De
juillet 1943 à octobre 1945 Barbara vécut à Saint-Marcellin
avec sa famille.

En 1968 Barbara
est revenue à Saint-Marcellin. Rentrée à Paris elle
compose Mon enfance en souvenir du temps de sa jeunesse qu'elle a passé
dans cette ville. Elle relate cette période de sa vie dans son
livre paru après sa mort, Il était
un piano noir - Récit inachevé.
En
1998, la municipalité a décidé de donner le nom de
Barbara à un square de la ville. Puis a germé l'idée
d'organiser une série de manifestations autour de Barbara.
En 2002, Marie-Paule Belle est
venue interpréter les chansons de Barbara.
En 2004, ENZO ENZO a participé au festival Barbara et a
donné un concert le Samedi 5 juin à 20h45 au Forum
En 2005, Hubert-Félix Thiéfaine était en
vedette au festival Barbara.
En 2006, Maxime Le Forestier est venu proposer son 2ème cahier
des chansons de Brassens et Romain Lemire, le lendemain,
a interprèté ces chansons qui nous avaient charmées l'an
dernier, lors de la première partie de Thiéfaine.
Extrait
de Il était un piano noir :
… « Nous allons quitter Chasseneuil pour nous rendre à Grenoble
; très bref séjour durant lequel mes parents cherchent un
collège pour mon frère ; ce sera le même que pour
moi.
C’est ainsi qu’à l’été 43, nous
débarquons à Saint-Marcellin, à proximité
du Vercors, haut lieu de la Résistance.
C’était difficile de passer inaperçus lorsque nous
arrivions dans une nouvelle localité. Nos parents nous recommandaient
de ne rien dire de notre vie.
Ne rien dire, avec cette différence physique et l’arrogance
avec laquelle je disais, justement, que j’étais juive…
« - Oui et alors… ? »
Et alors ? je n’avais ni honte ni fierté particulière
d’être juive, mais le fait de lire ma singularité dans
le regard des autres me rendait agressive. (…)
Nous habitons pour l’heure Saint-Marcellin. C’est joli, Saint-Marcellin,
avec cette longue grande rue, lieu de rassemblement et de déambulation
de toute la jeunesse, une longue artère montée et descendue
avant et apèrs les heures de cours.
C’est joli, Saint-Marcellin, le dimanche, à la sortie de
la messe, quand nous allons nous gaver de petites barquettes aux cerises
chez Monsieur Rivol, le pâtissier.
Nous nous installons très vite dans une villa dotée du premier
jardin dont je me souvienne. Il y a des dahlias géants, fauves.
Face à la ville, de l’autre côté du chemin,
un coteau. Au milieu du coteau, un immense noyer, puis, plus haut sur
la gauche, des sarments de vigne.
Venue du couvent voisin, de jeunes religieuses glanent, fauchent et prient,
légères, à l’heure de l’angélus.
Après, nous les regardons se disperser comme un vol de moineaux
; elles regagnent leur couvent.
Mon frère et moi allons au collège situé sur la place
du marché. Le collège m’ennuie, les études
m’ennuient ! Les jours de marché, pendant la récréation,
je fugue ; je traîne entre le marchant de guimauve et le kiosque
à musique, puis ; l’heure venue, je reprends le chemin de
la maison bordé de grands mûriers chargés de belles
mûres sauvages, parfumées. Je reviens les cueillir et en
fais provision dans un pot à lait de fer-blanc. (…)
A Saint-Marcellin, un soir de novembre, près de la fameuse fromagerie,
devant l’usine, nous serons plusieurs enfants à assister,
impuissants, à l’arrestation d’un jeune maquisard descendu
de la montagne ; il sera frappé sauvagement, emmené et,
nous l’apprendrons peu après, fusillé par les miliciens.
Août 1944 : comme un bouquet de feu d’artifice, la libération
de Paris ! Paris libérer ! (…)
Nous restons encore quelque temps à Saint-Marcellin où nous
voyons arriver les Américains. Nous quittons Saint-Marcellin en
1945. Je suis triste, j’éprouve une drôle de sensation
; j’ai beau savoir que c’est pour retrouver Paris, pour moi,
c’est partir vers l’inconnu. Quand je reviendrai à
Saint-Marcellin, vingt-trois ans plus tard, dans ma «belle Mercedes
grise à toit ouvran», c’est «Peter» qui
conduira. Marie Chaix sera près de moi. Bouleversée, je
traverserai la grande rue, puis la place d’armes qui mène
au chemin bordé de Mûres. Je retrouverai le coteau, la villa
qui, en fait, n’est qu’une modeste maison ; les dahlias fauves
seront toujours là…»
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