INISHOWEN

Joseph O'Connor

 

 
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Fiche :

Auteur Joseph O'Connor
Traduction Pierre Masquart , Gérard Meudal
Editeur Phebus
Collection D'aujourd'hui Etranger
Nombre de pages 448 pages
Format 14 cm x 21 cm
ISBN 2859407367
Prix : 22,71 E/ 149 FF

Résumé :

"Rencontre miraculeuse : Il y avait une chance sur des millions pour qu'ils se rencontrent. Ellen Avery vit dans la banlieue chic de New York. Son mari, chirurgien esthétique, a des doigts en or et un revenu en conséquence. De son côté, elle enseigne la littérature anglaise. A quarante-six ans, elle apprend qu'un cancer du pancréas la tuera avant la fin de l'année. Comment passer ces derniers mois qu'il lui reste à vivre? En tentant de retrouver ses origines, et cette mère qui l'a abandonnée au fin fond de l'Irlande, à Inishowen, alors qu'elle n'avait que quelques heures.L'inspecteur Martin Aitken travaille à Dublin où son caractère de cochon ne lui vaut pas que des amis. Policier courageux qui n'hésitait pas à traquer la mafia, il a été brisé par la mort de son fils (meurtre ou accident, on l'ignore) huit ans auparavant. Aujourd'hui, il noie son chagrin et sa solitude dans le whisky et a perdu du galon. Il était donc peu probable que les routes d'Ellen Avery et de Martin Aitken se croisent, et encore moins qu'ils tombent amoureux. Et pourtant... Par la grâce du superbe roman de Joseph O'Connor qui, non seulement réussit à nous emporter dans cette improbable histoire d'amour, mais en plus à nous la rendre évidente, Ellen et Martin vont tenter de recoller leurs cœurs brisés et d'apaiser leurs tourments mutuels.A son arrivée à Dublin, épuisée par ce voyage qui ressemble à une fugue puisqu'elle n'a prévenu personne de son départ, Ellen s'évanouit. Comme elle ne porte aucun passeport sur elle, la police intervient. Première et brève rencontre entre Ellen et Martin. Remise de son malaise, elle quitte l'hôpital sans prévenir personne. Martin la recherche et la retrouve au bar d'un hôtel. Deuxième rencontre, qui se prolonge cette fois en un long périple puisque tous deux décident de partir à Inishowen. Ellen pour faire connaissance avec sa mère, Martin pour se recueillir sur la tombe de son fils enterré dans ce petit port du nord de l'Irlande". Pascale Frey - Lire, juin 2001

 

Extrait :

Il se demanda, dans son for intérieur, s'il ne souhaitait pas qu'elle revienne. Est-ce qu'il n'y avait pas un peu de ça dans ce fantasme qui consistait à se rendre tous les deux sur la tombe de leur fils ? Est-ce qu'il voulait la voir craquer et pleurer dans ses bras ? L'entendre lui avouer qu'elle n'avait jamais aimé quelqu'un d'autre ? L'emmener dans un hôtel et monter directement dans la chambre ? L'écouter dire qu'il était un bien meilleur coup au pieu que Morris ? Dieu tout puissant, est-ce que c'était ça, le sommet de son ambition ?

Il ne pouvait nier qu'il avait été jaloux, en particulier les premiers mois qui avaient suivi la séparation. L'imaginer en train de parler et de rire avec un autre lui décochait une décharge électrique en plein cœur. L'idée qu'elle pût faire l'amour avec quelqu'un d'autre lui était insupportable. Il en rêvait. Parfois des nuits entières. Il se réveillait fébrile, au bord des larmes, éprouvant une irrésistible envie d'elle –c'est ce qu'il se disait, mais il n'était pas dupe : même à cette époque-là il savait bien que sous le besoin et l'envie se cachait leur petite sœur de lait à l'âme noire, la jalousie dévorante. Mais cela avait fini par passer avec le temps. On ne va pas contre le destin, et puis le père Noël n'existe pas. Sa femme s'envoyait en l'air avec un morse alcoolo d'extrême droite. C'était étonnant, les trucs auxquels on finissait par d'habituer.

