Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Tableau d'hiver

A l’infinie blancheur s’oppose vertical
Un arbre que le froid hachure de fusain
Sur le chemin le gel dispose ses fractales
Illusions végétales de rêves cristallins

Des empreintes fragiles s’impriment à la plaine
Hiéroglyphes étranges ou bien traces de pas
Animaux aux abois ou promenade humaine
L’hiver à des secrets qu’il ne partage pas

Sur la clôture de bois un oiseau se repose
Les ailes repliées il observe alentour
Monochrome le ciel se nuance de rose
Quand le soleil oblique irise les contours

Le blanc a transformé l’ordre du paysage
Je ne reconnais ni la barrière ni la haie
Le silence ouaté écume les nuages
Puis effleure ma joue de son souffle léger

Singulière impression d’être admise un instant
Au cœur de ce tableau illuminé de neige
La saison frissonneuse à l’engourdissement
De l’hiver m’a offert ce bien doux privilège

31/01/2006

 
Régine Foucault©