Au bord des mots
Il est parfois un vertige
Qui tient un peu du rêve...
 

Blancs de lune fardés de poussières d’étoiles
Sur l’expression figée d’un masque de lumière
Collerettes plissées  et cascades de voile
Etoffes précieuses    Ornements éphémères

La brume se dépose sur l’eau du Grand Canal
Mouvance régulière au rythme gondolier
Une belle drapée dans l’ombre vespérale
Franchit l’huis mystérieux de la réalité

Sur la lagune rêve un étrange Arlequin
Dont l’habit se colore aux ors incandescents
D’un reflet où se noie le soleil vénitien
La nuit s’enlise sous le vieux pont soupirant

Dans ce temps suspendu brisé de gestes lents
Derrière les parures le regard se dévoile
L’audace décuplée par le déguisement
Venise est libertine aux soirs de carnaval

Plus la nuit se consume plus les repères s’effacent
Labyrinthe liquide sous les voûtes secrètes
Des groupes colorés au dédale des places
S’en vont d’un pas dansant prendre part à la fête

 Déjà tremble le jour et monte le silence
Un prince noir et blanc s’engouffre au Grand Palais
Une main de velours tire sa révérence
Un instant...   Et puis l’aube…  Alors tout disparaît

19/03/2007

 
Photo tirée d'un diaporama intitulé Venise 2005 dont je n'ai pas trouvé l'auteur
 
Régine Foucault©