Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Enfance

J’ai marché les pieds nus sur les cailloux glissants
De la jolie rivière où je rêvais fillette
Un rayon de soleil aux grands saules pleurants
Etincelait les berges d'une pluie de paillettes

J’ai marché les pieds nus sur l’herbe de la plaine
Et j’ai fermé les yeux inspirant ses parfums
Dans le mitan du jour une pâleur soudaine
Brumait les paysages hachurés d’ocres bruns

J’ai marché les pieds nus sur la pierre lissée
D’avoir tant reçu de pas et de serments
Quand la nuit se creusait en nid d'intimité
Les mots d'amour tremblaient d'étoiles au firmament

J’ai marché les pieds nus sur la vieille margelle
Et je me suis assise aux lisières du temps
Au loin sonnait la cloche du village éternel
Où l’on revient dès lors que l’on y fut enfant

28/08/2005

 
Régine Foucault©