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LES HOMMES EN GENERAL ME PLAISENT BEAUCOUP
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Auteur Véronique
Ovaldé Amazon.fr : Le barrissement de l'éléphant, les criailleries aiguës des singes, les hurlements des coyotes, des froufrous affolés de plumes, des terreurs et des cauchemars de bêtes, une girafe au long cou, une vieille dame gorille, des loups pelés encore... Tel est l'univers qui s'agite au-delà de la fenêtre de Lili, la narratrice. Un zoo à côté duquel elle vit, en compagnie de Samuel, professeur de dessin, dans une tranquille sérénité de jeune couple. Jusqu'au jour où elle semble apercevoir un fantôme sous un acacia. Un spectre chargé de souvenirs, qu'elle reconnaît fébrilement : Yoïm, son premier amant, formidable machine à allumer, consumer, écraser. Le spectre devient réalité, en chair et en os, et avec lui surgissent alors dans la conscience et la mémoire l'épreuve du manque et l'attraction sexuelle, avec lui remonte le temps : la mort de la mère, l'absence du père, les premiers émois à l'orée de l'adolescence, l'abandon de soi pour un homme mûr qui a fait de Lili son objet sexuel, soumis, manipulé, vendu parfois, à l'envi. Fnac.com : Véronique
Ovaldé a une prédilection pour les héroïnes
qui se situent aux marges de la folie et tentent désespérément
de garder leur fragile équilibre. Après la pré-adolescente
miraculée de la petite île de Koukdjuak (in "Toutes
choses scintillant"), elle campe dans" Les hommes en général
me plaisent beaucoup "une jeune femme de vingt-trois ans qui vit
entre le réel et l'ailleurs, le passé et le présent,
la vie éveillée et des images fantomatiques surgies de son
cerveau tourmenté. Un peu plus de cinq ans après sa sortie
de prison, Lili tente de gérer ses insomnies aux côtés
de Samuel, son protecteur et amant, tout comme elle s'efforce d'oublier
son enfance malmenée, son père nazi, la mort de sa mère,
la disparition de son petit frère ainsi que sa rencontre avec Yoïm,
le gangster à la petite semaine qui l'a dépucelée
et envoyée en prison. Si la vie, grâce à Samuel, semble
avoir pris une apparence à peu près normale, Yoïm l'a
retrouvée et la spirale infernale de la dépendance se referme
sur elle. Entre drogue et sexe, Lili comprend qu'elle court définitivement
à sa perte si elle ne parvient pas à se libérer.
"Suis-je encore dépendante ? C'était la question que
je me posais chaque matin. Suis-je encore dépendante ? Je m'interrogeais
comme j'aurais pu me demander : ai-je encore mal au genou ? et puis juste
après, presque simultanément, je grimaçais. Oui,
j'ai encore mal au genou." Avec ce récit tout aussi surprenant
que son personnage, Véronique Ovaldé explore la complexité
d'un destin féminin. C’est le silence qui m’a réveillée cette nuit-là. Un silence bruissant, un silence de ville avec tous les moteurs de nos intimités, le ronronnement des mécaniques, le bourdonnement des moustiques et le choc des ailes de la mouche contre la vitre. J’entendais la rue et le chuintement des pneus, les sirènes lointaines et les milliers de grésillements des télés d’insomniaques, j’entendais l’eau qui claquait dans la douche et les messages qui s’enregistraient dans le secret des câbles téléphoniques, qui traversaient mon espace alentour, qui me traversaient pour passer leur chemin. J’écoutais la nuit d’été qui palpitait irrégulière. Mais ce qui’ m’a réveillée, c’est qu’aucun bruit ne dépassait de cette vibration. Normalement, j’entends les animaux. J’entends les animaux du zoo qui vivent leur vie nocturne et mystérieuse. Et là, il n’y avait plus rien. Le barrissement de l’éléphant, les criailleries aiguës des singes et les hurlements des coyotes perçaient habituellement mes nuits. Il aurait dû y avoir aussi des froufrous affolés de plumes, des terreurs et des cauchemars des bêtes ; je les entendais normalement, je participais à leurs commerces nocturnes et là, plus rien, rien d’autre qu’une nuit d’été, rien d’autre que le bruit réflexe du monde. « Où sont les animaux ? », je l’ai dit, je crois, mais ça