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'Nuit et Brouillard'. La vie du hongrois Imre Kertesz pourrait se résumer au titre du documentaire d'Alain Resnais. Né en 1929 dans une famille juive, il n'a que 15 ans quand, déporté, il est prisonnier dans les camps d'Auschwitz, puis de Buchenwald. Libéré de la nuit nazie en 1945, il ne voit le jour que quelques années. Employé au quotidien 'Villagossag' à partir de 1948, il en est en effet licencié 3 ans plus tard, quand son pays se trouve plongé dans le brouillard stalinien. D'abord traducteur d'écrivains classiques (parmi lesquels Nietzsche, Canetti et Freud), il écrit ensuite plusieurs romans, très fortement autobiographiques : dans 'Etre sans destin' (publié en 1975 en Hongrie, et 1997 en France) il décrit, avec un recul glacial (la rédaction du livre lui prendra plus de 10 ans), le quotidien des camps. En 2002, il devient le premier écrivain hongrois à recevoir le Prix Nobel de littérature. Ses autres petites flammes dans la nuit sont 'Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas', 'Un autre' et 'Le refus'. Puissent elles encore briller longtemps, comme témoignages de ce que fut et fit la Barbarie au XXe siècle. (Sources : EVENE) Quelques dates : 9 novembre 1929 : Imre Kertész naît dans une famille juive de Budapest. Son père, marchand de bois d’ameublement, et sa mère, petite employée, procurent une vie modeste à la famille. 1944 : A l’âge de quinze ans, il est déporté à Auschwitz-Birkenau puis à Zeitz, près de Buchenwald. 1945 : Il est libéré et rentre à Budapest, devenue pour lui une ville étrangère. Tous les membres de sa famille ont disparu. Il travaille un temps comme journaliste pour un quotidien de la capitale. 1951 : Il est licencié quand le journal devient un organe du Parti communiste. 1952 : Il travaille dans une usine avant de rejoindre le département presse du ministère de l’Industrie. 1953 : Il est à nouveau congédié. Il écrit des pièces de théâtre. «J’avais pris la décision de devenir écrivain à 25 ans. Je n’avais aucune formation. Ma plus grande expérience a été Camus, il m’était totalement inconnu quand j’ai feuilleté L’étranger dans une librairie. Le titre m’intéressait, en hongrois c’était Indifférence. J’ai senti que ce livre avait été écrit pour moi.» 1975 : Il publie son premier roman, Etre sans destin, grâce à Pal Réz, un traducteur de grande renommée. Il aura mis dix ans à le rédiger. Etre sans destin raconte l’histoire de Kijves, jeune homme déporté dans des camps de concentration. «Quand je pense à un nouveau roman, je pense toujours à Auschwitz.» Son livre sort dans l’indifférence générale. 1989 : Avec la chute du mur de Berlin, la reconnaissance vient de l'Allemagne et de la France. 1995 : Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, est son premier livre traduit en français par les éditions Actes Sud. 1998 : Actes Sud traduit Etre sans destin en France. 2001 : Il est accueilli au Collège des sciences, un institut de recherches privé situé à Berlin. 2002
: Il reçoit le prix Hans Sahl (intellectuel antinazi exilé
aux Etats-Unis) du Cercle des auteurs allemands pour l’ensemble
de son œuvre. Le lendemain, le 10 octobre, il apprend à la
radio, alors qu'il est à Berlin où il enseigne et met la
main à son prochain ouvrage, Liquidation, qu’il est le lauréat
2002 du prix Nobel de littérature. Il vit entre Berlin et Budapest,
participe à de nombreux colloques et collabore au journal Die Zeit.
Oeuvres traduites en français : Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas : roman / trad. du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba. – Arles : Actes Sud, 1995. – Traduction de: Kaddis a meg nem született gyermekért Etre sans destin : roman / trad. du hongrois par Natalia et Charles Zaremba. – Arles : Actes Sud, 1997. – Traduction de: Sorstalanság Un autre : chronique d’une métamorphose / trad. du hongrois par Natalia et Charles Zaremba. – Arles : Actes Sud, 1999. – Traduction de: Valaki más : a változás krónikája Le refus
: roman / trad. du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai ; en collab. avec
Charles Zaremba. – Arles : Actes Sud, 2001. – Traduction de:
A kudarc |
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