Henri Michaux, peintre et poète français d’origine belge (Namur 1899 - Paris 1984).

Il débute sous le signe de la solitude et du refus: une adolescence difficile, une anorexie qui traduit l’angoisse que provoque en lui le monde qui l’entoure; un espoir cependant, qu’il existe quelque part un "secret" , d’où l’appel de l’ailleurs: matelot (1920), il découvre Lautréamont et commence à écrire.

Il s’installe à Paris (1925) où il est accueilli par Supervielle, et entreprend un voyage en Equateur (1927). Ces premières errances laissent une double trace: un livre, Qui je fus (1927), et une autre "écriture", les trajets pictographiés de Narration et d’Alphabet, qui préfigurent les recherches graphiques des années 50.

Ses nouvelles pérégrinations (Amérique du Sud, Chine, Inde), ne feront que confirmer la fidélité de ses "larves et fantômes" (Ecuador, 1929; Mes propriétés, 1929; Un certain Plume, 1930; Un Barbare en Asie, 1933; La nuit remue, 1935; Voyage en Grande Garabagne, 1936).

Si ses voyages le conduisent à la découverte de moeurs et de paysages étrangers, Michaux dit aussi que la seule aventure est d’ordre intérieur. Ses oeuvres poétiques, souvent composées en une prose lapidaire, riches en inventions, évoquent le monde intérieur, la difficulté de vivre et leur projection fantastique en des mondes imaginaires parfois d’une effrayante et magique cruauté. Sa poésie se veut rythme pur jusqu’à n’être plus qu’épellations; un lexique parfois de toutes pièces inventé, avec pour but: "donner à voir la phrase intérieure, la phrase sans mots".

Explorateur de l’inconscient et du rêve, il tente par l’usage des stupéfiants, une exploration, en quête de cette rupture avec le temps et l’espace. Dans ces expériences audacieuses de recours aux drogues hallucinogènes, Michaux ne cherche cependant pas l’évasion vers des "paradis artificiels" mais la connaissance "par le gouffre" de nouveaux états mentaux dont l’écriture doit se faire la traductrice transparente.

Ayant commencé à peindre dès 1926, il substitue de plus en plus l’expression graphique au poème, les être humains apparaissant dans ses compositions fantasmagoriques sous l’aspect de figures filiformes (Meidosems, 1948; Mouvements, 1951).

Sa grande lucidité rejoignant l’imagination la plus folle, Michaux a certainement recueilli le meilleur de l’héritage surréaliste. http://www.la-flute.ch/old/michaux/henri.htm

L'oeuvre de Michaux présente tout entière une double vocation au mouvement et à l'exploration. On ne saurait donc mieux la présenter dans son ensemble qu'en réfléchissant aux divers parcours qu'elle accomplit. La quête d'identité et de savoir qui s'y poursuit emprunte les voies de la métamorphose. Le déplacement y constitue le mode privilégié de l'exploration de soi-même. La condition humaine dans son ensemble s'y trouve traduite en rythmes, territoires et itinéraires psychiques. On assiste donc, dans cette oeuvre, à une multiplication de mouvements, aussi bien physiques (par les voyages ou les mises à l'épreuve du corps) que mentaux (par le travail de l'imaginaire ou l'expérience de la rêverie et du dérèglement intérieur provoqué) ou encore formels (par l'invention verbale et la création picturale).

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