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Auteur Kim
Lefèvre La petite
Kim naît à la veille de la Seconde Guerre mondiale, fruits
des amours illégitimes d’une Tonkinoise et d’un militaire
français qui l’abandonne. Une naissance qui marque la mère
du sceau de l’infamie de la transgression raciale et de la collaboration
avec le colonisateur et qui contraindra la petite fille puis l’adolescente
à surmonter le triple rejet d’être née fille,
bâtarde et métisse pour conquérir son indépendance.
"On
a coutume de dire que le métissage est une force, additionnant
les qualités des deux sangs dont un métis est issu. Difficile
de le faire croire à la petite Kim Lefèvre, née à
Hanoi avant la seconde guerre mondiale d'une mère vietnamienne
et d'un militaire français qui les a abandonné bien avant
la débâcle française au Viêt-Nam. Dans son autobiographie
« Métisse blanche », elle conte les difficiles vingt
premières années de sa vie où elle dût affronter
la triple « tare » d'être née fille (un dicton
vietnamien dit « Cent filles ne valent pas un garçon »),
métisse et bâtarde au Viêt-Nam avant de partir étudier
en France en 1960. Elle fut durant toute sa jeunesse ballottée
d'un lieu à l'autre à tel point que c'est le voyage qu'elle
considère comme un état normal : Hanoi, Saigon, Tuyên-Quang,
encore Hanoi, Sam Sôn, Nam Dinh, Van-Xa, Tuy Hoa, Quan Can, Nha
Trang, encore Saigon, encore Nha Trang, Dalat et pour finir Saigon. Ce
qui ressemble à un itinéraire de chemin de fer fut le lot
de son enfance. Rejetée par certains enfants légitimes de
sa famille, trop paysanne au goût de cousines émancipées,
qualifiée de « traître » par son oncle nationaliste,
placée dans un orphelinat, ignorée par son beau-père
chinois, elle ne doit son salut qu'à sa force de caractère.
Une qualité métisse ? Esprit vif, elle obtient de bons résultats
lors de sa scolarité. Elle doit cependant résoudre un autre
problème, celui de sa sexualité. Si beaucoup de Vietnamiens
la considèrent comme une « monstruosité », les
hommes sont attirés par son métissage, sorte de fruit défendu
qui dissimulerait un amour plus fort. Elle lutte bec et ongle pour conserver
sa virginité, « seul trésor d'une femme » selon
sa mère, tout en étant « écartelée entre
le désir d'être aimée et celui de se faire respecter
». Cette odyssée contre l'intolérance et l'ignorance
est très forte en émotions. Et elle révèle
les déchirements des métis en même temps que leur
force : si la France - « cause de ses malheurs » - la reçoit
et l'accepte, le Viêt-Nam qu'elle aime profondément la rejette." |
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