Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Au bord d'un rêve

Le ciel allait bientôt tendre ses draps de nuit
Fine étoffe de soie sur ma peau dénudée
Frisson d’un satiné aux froissés infinis
Baiser à peine éclos d’un pétale d’été

Je cherchais en ce lieu un sommeil incertain
Bien trop emplie de rêves pour trouver le repos
Perdue en ces mystères où le songe est sans fin
Et s’irise aux diaprures d’étranges perles d’eau

Dans la faible lumière qui précède l’aurore
Je me promenais seule sur le bord de l’étang
Dont les miroirs verts et les étoiles d’or
Me rappelaient tes yeux et leurs reflets changeants

Ce lac était profond comme l’est ton regard
Quand je me suis penchée au bord de tes paupières
L'onde était si limpide que j’ai pu entrevoir
Mon visage tremblé par le souffle de l’air

Le soleil bientôt viendrait tout embraser
Le soleil ou tes yeux je ne saurais le dire
J’ai aux lèvres le goût délicat d’un baiser
Et au cœur l’émotion d’un précieux souvenir

Avais-je un peu dormi ou seulement rêvé
Ta caresse était-elle venue frôler ma main
Etait-ce tes prunelles ces couleurs emmêlées
Ou l’éclat d’une étoile franchissant le matin

Eh bien si c’est un rêve qu’il revienne toujours
Il est à mes pensées si tendre visiteur
Il me donne tes yeux pour horizon d’amour
Et m’offre un doux refuge à l’orée de ton coeur

Août 2004

 
Régine Foucault©