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Auteur Andreï
Ikonnikov
Présentation de l'éditeur : À
dix-sept ans, Lizka décide de vivre sa vie, loin de sa mère
et des mesquineries de son village. Elle part à G., la ville voisine,
et s'inscrit à l'école d'infirmières. Mais là
non plus rien n'est facile : elle atterrit dans un foyer et doit travailler
comme concierge dans un immeuble pour financer sa chambre. Excédée
par un locataire qui jette ses ordures par la fenêtre, elle lui
lance une cannette de bière et se retrouve en prison pour agression.
Dans la cellule, elle tombe amoureuse de Micha, qui se révèle
être un fieffé menteur, alcoolique et joueur.
Un vrai appartement pour eux tout seuls ! Voilà ce qu’elle désirait. Mais, d’ici à l’an 2000, il fallait attendre encore onze longues années… Encore que, pour deux cœurs réunis par l’amour, onze ans ne représentent pas grand-chose ! Après avoir été
licenciée du Comité de ville, Lizka s’était
remise à lire les journaux comme autrefois, en réfléchissant
à l’emploi qui lui conviendrait le mieux. Elle cherchait
un travail. Elle se débrouillait magnifiquement pour mener sa maison,
et tous les soirs un excellent repas attendait Arthur, mais elle sentait
que leurs moyens étaient limités et elle ne voulait pas
vivre à ses crochets. En outre, maintenant qu’elle avait
accédé à l’indépendance, elle s’était
transformée en profondeur et aurait voulu trouver à utiliser
son énergie. Elle avait envie d’agir, de créer quelque
chose, de rendre son mari heureux, et elle avec. Arthur tournait le dos à
Lizka et il s’endormait aussitôt, et elle, sans le vouloir
vraiment, elle se remémorait Viktor Mikhaïlovitch. Sur des
sujets de ce genre, il aurait pu s’étendre pendant des heures,
en particulier quand il était assis dans son fauteuil préféré,
avec à côté de lui une bouteille de bon vin. (…)
Lizka le comprenait, à sa manière. Et elle appréciait
aussi que le vice-secrétaire du Comité de ville bavarde
avec elle, lui confie ses pensées et ses sentiments, et qu’il
soit un homme puissant, mais qui une fois au lit se soumettait à
elle. Tandis que celui-là : Allez, faut qu’on dorme.
Touchant, simple et juste sont les trois adjectifs qui viennent à la bouche lorsque l'on referme cet ouvrage. On ne peut de toutes les façons être resté insensible aux pérégrinations affectives de Lizka. Vicky Chahine EVENE Son second livre, «Lizka et
ses hommes», nous présente un Ikonnikov assagi, bien que
cette épopée picaresque brosse un tableau encore sombre
de ces foyers de travailleuses où l’on doit faire la queue
pour prendre une douche et où, les toilettes étant constamment
bouchées, on va se soulager dans la cour, en comptant sur la neige
pour enfouir les souillures sous un manteau de blancheur miséricordieux.
Dix hommes, 10 portraits
d'une société en décomposition sur laquelle Alexandre
Ikonnikov pose un regard impitoyable. Petite
remarque perso : Chacun des hommes de Lizka, à sa manière
et dans sa relation à la jeune femme, offre une facette de la société
russe. Portrait multiple et sans concession de cette Union Soviétique
qui vient d’être démantelée et qui s'interroge. |