Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Si nous revenait

Et si nous revenait le joli temps de vivre
Et si nous revenait le joli temps d’aimer
Si l’on pouvait reprendre au tout début le livre
Retrouver le respir de notre instant premier

Croiserions nous encore ces amis de passage
Qui d’un mot ou d’un geste ont posé un jalon
Et verrions nous au terme d’improbables voyages
Le soleil se coucher au lit de l’horizon

Notre main irait-elle se poser sur la page
De ce livre au hasard de nos explorations
Notre cœur irait-il mourir sur le rivage
D’un amour déclamant ses dernières oraisons

Saurions-nous écouter celui qui se lamente
Saurions nous d’un regard apaiser ses chagrins
Et nous jeter encore au creux de la tourmente
Pour avancer un pas de plus sur le chemin

Après avoir appris tant et tant de souffrance
Tant et tant de sourires et tant et tant de larmes
Après avoir connu joies et désespérances
Après avoir rompu un à un tous les charmes

Après les fausses routes, les échecs, les erreurs
Si tout recommençait qui serait cet humain
Qui nous ressemblerait comme au frère une sœur
Et qui pourtant serait sculpté d’une autre main

Novembre 2004

 
Régine Foucault©