Il prit sa voiture garée devant le commissariat, et décida d'aller faire un tour dans un coin tranquille. Descendre à Glendalough ou aller dans les montagnes. Se balader un petit moment en se fumant quelques joints. Il était mal à l'aise, nerveux et indécis. Il savait par expérience que son comportement pouvait virer à l'aigre. S'il ne parvenait pas à reprendre les choses en main, il sombrerait dans la déprime. Dans les moments comme celui-là il avait l'impression de mener une bataille. Un combat presque physique pour ne pas perdre pied et garder le contrôle de lui-même. Il se mit à respirer profondément pour avaler cette nausée qui s'était emparer de lui. "Retiens-la, retiens-la", se répétait-il. Puis cette envie d'ouvrir grand la bouche et de hurler finit par s'évanouir. Il regarda l'horloge qui clignotait sur le tableau de bord. Il était déjà presque trois heures et demie. Dans peu de temps il aurait tordu le cou à un autre jour, il pouvait songer à s'éclipser discrètement et à rentrer chez lui pour se glisser entre les draps. Ais d'abord il devait quitter la ville, encore fallait-il qu'il en fût capable. (Pages 247 – 248)

 

Critique/Presse :

"Joseph O'Connor nous plonge dans ce pays coupé en deux, bien loin des verts et romantiques paysages du Taxi mauve, où passer une frontière intérieure (nous sommes en 1994), surtout la nuit, relève de la mission kamikaze. Ce récit est doté de toutes les vertus: belle écriture, art de la narration, trouvailles romanesques et irrésistible suspense. " Pascale Frey - Lire, juin 2001

"Un roman au ton délibérément brut qui donne à Joseph O'Connor la carrure d'un écrivain confirmé." L'avis de la Fnac

L'éditeur : "Joe O’Connor, qui passe désormais pour l’un des trois ou quatre romanciers les plus sûrs de la nouvelle littérature irlandaise, a une manière bien à lui de dynamiter les apparences : à son service un mélange explosif de réalisme brutal, d’humour ravageur - et de compassion sans limites. La presse anglo- saxonne a applaudi ce roman, qu’elle a mis d’emblée sur le même plan que Desperados - l’autre maître-livre de Joe O’Connor" :

“A hefty, vigorous book, its geographic sweep and humane empathy place it in the territory of Brian Moore.” –Sunday Times

“Comic and tender...it keeps you guessing all the time.” –Maeve Binchy, Woman and Home

“Entertaining...Black comedy...An energetic caper.” –The Times

L'avis des internautes :

"Les adeptes de la revue « Gala » seront déçus, car ce livre qui parle d’une histoire d’amour est bien loin des récits princiers et divorces à la Tom Cruise/ Kidman. Non, le récit de Joseph O’Connor nous touche, nous émeut car il est vrai et oublie de banaliser comme beaucoup de romans actuels les sentiments que connaît tout être humain, confronté aux écueils de la vie comme à celui de la mort.L’histoire est celle d’une femme Ellen, mariée à un chirurgien de renom. Elle a deux enfants, elle a de l’argent, elle vit à New York, elle travaille, elle est trompée par son mari avec des minettes plus jeunes qu’elle… Bref, elle fait comme des millions d’entre nous, elle traverse la vie ou plutôt elle se laisse porter par la vie sans vraiment y trouver une place. Un jour, le cancer la rattrape et se retournant sur son passé, elle ne voit que désert et rendez-vous manqué. Elle se sent seule, elle meurt de l’intérieur… « Je sens la mort. Ma sueur pue la Mort. Le soir, je redoute l’instant où je dois les embrasser de peur que mes enfants ne sentent dans mon haleine la pourriture qui me ronge ».Pour ces derniers instants de vie, elle veut retrouver sur les terres de Dublin, à Inishowen, les traces d'une mère qui l’a abandonné 46 ans plutôt… Au cours de ce dernier voyage, en quête de sens, elle trouvera refuge après de Martin, inspecteur de police, blessé par la vie et la perte de son fils. Histoire d’amour banale, me direz vous ? Non, une histoire d’amour qui donne des frissons ; une écriture qui nous trouble et cela fait du bien."
Ecrit par : Cocagne | Publié par : jeric

Petite remarque perso : Une histoire qui commence comme beaucoup d'histoires. Une renconre improbable, des personnages un peu "égarés", aux prises avec leurs propres difficultés. Un pays qui ne se laisse jamais oublier avec ses problèmes propres. Et puis la magie. Oui, la magie, la pureté d'une relation extra-ordinaire, en deux mots, au-delà du quotidien. Simplement une histoire d'amour. Enfin non, pas simplement.

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