Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Le grand navire blanc

Le grand navire blanc a traversé l’histoire
Mirage singulier aux berges des mémoires
Temps d’avant temps d’hier ou temps de nulle part
Nul capitaine à bord et personne à la barre

Ses passagers debout contre le bastingage
Regardent fascinés s’enfuir les paysages
Les arbres des collines les prairies les vallées
Les montagnes lointaines aux sommets enneigés

Mais quel est ce bateau qui hante le grand fleuve
D’où viennent ces regards posés aux terres neuves
Sur la rive parfois une main qui se tend
Ne capture que le souffle échevelé du vent

Le vaisseau inlassable poursuit son long périple
Et glisse sur les eaux ses facettes multiples
Du réel il se fraie une voie vers nos rêves
Et parfois disparaît lorsque le jour se lève

Quelle magie pour trouver les clés de ce mystère
Faut-il connaître tous les secrets de la terre
Je contemple attentive l’ondoiement du courant
Espérant entrevoir le grand navire blanc

09/11/2006

 
Régine Foucault©