Un chacal, des chamots ?
UN CHACAL, DES CHAMOTS ?
Du début :
(Ca s’est passé comme ça, ça s’est peut-être passé comme ça) (Ca a commencé comme ça, ça a réellement commencé comme ça)
Quoique le début
Cependant le début
Pourtant le début
Nonobstant le début
Aussi le début…
Néanmoins
Néanplus
Tellement quellement que…
S – Au début au commencement à l’orée des temps il était sans doute une fois à l’origine : rien (Elle sort, elle est repoussée sur scène)
S – Au début, au commencement, à l’orée des temps, il y a eu un cri un cri qui s’est concentré et qui a explosé et c’est comme ça que ça a commencé
R – Au commencement Dieu créa le verbe parce qu’avant, il n’y avait qu’un adjectif
J – Au tout début, la langue est venue comme un vent, elle est entrée dans l’oreille, elle est descendue dans le foie, elle s’est assise, et elle est sortie par la bouche
R – Au commencement les bêtes et les plantes parlaient. L’homme a mangé les bêtes, il a mangé les plantes et leur a pris la parole. Mais parfois il rend sa langue au chat et parle une langue de bois.
J – Le début c’est un bébé qui a tendu les lèvres pour dire manger ma maman
R – Ca a aussi commencé parce que ça faisait moins mal de parler que de grogner
S – Au début, on a voulu faire comme le coucou, comme le loup, comme le tonnerre, comme le torrent, comme le chacal, comme l’écorce, comme le volcan, comme le singe, comme le grillon…
J – Au début : on a voulu imiter celui qui avait commencé mais qui avait commencé ?
Hymne au flou
S
– Mais au tout tout début il y avait ça (le poing) puis ça (les
doigts se divisent en deux) puis ça (les doigts font quatre)
puis ça (les doigts font huit) puis ça (les doigts font la multitude)
alors il y a eu ça (tous les trois font la transformation de l’homme
puis les doigts font le larynx et un cri sort puis un chant puis un rapprochement)
S – Ca a réellement commencé quand on a pu le savoir
J – Dès le début il existe des liaisons étroites, des fusions, des coalescences, des contacts vélaires, des contacts apicals ou –caux ? On ne sait plus très bien si les groupes (consonnantiques) sont finauds ou non, mais de glissements en relèvements dorsaux le groupe entier peut être impulsif. Les sonores et les sourdes s’assourdissent se spirantisent, il y a les entravées, les isolées, les ouvertes, les fermées, les conditionnées. Il y a les labiales, les bi(-labiales), les labiodentales, les chuintantes et les affriquées, il y a les toniques et les finales absolues…
R – Au début… ou plutôt aujourd’hui, il y a des milliers de langues qui sont les filles ou sœurs ou cousines de langues comme l’allemand, l’anglais, l’arabe, l’arawak, l’australien, l’avestiques, le birman, le bole, le brahoui, le carrier, le chinois, le danois, le dinka, le douala, l’espagnol, le finnois, le français, le gana, le gothique, le grec, le groenlandais, le haoussa, l’hebreu, le hongrois, l’irlandais, l’italien, le japonais, le ket, le kot, le kung, le lituanien, le massaï, le mbundu, le miao, le micmac, le nama, le nandi, le navajo, l’ojibwa, le papago, le pied-noir, le pipil, le piro, le polonais, le portugais, le resigaro, le roumain, le russe, le sanskrit, le swahili, le tamazigh, le tamil, le tibétain, le turc, le yao, le youkaghir, le yupik, le zoulou, mais elle-mêmes sont les petites filles de l’afro-asiatique, l’altaïque, l’amérindien, l’austro-asiqtique, l’autronésien, le daïque, le dravidien, l’eskimo-aléoute, l’indo-européen, l’indo-pacifique, le Khoisan, le na-déné, le nigéro-khordofanien, le nilo-saharien, l’ouralien, le sino-tibétain, le tchouktchi-kamtchatkien, qui sont elles-mêmes les petites-filles de l’austrique, du congo-saharien, du nostratique, qui sont elles-mêmes les arrières petites filles de la langue originelle, appelée pour l’instant : proto.
Arrivée de J et S avec l’échelle
S - Tout comme ascendant, descendant, escalier, scander, scandale, Echelle est un dérivé de la racine indo-européenne skand qui signifie monter.
J - Tout a commencé chez la grenouille. C’est de ce charmant petit être que nous vient notre langage. Nos grenouilles parlent notre langue, nous avons noté le cris : coaque, coèque, quéquète, que re r’ai haut, cara, cara, cate, cate, et aussi couique. On leur attribue : ololo, brekekex que nous n’avons pas entendu. Qu’ai haut co = vient. C’est le co ; origine de encore. J’ai co, as-tu co etc. Rien de plus familier. A que = au cul, en arrière. Co ac vaut encore accède, c’est un appel à la coaction, et le mâle y obéit, coèque dit la même chose, c’est l’origine de co-exister et aussi de quoique. Coaque, coèque, quoique, valaient : viens encore, et on demandait quoi que tu veux ? Le cri quéquète est un appel dans les prés fleuris et dit : qu’ai quète = viens chercher . On en dit qu’elle demande une quéquète. Le petit enfant a une quéquète, le dictionnaire ignore son nom ; la grenouille n’en a pas.
S (J et R illustrent son histoire) – Le début, c’était il y a très longtemps, quand les hommes se séparèrent en deux. Il y eut ceux qui vendaient des chameaux, toujours plus de chameaux sur les marchés du tigre et de l’Euphrate, et qui pour pour pouvoir les compter, marquaient avec des petites traces en forme de coins des tablettes d’argile, inventant ainsi l’Ecriture. De ce jour, ceux-ci entrèrent dans l’Histoire, commençaient à grimper l’échelle du temps en regardant de plus en plus de haut les autres, ceux qui étaient restés avec le chacal dans le désert, qui ne savaient pas écrire mais seulement dessiner sur le sable, ceux qui parlaient encore avec des mots magiques et longs comme des chansons, ceux-là entraient alors dans la préhistoire.
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