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La Maison des Brumes

Anne Tiddis

 

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Fiche :

Auteur Anne Tiddis
Illustration Michel Biot
Dessinateur Patrick Cutté
Editeur Alternatives
Collection Pollen
Nombre de pages 96 pages
Format 10 cm x 19 cm
Illustrations couleur
ISBN 2862273910


Résumé :

"Lors d'un atelier d'écriture auprès de patients atteints de la maladie d'Alzheimer, j'ai vu ce qu'était une suspension de la pensée, le silence d'un vide transpercé soudain par l'envol d'une couleur, d'un mot, d'une sensation.

Ne plus pouvoir rêver, se souvenir, ont éveillé en moi la nécessité de confronter à la réalité de cette femme l'exil intérieur d'un homme en quête de son identité." Anne Tiddis

 

Rencontre fortuite et insolite entre une femme peintre, dont la mémoire s'estompe inexorablement, et un écrivain algérien qui voudrait par l'écriture se libérer de ses souvenirs.

Cette histoire d'amour, brève et ardente, entre les deux personnages, constitue pour chacun un intermède heureux, passionné, dans la lutte inversée qu'ils mènent, l'un pour retenir, l'autre pour soulager sa mémoire.

La maison des brumes, posée au bord d'une falaise normande sapée par la mer, est la métaphore qui sert de cadre au récit dans un contexte de ciels changeants et de mer imprévisible épousant les sentiments de cette femme encore jeune.

C'est ce que rend avec beaucoup de sensibilité le peintre Michel Biot, tandis que le calligraphe Patrick Cutté révèle l'amour des mots de l'écrivain

 

Extrait :

Salim a toujours aimé les mots qu’ils lui soient propres ou écrits par d’autres ou encore volés au hasard d’une conversation. Il s’habitue désormais à n’entendre que les pépiements des oiseaux et surtout le son de sa propre voix qui envahit le silence de la maison abandonnée.

Cela fait combien d’heures, de jours, qu’Anne et lui sont ainsi rivés l’un à l’autre ? Jamais il n’avait espéré, osé rêver d’une femme qui donne l’impression de le découvrir sans cesse ! Chaque seconde est une renaissance. Ses yeux trop grands ouverts le fascinent, tout ce qu’ils peuvent découvrir, absorber, Anne l’enfouit au fond de sa rétine comme dans un coffret à mémoire dont elle a perdu la clef.

Rarement elle dit ce qu’elle ressent. Alors il apprend à parler pour elle. Il aime ses mains qui le caressent pour l’approuver ou l’inciter à parler encore.

Parfois après l’amour, ses lèvres se gonflent de mots qui n’arrivent pas ou ne veulent pas jaillir. A d’autres moments avant de s’endormir, comme une enfant qui a besoin qu’on lui répète une énième fois la même histoire, elle lui pose la même question.

- Tu es donc un homme du désert ?

Et elle s’endort doucement tandis qu’il prend un plaisir inépuisable à lui conter sa vie d’enfant à Bou-Saâda. Il fait désormais sans effort revivre les paysages enfouis à force d’être murés dans sa mémoire. Pour elle pendant des heures, il laisse chanter parfois chahuter voyelles et consonnes, se recréer l’écho insolite d’images aux ailes fantasmatiques. C’est ainsi que le lien secret et solitaire du sable des dunes du désert et du sable des grèves peut embraser l’imaginaire de son amante.

Il sait maintenant qu’il ne pourra plus su perdre ni craindre le chemin du retour tant redouté, attendu depuis si longtemps. En tant que guide, il reliera chaque grain de sable à ce qu’elle a imaginé de leur pemière rencontre.

Il lui a demandé de partir avec lui et Anne dans l’élan d’une jeune femme s’y est dit prête. Pages 57 à 59

Autre extrait

 

Critique/Presse

Petite remarque perso : L'histoire est courte, les illustrations la complètent superbement. Ce petit livre est un moment "suspendu". On y entre en poésie au fil des mots. Les couleurs du jour, le noir, le sombre, l'éclair de la passion, les brumes de la mémoire, le temps qui perd son sens habituel. Un de ces petits bonheurs éclatants que l'on garde précieusement.

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