n’a pas réveillé Samuel, alors je l’ai sans doute pensé, je me suis assise dans mon lit, il faisait clair, mais je ne savais plus si c’était la pleine lune ou juste la pâleur électrique des réverbères. Je me suis levée et je suis allée à la fenêtre ouverte, j’ai libéré la mouche engourdie en agitant le rideau, j’ai respiré l’odeur de la ville –odeur plus fraîche comme lavée, toute propre et parfumée, une odeur plus fraîche que celle du jour – mais je n’ai toujours pas entendu les animaux. J’apercevais les grilles du zoo de ma fenêtre et le grand rocher aux singes, j’apercevais aussi le haut de la volière. Je suis restée un moment à attendre qu’ils se réveillent, je me suis dit, peut-être que chaque nuit il y a une heure où les animaux se taisent, peut-être ne l’ai-je simplement jamais remarqué. J’ai attendu qu’ils se réveillent. J’étais là, immobile, l’œil fixe sur le jardin, l’épaule contre le montant de la fenêtre, me rendormant déjà, debout pourtant, mais l’esprit déjà s’éloignant et se ralentissant, peinant à s'ordonner, quand tout à coup je les ai vus passer. Ce fut la
girafe d’abord dont j’ai vu le long cou chalouper au-dessus
de la haie ; j’ai enjambé la fenêtre et je me suis
approchée en piétinant l’herbe mouillée. Ils
étaient tous là, ils passaient dans la rue déserte
baignée de lumière molle, ils passaient, mes animaux, les
tout petits encerclés par les plus gros, certains y courant, d’autres
flânant plutôt, il y avait le couple d’éléphants
et les loups pelés, les tatous et les bébés tatous,
il y avait tous les singes et Wanda la vieille dame gorille –c’était
écrit sur le panneau de la grille-, il y avait des bestioles dont
je ne connaissais pas le nom et le merveilleux okapi qui avançait
lentement –j’avais toujours aimé sa tristesse singulière
-, il y avait les chats sauvages, les zèbres, et les vautours,
aussi qui volaient au-dessus de toute cette cérémonie. Je
me disais, c’est si beau, c’est tellement beau, et je le murmurais,
accroupie derrière la haie, un peu effrayée sans doute,
dodelinant légèrement dans l’humidité et sentant
mes pieds s’enfoncer dans la terre meuble. Je voyais tous les animaux
passer dans un silence de songe. J’ai pensé, ils se taisent
pour n’alerter personne, ils se sauvent, les animaux se sauvent
et je me suis mise à rire tout doucement pour ne pas qu’ils
m’entendent et viennent me dévorer, je riais derrière
la haie et je me disais, peut-être font-ils cela chaque nuit et
reviennent-ils au petit matin, et j’entourais mon corps de mes bras
et riais tout doucement. Puis ils ont tourné le coin de la rue,
je suis retombée le cul dans l’herbe, dérangeant les
derniers vers luisants, et j’ai continué à rire et
à frissonner de plaisir. (Début du roman)
Au-delà du désir, Les hommes en général me plaisent beaucoup (à la fois titre et confession de la narratrice à l'intérieur de son récit) est tout entier porté par la sensualité. Et c'est aux confins de la folie que se jouera le destin de Lili, entre l'emprise et l'empreinte, l'insurrection et la résignation. Un balancement chaleureux, brûlant, remarquablement écrit par son auteur. --Céline Darner Amazon.fr Avec ce récit tout aussi surprenant que son personnage, Véronique Ovaldé explore la complexité d'un destin féminin. (L'avis de la Fnac) Petite remarque perso : L'histoire commence doucement, et l'on se laisse aller au ouaté de l'atmosphère : un gentil petit couple, de la tendresse. Et puis, au fil des phrases, la surprise de quelques mots crus, tout à fait incongrus dans le style. Mais la première impression s'effiloche, les mots se précisent. L'évolution se fait lentement, page après page. Les personnages petit à petit prennent corps, et l'on pénètre dans l'univers de la jeune femme, et l'on vit sa dérive de l'intérieur, et l'on devient Lili. Elle nous révèle ses zones d'ombres. Elle nous raconte son drame. Un roman fort, d'une force particulière qui n'est jamais loin de la folie, mais de cette folie que l'on comprend, qui est peut-être déjà en chacun de nous.
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