromage
Saint-Marcellin datent du XVe siècle. Le Dauphin Louis II, fils
de Charles VII et Gouverneur du Dauphiné, en consommait avec son
épouse Louise-Charlotte de Savoie au Château du Bouqueron.
La légende
rapporte que le futur Louis XI fit connaissance avec le Saint-Marcellin
après un accident de chasse en pleine forêt de Lente, à
la limite des Massifs du Vercors et du Diois. Il fut hébergé
par deux bûcherons, dans leur cabane en rondins, qui lui offrirent
du pain et du fromage de pays. Le Prince en fit moult éloges. Lorsqu'il
monta sur le trône de France sous le nom de Louis XI, il introduisit
le fromage sur la table royale. Celui-ci figure sur les livres de comptes
de l'intendance de Louis XI à Plessis-lès-Tours et au Louvre
à partir de 1461.
Un arrêt
de la Cour du Parlement de Grenoble vers 1730 règlement l'élevage
caprin pour un reboisement plus rapide des campagnes. Les troupeaux de
chèvres diminuent et les fermières rajoutent du lait de
vache. Plus tard, l'évolution des techniques agricoles développe
aussi l'élevage des vaches pour la production laitière.
Vers 1870,
l'essor du chemin de fer et la poussée urbaine changent l'organisation
des marchés. Des "ramasseurs" font des "tournées"
à dates régulières et livrent les Saint-Marcellin
aux grands centres voisins. Le début du XXe siècle voit
la naissance des fromageries et la disparition progressive du lait de
chèvre.
Les
ramasseurs
Le
ramassage se faisait à pied avec des paniers aux bras, puis avec
des voitures à cheval. Les fromages voyageaient dans des corbeilles
rectangulaires en osier tressé, entassés sur 5 rangs. Quelques
fromages étaient déjà pliés soigneusement
dans des feuilles de platane et de vigne. Les diligences se chargeaient
du transport. Puis avec l'avènement du chemin de fer, la création
du réseau PLM et d'une gare à Saint-Marcellin en 1864, les
ramasseurs se firent plus nombreux. Les paysans, encouragés, produisirent
de plus en plus de fromages.
A
Saint-Marcellin, les marchés très animés du samedi
et des jours de foire étaient l'occasion de rencontres. Il existait
alors une cinquantaine de cafés. Les ramasseurs s'installaient
sur la Place d'Armes ou aux abords du Champ de Mars. Les cafés
disposaient d'une "remise" attenante pour l'attelage du cheval
ou de la mule. Devant la demande de plus en plus accrue, certains ramasseurs
se mirent eux-mêmes à fabriquer les Saint-Marcellin en achetant
le lait aux fermiers.
La
dénomination
Rapidement,
la production se développe. Chaque ferme fabrique sa propre spécialité
selon le tour de main de la ménagère. Pour pallier aux inconvénients
de l'irrégularité de la grosseur et de la qualité
du fromage, les fabricants cherchent à le définir. Le décret
n°80-273 du 14 avril 1980, paru au Journal Officiel et confirmé
le 31 décembre 1988, en donne la définition. La dénomination
"Saint-Marcellin" est réservée à un fromage
de forme cylindrique à bords arrondis, d'un diamètre de
70 millimètres environ, de 20 à 25 millimètres de
hauteur, pesant au moins 80 g, fabriqué avec du lait de vache présuré,
à pâte molle, non malaxée, ni pressée, légèrement
salée, sans adjonction d'épices, d'aromates, présentant
des moisissures superficielles et renfermant au moins 40 g de matière
grasse pour 100 g de fromage, après complète dessiccation
et dont la teneur en matière sèche ne doit pas être
inférieure à 40 g pour 100 g de fromage.
Pour en savoir
plus sur les différentes étapes de la fabrication :
1 - Emprésurage
: la présure est ajoutée au lait pour obtenir le caillé.
2 - Moulage
: le lendemain, le caillé est moulé.
3 - Egouttage
: le fromage prend forme dans la faisselle. On récupère
le petit lait.
4 - Retournement-salage
: 3 h après, le fromage est salé sur une face et retourné.
5 - Démoulage-salage
: le surlendemain, le fromage est démoulé et salé
sur l'autre face.
6 - Séchage
et affinage : le fromage sèche et s'affine dans des hâloirs.
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