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La mémoire d'Abraham Le livre commence en 70 après J.-C., par la fuite d’Abraham, scribe au Temple de Jérusalem assiégée par les Romains et se termine en 1943 par la mort de l’imprimeur Abraham Halter, le grand-père de l’auteur, pendant la révolte du ghetto de Varsovie. Au terme de six ans de recherches, Marek Halter a reconstitué la longue lignée d’une famille d’imprimeurs juifs –la sienne- dont les premières publications remontent au XVe siècle, en Italie. De l’Alexandrie des premiers pogroms à l’Hippone de Saint-Augustin, de Narbonne avec ses rois juifs à Strasbourg, refuge de Gutemberg, de l’Istanbul des sultans turcs au Paris de la Révolution et à Varsovie, La Mémoire d’Abraham nous conduit sur la longue route des Juifs et nous fait redécouvrir, à travers leurs mœurs, leur religion et leur culture, l’histoire des peuples qui les ont accueillis ou chassés, et, en particulier, l’histoire de cette France où une partie de la famille de l’auteur s’est établie dès le VIIIe siècle pour ne plus la quitter.
Début du livre : A son habitude, Abraham le scribe s’éveilla d’un coup et, immobile sur sa couche, les yeux grands ouverts, il attendit le jour. L’aube, à Jérusalem, est une promesse qui vous emplit le cœur et Abraham, chaque matin, y cherchait confusément le signe que les choses de la terre et du ciel étaient en ordre. Cela commençait vers l’Orient, du côté du désert, par un puissant remous au fond de la nuit, et les étoiles pâlissaient soudain. Puis tout allait très vite. La lumière montait comme une mer, vague après vague, déposant tour à tour des couleurs tendres et des éclats de quartz, allumant l’ocre des remparts, l’argent bleu des oliviers, la blancheur des terrasses. Les ânes et les coqs appelaient, les mouches entraient dans l’ombre des maisons tandis que, sur le parvis du Temple, vingt lévites poussaient sur ses énormes gonds la porte Nicanor ; le choc de bronze des lourds vantaux contre la muraille résonnait longuement sur la cité. Alors seulement Abraham le scribe se levait, heureux comme après une prière. Mais ce jour là, le neuvième du mois d’Av de l’année 3830 après la création du monde par l’Eternel, beni soit-il, Abraham le scribe n’entendrait pas la porte Nicanor : après trois mois de siège, les légions romaines avaient investi l’Antonia, la forteresse qui commandait, au nord, l’accès au Temple. Il n’entendrait pas non plus les coqs ni les ânes : affamée, la population des assiégés les avait depuis longtemps mangés. Abraham
ne bougeait pas. Tant qu’il ne se remettait pas dans le courant
de la vie, il pouvait encore croire que la faim, que la peur, que la guerre
faisaient partie d’un rêve mal refermé, comme ces chiens
jaunes qui s’attardaient le matin aux confins des villages et que
l’activité du jour renverra au désert.
Dans La mémoire d’Abraham, Marek Halter retrace ou invente, on ne sait, un arbre généalogique deux fois millénaire. Depuis la destruction du temple de Jérusalem, en l’an 70, une famille juive tient un registre scrupuleux de ses tribulations et de ses engendrements. Beau sujet qui permet à Marek Halter d’évoquer brillamment les transplantations, pogroms, réinsertions, recommencements du peuple juif. Passent les siècles et défilent les continents. Interviennent au fil des ans et des lieux l’évêque Augustin, Chrétien de Troyes, Rembrandt, Sam Bronfman… La fresque est éblouissante. À tel point qu’on doit se secouer pour demander jusqu’où elle colle à l’Histoire. La réponse facile serait de dire qu’il ne faut pas bouder son plaisir. Laurent Laplante La mémoire d’abraham 2 000 ans d’histoire d’une famille juive: de cette aube de l’an 70 où le scribe Abraham quitte Jérusalem en flammes à ce jour de 1943 où l’imprimeur Abraham Halter meurt sous les ruines du ghetto de Varsovie, cent générations se transmettent le livre familial, mémoire de l’exil. Jusqu’à Marek Halter, le «dernier scribe», qui, aujourd’hui, recrée pour nous cette grande aventure. Une œuvre exemplaire, chargée du souffle de la vérité et de l’âme de l’humanité. «Enfin un vrai livre de réconciliation.» Jean-Paul II «Marek Halter nous rappelle la longue lignée des meuniers juifs à Narbonne, vignerons à Troyes, scribes à Strasbourg, imprimeurs à Paris pendant la Révolution. Il vient d’ouvrir les premières pages d’un grand livre.» François Mitterrand «Une histoire de souffrance et d’espoir, de désir et de volonté, de lutte et d’accomplissement.» Shimon Peres «J’aime cette saga qui mène aux sources du judaïsme français. Popularisant ce qui a été la vie des communautés juives au sein de la société française, “La Mémoire d’Abraham” apporte une contribution très riche à la réconciliation judéo-chrétienne.» Simone Veil «Voici
donc un événement. Il paraît simple, évident,
frais, presque naïf. Et c’est un tournant terrible. Sans plainte.
Sans pathétique. Animé, de part en part, d’une joie
et d’une confiance d’enfant. Un souffle est là.»
Philippe Sollers Petite remarque perso : J'ai lu ce livre il y a pas mal d'années déjà, pourtant, une profonde impression de grandeur et d'éblouissement m'est restée. Ce rouleau de parchemin qui passe de main en main, de génération en génération comme un fil qui lie, qui relie la famille Halter au temps : le plus proche de nous comme le plus lointain. Vraiment incroyable. Une bonne idée de relecture car l'histoire est d'une telle richesse ! J'avoue cependant ne pas m'être préoccupée de savoir si tout y était vrai ou si l'imagination avait parfois pris le pas sur l'Histoire et la magie a opéré sans faillir ! |