Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Sonate pour Arpeggione


C’est un air merveilleux bruissé de mouvements
Qui me garde rêveuse près de toi plus longtemps
Tu es cette impulsion aux touches du piano
Je tremble violoncelle sur le même tempo

Les notes s’entremêlent enroulées de douceur
La vague enfle et s’étire éclate avec ardeur
Deux mains sur le clavier entament leur ballet
Quand ondule légère la course de l’archet

Cristallin tu t’élèves vibrante je te suis
Nos phrasés se mélangent aux dédales de nuit
Des arpèges d’étoiles structurent la lumière
De nos deux voix lactées s’élevant de concert

Sur les cordes parfois un souffle se retient
Le cœur bat la chamade aux doigts du musicien
Un soupir s’alanguit tu apprends à le lire
Une larme glissée au bord de mon sourire

La musique nous prend comme on se prend d’amour
L’obscurité déjà étale ses velours
Le rêve se poursuit nous y sommes ensemble
Piano et violoncelle ce soir ont joué l’amble

040/09/2005

 
Régine Foucault©