Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Ancien style

Je ne vous écris plus
Des vagues de lumière inondent la fenêtre
Et la brise légère frissonne le rideau
J’ai posé devant moi votre dernière lettre
L’ai relue Ai souri en effeuillant vos mots

Je ne vous écris plus

Et vous faites de même Qu’importent les missives
Il n’est plus de facteur pour porter les messages
Cet été la saison s’enroulera lascive
A l’ombre des tonnelles nos plumes seront sages

Je ne vous écris plus
A quoi bon il est tard et la nuit déjà vient
J’irai faire quelques pas peut être à l’heure fraîche
Où le soleil déserte les pierres du chemin
L’herbe est verte aujourd’hui demain elle sera sèche

Je ne vous écris plus
L’encre se fige au fond de l’encrier de verre
Et ma main s’engourdit sur le feuillet trop blanc
J’ai noué vos courriers d’un joli ruban clair
Quelques fleurs vont éclore au vaste firmament

Je ne vous écris plus
Les silences parfois disent plus que les mots
Nous sommes-nous perdus ou bien tout au contraire
Nous suffit-il d’entendre le doux chant d’un oiseau
Pour briller nos regards d’une même lumière

Je ne vous écris plus
Mais une lettre arrive Elle porte votre seing
Je vous lis Je vous sais Vous souris M’attendris
Votre écriture semble promesse de demain
Je m’installe à ma table et là… Je vous écris

21/05/2006

 
Régine Foucault©