BIOGRAPHIE
:
Princesse
turque-ottomane née à Paris, de père indien et de
mère turque.
Ella a étudié
la psychologie et la sociologie à l'Université de Paris-Sorbonne.
Journaliste
au "Nouvel Observateur" de 1970 à 1983, spécialiste
du Moyen-Orient et du sous continent indien, Kénizé Mourad
a couvert les guerres du Liban, les conflits israélo-palestinien,
indo-pakistanais et du Bangladesh, la révolution iranienne.
Outre ses
articles pour différents journaux (Match, Elle, Le Monde Diplomatique,
le Journal de Genève et des émissions pour France Culture...),
Kénizé Mourad est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "De
la part de la princesse morte", publié en avril 1987 et traduit
en 23 langues et "Le jardin de Badalpour" publié en mai
98, traduit en une dizaine de langues.
Interview
: Réponses recueillies par Françoise Boulianne
Quelle
est la part d'autobiographie dans De la part de la princesse morte ?
Les grands faits concernant la fin de l'empire ottoman et la vie de ma
mère sont exacts. Mais, comme elle est morte lorsque j'étais
bébé, j'ai dû imaginer beaucoup de choses. Idem pour
« Le jardin de Badalpour ».
Vous avez
pu vivre pendant onze ans des recettes de votre premier livre? J'ai un
peu honte de l'avouer, mais oui, sans faire de folies. C'est encore possible
aujourd'hui et cela éveille beaucoup de jalousie! Pourquoi, en
tant que journaliste, avez-vous eu besoin d'écrire ces deux romans?
Au cours de mes reportages pour Le Nouvel Observateur, je me suis rendue
compte que la chose importante, c'était la psychologie des gens
et non pas les grands discours politiques superficiels. Je n'avais pas
la place d'en rendre compte dans mes articles, alors j'ai eu envie d'écrire
des sagas.
Ce
sont les situations de crise qui vous intéressent ? Oui,
absolument. Peut-être parce que ma vie a été une suite
de crises. Le courage, ce n'est pas d'être correspondante de guerre,
mais de bien vivre la vie quotidienne. De rester vivant dans une société
qui est un peu morte.
Quels
sont les messages que vous avez à cœur de transmettre ?
Comme moi, les lecteurs ont des problèmes de déracinement.
Ils ne savent plus à quelles valeurs s'accrocher. J'ai donc voulu
montrer un personnage qui a tout perdu et se bat pour retrouver son identité.
Vous
êtes musulmane ? Oui. Peut-être que si, aujourd'hui,
on crachait sur le christianisme, je me dirais chrétienne. C'est
une appartenance plus qu'une religion, pour moi. Une identité.
La religion musulmane est ouverte et tolérante. Les gens qui, en
ce moment, se prétendent les vrais musulmans n'y connaissent rien
et disent des choses aberrantes.
Avez-vous
déjà pleuré en écrivant vos livres ?
Oui, beaucoup. C'est pour cela que je voudrais que les autres pleurent
aussi. Je ne trouve pas normal d'être la seule à pleurer!
Quelle
impression cela vous fait-il de voir votre livre en librairie et de penser
que des millions de lecteurs l'ont lu ? Cela me fait plaisir.
Mais j'espère que les gens ne vont pas le lire comme une histoire
distrayante seulement.
Retravaillez-vous
beaucoup le premier jet de vos manuscrits ? Beaucoup. Le premier
jet est affreux. Je me suis rassurée en apprenant que c'est le
cas de la plupart des grands écrivains et en voyant travailler
des amis dont je croyais à tort qu'ils écrivaient avec une
facilité extraordinaire.
Auriez-vous
aimé vivre à l'époque des grands fastes de l'empire
ottoman? En tant que femme, je n'aurais eu aucune liberté.
En tant qu'homme, j'aurais été le sultan, j'aurais pu faire
de la politique et j'aurais adoré cela !
Quel
est votre rapport avec l'argent? Très amusant. Je n'avais
jamais gagné davantage qu'un salaire normal. Tout à coup,
avec le succès de mon livre, j'ai touché le jackpot. Je
me suis sentie terriblement coupable, par rapport à mon éducation
et à mes anciennes valeurs gauchistes. Alors, j'en ai donné
et j'en ai perdu beaucoup avant d'apprendre à m'en servir, simplement.
BIBLIOGRAPHIE
:
De
la part de la princesse morte, évoque
la fin de l'empire Ottoman, et le Moyen Orient entre les deux guerres
mondiales. Traduit en 23 langues il s'est vendu à plusieurs millions
d'exemplaires.
Le jardin de Badalpour, traite des problèmes d''identité
entre Orient et Occident.
Living in Istanbul de Jerome Darblay(Photographies),
Kenize Mourad(Inconnu)- Flammarion (1993)
Haut
de la page
|