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Liste
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Auteur Philippe
Besson
Présentation de l'éditeur : Elle a grandi dans l'ombre de son frère aîné, surdoué scandaleux. Lorsqu'il a choisi de s'enfuir, elle a appris l'absence et le manque. Aujourd'hui, l'exilé volontaire est de retour de ses lointains voyages et il la réclame. Il ne lui propose que des jours fragiles, fébriles. Elle accepte sans réfléchir. Empêtrée dans ses frayeurs, guidée par un infatigable espoir, Isabelle Rimbaud est enfin prête, à trente ans, à cheminer aux côtés d'Arthur vers l'irréparable.
C’est quoi, être un homme,
Arthur ? Evoquerait-il
la figure triomphante de l’adolescent, cette grâce tranquille
et magnifique, cette assurance sans arrogance, l’éclat de
ses seize ans ? Devient-on un homme lorsque l’armature se déploie,
et que la sensualité soudain déborde ? Un homme est-ce ce qu’il laisse, ce qu’il lègue ? (…) Est-on la
somme de ses peurs, de ses rancunes, de ses chagrins, de ses souffrances
? Ou celle de ses étreintes, de ses abandons, de ses désirs,
de ses plaisirs ? Ou les deux ? (Pages 123-124)
Avec Les
jours fragiles, le romancier Philippe Besson poursuit son œuvre sensible,
comme elle vibrait entre les pages de L'arrière-saison ou de Son
frère. Prêtant voix à Isabelle Rimbaud pour dire l'agonie
d'Arthur rentré d'Afrique, il cisèle les relations entre
les êtres, sonde les abîmes d'incompréhension de la
sœur face aux amours garçonnières d'Arthur, à
son insatiable liberté, et à ses fulgurances. Les derniers
jours du poète s'effritent donc entre les pages du journal intime
d'Isabelle, qui suit, de loin, l'amputation de son frère à
Marseille, avant que celui-ci ne la rejoigne sur sa terre natale, ne lui
confesse son existence, n'expire à ses côtés. Et ce
filet de vie qui s'épuise donne lieu à un intense récit,
âpre et maîtrisé. Clémence Boulouque Lire,
septembre 2004 Petite
remarque perso : Après Un garçon d'Italie
: Les jours fragiles. Philippe Besson "façonne" un corps souffrant, mutilé déchu. Les mots quittent le simple registre de la description et la chair meurtrie d'Arthur, le corps asséché d'Isabelle, dans leurs solitudes rassemblées, se rapprochent. Ces deux corps qui portent des blessures différentes, se penchent l'un vers l'autre. Maladroitement parfois, mais le lecteur comprend très vite que seule la mort finira par les séparer dès lors qu'ils se sont retrouvés pour cheminier ensemble vers ce crépuscule où le petit jour ressemblera trop à la nuit. Vies brisées sur lesquelles pourtant se pose une lumière étrange qui aurait presque pu ressembler à de l'espoir. L'auteur n'affirme rien, souvent, il questionne, à travers Isabelle. Il ne perce aucun mystère, il s'approche un peu, il tend sa main... et Isabelle la pose sur le frond fiévreux du poète... |