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Auteur Lao
She Avec une simplicité poignante traversée d'humour, un vieux Chinois raconte sa vie : abandonné par sa femme qui lui laisse leurs deux enfants, il a dû quitter son échoppe d'artisan pour s'engager dans la police où il est resté vingt ans avant d'être renvoyé. Il a assisté à la fin de l'Empire, au soulèvement des soldats, au changement de régime et aux premières années de la République. Les rues de Pékin prennent vie, toute une foule d'artisans, de commerçants, de policiers et de soldats s'anime dans les derniers feux d'un monde qui va disparaître. L'auteur de la grande fresque historique Quatre générations sous un même toit retrace dans cet émouvant récit le désarroi d'un homme vieillissant face au monde qui change
Cependant,
si j'ai changé subitement de profession, ce ne fut pas seulement
pour cette raison. Un homme seul n'a jamais empêché l'histoire
de tourner. Vouloir s'opposer au changement, c'est le pot de terre contre
le pot de fer. A lutter contre son temps, on épuise ses forces
et on ne fait que s'attirer des ennuis. En revanche, un pépin qui
vous arrive à vous tout seul est souvent beaucoup plus dur à
supporter : il peut vous rendre fou du jour au lendemain. Et quand on
en est à trouver normal de se jeter dans la rivière ou qu
fond d'un puits, il n'y a, ça va sans dire, rien d'étrange
à abandonner son métier pour en prendre un autre. En soi,
un événement qui ne touche qu'un individu est peu important,
mais lorsqu'il vous tombe sur le dos et que vous êtes seul à
le porter, il vous écrase : un grain de riz, c'est minuscule, et
pourtant, pour la fourmi qui le transporte, c'est une charge exténuante.
Pour vivre, on a besoin de respirer, mais lorsqu'il vous arrive un ennui,
on a le souffle coupé et on perd la tête. L'homme est une
si petite chose ! [Sa femme le quitte et part avec un de ses collègues de travail en lui laissant leurs deux enfants.] Je ne suis
pas non plus devenu neurasthénique ; Bien qu'il y eut effectivement
de quoi mourir de chagrin, je n'allais tout de même pas m'enfoncer
dans une pareille impasse. Etant par nature un homme plein d'entrain,
je me disais qu'à tant faire que de continuer à vivre, il
valait mieux ne pas perdre ma bonne humeur. Il est vrai que souvent un
grand malheur que l'on n'attend pas est capable de transformer du jour
au lendemain les habitudes et le caractère d'un homme ; mais dans
mon cas personnel, j'avais décidé de ne pas me laisser abattre.
Que ma joie fût vraie ou fausse, ça m'était égal
: l'important était d'être gai ! Lorsque j'étais apprenti,
je connaissais déjà le truc ; l'épreuve que je venais
de traverser e fit par conséquent que me renforcer dans l'idée
qu'il n'y avait pas d'autre attitude à avoir. Aujourd'hui encore,
alors même que je suis sur le point de mourir de faim, je suis toujours
en train de rire, je ris, sans bien savoir moi-me^me si ce rire est forcé
ou non, et je garderai le sourire tant que je ne serai pas mort. Mais
au fond de moi, même si je n'ai pas cessé depuis lors de
rendre des services et de me montrer utile, j'ai senti qu'il y avait un
vide. Quelque chose comme un trou laissé par une balle sur un mur.
(Pages 35/36) Petite remarque perso : J'ai lu ce petit livre sans parvenir à vraiment "accrocher"... Sans doute de ma faute. J'ai toujours tellement envie d'aimer les livres que je lis. Je me dis que peut-être une autre fois, dans quelques mois, je '"saurai" mieux l'apprécier. J'essaierai en tous cas ! Car l'histoire de cet homme aux prises avec les changements du monde était prometteuse...
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