Retour   

HISTOIRE DE MA VIE

Lao SHE

 

Liste alphabétique
Bibliothèque virtuelle

Fiche :

Auteur Lao She
Traduction Paul Bady , Li Tche-houa , Alain Peyraube , Martine Vallette-Hémery
Editeur Gallimard
Collection Folio 2 Euros
Nombre de pages 116 pages
Format 11 cm x 18 cm
ISBN 2070422089

Résumé :

Avec une simplicité poignante traversée d'humour, un vieux Chinois raconte sa vie : abandonné par sa femme qui lui laisse leurs deux enfants, il a dû quitter son échoppe d'artisan pour s'engager dans la police où il est resté vingt ans avant d'être renvoyé. Il a assisté à la fin de l'Empire, au soulèvement des soldats, au changement de régime et aux premières années de la République. Les rues de Pékin prennent vie, toute une foule d'artisans, de commerçants, de policiers et de soldats s'anime dans les derniers feux d'un monde qui va disparaître. L'auteur de la grande fresque historique Quatre générations sous un même toit retrace dans cet émouvant récit le désarroi d'un homme vieillissant face au monde qui change

 

Extrait :

Cependant, si j'ai changé subitement de profession, ce ne fut pas seulement pour cette raison. Un homme seul n'a jamais empêché l'histoire de tourner. Vouloir s'opposer au changement, c'est le pot de terre contre le pot de fer. A lutter contre son temps, on épuise ses forces et on ne fait que s'attirer des ennuis. En revanche, un pépin qui vous arrive à vous tout seul est souvent beaucoup plus dur à supporter : il peut vous rendre fou du jour au lendemain. Et quand on en est à trouver normal de se jeter dans la rivière ou qu fond d'un puits, il n'y a, ça va sans dire, rien d'étrange à abandonner son métier pour en prendre un autre. En soi, un événement qui ne touche qu'un individu est peu important, mais lorsqu'il vous tombe sur le dos et que vous êtes seul à le porter, il vous écrase : un grain de riz, c'est minuscule, et pourtant, pour la fourmi qui le transporte, c'est une charge exténuante. Pour vivre, on a besoin de respirer, mais lorsqu'il vous arrive un ennui, on a le souffle coupé et on perd la tête. L'homme est une si petite chose !
Ma guigne à moi aura été d'être astucieux et gentil avec les gens. A première vue, ça peut paraître invraisemblable : c'est pourtant absolument vrai, je le jure. Si ça ne m'était pas arrivé à moi-même, jamais je n'aurais cru la chose possible. Mais voilà, c'est bien sur moi qu'elle était tombée. Sur le coup, j'ai cru vraiment devenir fou. Maintenant que vingt ou trente ans se sont écoulés, quand j'y songe, ça me fait plutôt sourire, comme s'il s'agissait tout bonnement d'une fable. Mais j'ai compris à présent que les qualités qu'on peut avoir ne vous profitent pas nécessairement. Car il ne suffit pas qu'un homme soit bon, il faut que les autres le soient aussi, si on veut que cette bonté serve à quelque chose; Lorsque tel est le cas, on est comme un poisson dans l'eau. Mais dans le cas contraire, quand la méchanceté et générale, la bonté ne sert qu'à attirer les emmerdements. A quoi bon alors être malin et aimable ? Maintenant que j'ai compris cette vérité-là, au souvenir de ce qui s'est passé, je préfère hocher la tête avec un sourire. En fait, sur le moment ce fut plutôt dur à digérer, mais il faut dire qu'à l'époque je n'étais pas bien vieux. (…)

[Sa femme le quitte et part avec un de ses collègues de travail en lui laissant leurs deux enfants.]

Je ne suis pas non plus devenu neurasthénique ; Bien qu'il y eut effectivement de quoi mourir de chagrin, je n'allais tout de même pas m'enfoncer dans une pareille impasse. Etant par nature un homme plein d'entrain, je me disais qu'à tant faire que de continuer à vivre, il valait mieux ne pas perdre ma bonne humeur. Il est vrai que souvent un grand malheur que l'on n'attend pas est capable de transformer du jour au lendemain les habitudes et le caractère d'un homme ; mais dans mon cas personnel, j'avais décidé de ne pas me laisser abattre. Que ma joie fût vraie ou fausse, ça m'était égal : l'important était d'être gai ! Lorsque j'étais apprenti, je connaissais déjà le truc ; l'épreuve que je venais de traverser e fit par conséquent que me renforcer dans l'idée qu'il n'y avait pas d'autre attitude à avoir. Aujourd'hui encore, alors même que je suis sur le point de mourir de faim, je suis toujours en train de rire, je ris, sans bien savoir moi-me^me si ce rire est forcé ou non, et je garderai le sourire tant que je ne serai pas mort. Mais au fond de moi, même si je n'ai pas cessé depuis lors de rendre des services et de me montrer utile, j'ai senti qu'il y avait un vide. Quelque chose comme un trou laissé par une balle sur un mur. (Pages 35/36)

Critique/Presse :

Petite remarque perso : J'ai lu ce petit livre sans parvenir à vraiment "accrocher"... Sans doute de ma faute. J'ai toujours tellement envie d'aimer les livres que je lis. Je me dis que peut-être une autre fois, dans quelques mois, je '"saurai" mieux l'apprécier. J'essaierai en tous cas ! Car l'histoire de cet homme aux prises avec les changements du monde était prometteuse...

 

Haut de la page