Blancs de lune fardés de poussières d’étoiles
Sur l’expression figée d’un masque de lumière
Collerettes plissées et cascades de voile
Etoffes précieuses Ornements éphémères
La brume se dépose sur l’eau du Grand Canal
Mouvance régulière au rythme gondolier
Une belle drapée dans l’ombre vespérale
Franchit l’huis mystérieux de la réalité
Sur la lagune rêve un étrange Arlequin
Dont l’habit se colore aux ors incandescents
D’un reflet où se noie le soleil vénitien
La nuit s’enlise sous le vieux pont soupirant
Dans ce temps suspendu brisé de gestes lents
Derrière les parures le regard se dévoile
L’audace décuplée par le déguisement
Venise est libertine aux soirs de carnaval
Plus la nuit se consume plus les repères s’effacent
Labyrinthe liquide sous les voûtes secrètes
Des groupes colorés au dédale des places
S’en vont d’un pas dansant prendre part à la fête
Déjà tremble le jour et monte le silence
Un prince noir et blanc s’engouffre au Grand Palais
Une main de velours tire sa révérence
Un instant... Et puis l’aube… Alors tout disparaît
19/03/2007 |