Prix du Livre Inter
   
Livre inter 2004
Le 30ème Prix du Livre Inter a été attribué à Patrick LAPEYRE pour "L'homme Soeur" publié chez P.O.L

"L'homme Soeur" de Patrick LAPEYRE (P.O.L)
a obtenu la majorité absolue au 3ème tour de scrutin.
Patrick Lapeyre, enseignant né en 1949, l'a emporté par 11 voix contre 10 à Richard Millet, auteur de "Ma vie parmi les ombres", éd. Gallimard.

Ce roman raconte l'histoire d'un amour incestueux : celui qu'éprouve Cooper, le personnage principal, pour sa soeur.

   
Le 29ème Livre Inter e été proclamé en exclusivité dans le journal du « Treize Quatorze » du lundi 2 juin 2003, en présence du jury et de son président, l’écrivain Emmanuel Carrère.

Créé par Paul-Louis Mignon en 1975, le prix du Livre Inter compte aujourd'hui parmi les plus hautes récompenses du monde littéraire. Prix populaire, il s'inscrit tout naturellement dans le quotidien de France Inter et de ses auditeurs, auxquels ce rendez-vous est désormais familier.

Le 29ème Prix du Livre Inter a été attribué à Pierre Peju pour « La petite chartreuse », paru aux éditions Gallimard.

Présidé cette année par Emmanuel Carrère, le Jury du Livre Inter, composé de 24 auditrices et auditeurs de France Inter représentant toutes les régions de France, a élu Le Livre Inter 2003 au 3ème tour à la majorité relative :

- La petite chartreuse de Pierre Peju aux éditions Gallimard

Les romans classés en deuxième et troisième position : - "Les ambitions désavouées" d'Alain Fleischer (Le Seuil) - "Tigre en papier" d'Olivier Rolin (Le Seuil)

 

« Je suis très, très heureux (...) Je l'ai appris avec beaucoup de bonheur d'autant plus que ce prix, je le tiens en haute estime parce que c'est un prix qui est attribué par des gens qui lisent vraiment les livres », a expliqué Pierre Péju sur France Inter. « Il ne s'agit pas d'établir certaines manœuvres autour de maisons d'édition ».

Pierre Péju est professeur de philosophie au lycée international Stendhal à Grenoble et auteur d'essais sur le conte, d'études sur le récit et le romantisme allemand.

Péju, livre Inter

Le prix du livre Inter est très énervant. Non seulement son jury tournant, formé d’auditeurs passionnés, est intègre, mais en outre, il s’obstine depuis vingt-huit ans à ne couronner que des bons livres, de Robert Bober à Christian Gailly. Le prix du livre Inter est très obligeant: il rend moins seul. Car on était bien peu, en décembre dernier, à chanter les louanges de «la Petite Chartreuse», du philosophe Pierre Péju (Gallimard, 14,90 euros). «Un roman insoutenable et magnifique, écrivions-nous ici, sur l’enfance muette contre laquelle vient battre le persistant murmure de la littérature.» Tiré à 6000 exemplaires, ce roman dépasse déjà les 70000. Le livre Inter est en effet très humiliant pour les autres prix: il a un énorme pouvoir de prescription. Tant mieux, car la petite Eva de Pierre Péju a vraiment besoin d’être aimée... Jérôme Garcin Le Nouvel Obs Semaine du jeudi 26 juin 2003 - n°2016 - Livres

 

La petite Chartreuse :

Il y a trois personnages principaux dans La Petite Chartreuse : Eva, une petite fille qui porte un anorak rouge au milieu de l’hiver, Thérèse Blanchot, la mère d’Eva, qui se pense être mauvaise mère parce qu’elle arrive toujours en retard et passe son temps à fuir, et Vollard, un libraire taciturne qui conduit ce jour-là une camionnette remplie de livres anciens. S’est-elle jetée sous ses roues ? Est-ce lui qui ne l'a pas vue ? La chaussée était-elle trop glissante ? Est-ce la faute de la mère qui, si elle avait été pour une fois à l’heure, n’aurait pas obligé Eva à vouloir traverser la route toute seule ? En tous cas, en une fraction de seconde, le destin bascule quand Vollard renverse Eva. La petite se retrouve dans le coma. Il y a peut-être une chance qu’elle reprenne conscience. Il faut lui parler. Vollard au chevet de la petite se met à lui parler. Les mots qui lui viennent le plus naturellement à la bouche, ce sont des mots de récits, de contes. "Ce sont des livres que j’ai lus il y a longtemps et dont je me souviens toujours, des bouts de textes qui me reviennent… au hasard". À sa façon La Petite Chartreuse est aussi un conte initiatique et une réflexion sur le pouvoir enchanteur ou destructeur des mots. La petite Eva ne peut plus parler. Sa mère n’a jamais su trouver les mots. Vollard, le libraire, mesure "le bruit étouffé des vieilles phrases" mais sait que leur pouvoir face à la mort n’est rien. La Petite Chartreuse est un livre beau et sensible qui prend au cœur par sa simplicité. Denis Gombert amazon.fr

Pour Vollard, Éva devenait la petite Chartreuse. Silencieuse sans en avoir fait le vœu. La très pâle moniale. L'enfant cloîtrée. L'enfant privée de voix et de joie, privée d'enfance. Mais au fil de ces errances dans la Chartreuse, bizarrement, ce n'était pas le poids écrasant et absurde de l'accident que Vollard ressentait en compagnie de la petite fille, mais un inexplicable allègement, un soulagement, un apaisement dû à ce rituel de marche lente, de silence, de contemplation de choses infimes. Comment un si petit être, émettant si peu de signes, pouvait-il lui donner cette impression de discret équilibre, de nécessité fragile mais heureuse? Le sentiment confus que tout pouvait se résumer à ce va-et-vient entre la librairie et l'hôpital s'intensifiait encore en passant, Éva à ses côtés, du centre spécialisé à la nature sauvage.» Quatrième de couverture

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