Une ride effleurée sur le miroir du temps
Une plume crissée à l’orée du printemps
La surface de l’eau s’est déprise du gel
Mais un dernier flocon retarde l’hirondelle
Il en est des saisons de la terre et de l’eau
Comme du rythme qui préside au fil des mots
La phrase est familière sous l’arche de la nuit
Mais la nuit est profonde et la phrase s’enfuit
A cette heure l’aurore n’est que brin d’espérance
Les songes sont encor prisonniers du silence
La céleste beauté étoilée de langueurs
Se refuse au regard égaré du dormeur
Pour dire les nuances qui enlacent le jour
L’émotion est trop forte et le verbe trop court
Il faudrait l’impression sur la toile de lin
Du phrasé délicat de l’Art et de la main
Ou peut-être la note aux cordes de l’oubli
Vibrante sur l’instant Tendue vers l’infini
L’argile modelée dans la paume corolle…
Mais l’oiseau de printemps déjà reprend son vol
24/03/2008 |