Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 
La constellation du Cavalier

Un reflet transparent à l’orée du matin
A peine un mouvement  dans la lumière naissante
Il  va   Se penche un peu    Sourit    Peut-être chante
Et cueille quelques fleurs en passant au jardin

Mais les fleurs à sa main aussitôt disparaissent  
Happées dans l’invisible de la tige au pétale
L’homme marche et se perd dans l’immense dédale
De  rues et de ruelles où la foule se presse

Nul pourtant ne perçoit ce léger froissement
Quand il frôle en passant une étoffe de laine
Ou qu’il glisse ses doigts sous l’eau d’une fontaine
Nul ne voit s’altérer les perles du courant

Perles d’eau à sa paume   Il sent l’éclaboussure
Légère et pétillante sur sa peau rafraichie
Le monde autour de lui s’agite   Il en sourit
Mais cette agitation lui semble une imposture

Le galop d’un cheval  soudain brise l’instant
L’homme à peine reflet s’enveloppe de nuit
Sa monture s’avance il l’enfourche et s’enfuit
Cavalier de lumière lancé au firmament

28/12/2008

 
Régine Foucault©