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Harry
Mulisch est l'un des intellectuels amstellodamois les plus emblématiques
de sa génération. Riche d'une réflexion historique,
politique et philosophique d'une rare densité, son œuvre s'est
imposée dès les années soixante sur l'échiquier
littéraire néerlandais. Publié en 1961, L'Affaire
40/61 n'appartient pas au registre de la fiction. Regroupant une série
d'articles publiés dans l'hebdomadaire Elseviers Weekblad à
l'occasion du procès Eichmann, auquel Mulisch assiste à
Jérusalem, il offre un questionnement moral unique sur l'un des
épisodes les plus sombres du XXe siècle. 20/03/2003 L'Affaire 40/61 n'appartient pas au registre de la fiction. Regroupant une série d'articles publiés dans l'hebdomadaire Elseviers Weekblad à l'occasion du procès Eichmann, auquel Mulisch assiste à Jérusalem, il offre un questionnement moral unique sur l'un des épisodes les plus sombres du XXe siècle. Les multiples références et les nombreux degrés de lecture qui sont présents dans votre œuvre participent-ils d'une quelconque volonté pédagogique de votre part ? Si vous désirez réellement connaître quelque chose sur le monde, quel que soit le sujet, vous vous devez d'étudier ce sujet. La littérature n'éduque pas, c'est comme la musique. S'éduque-t-on en écoutant de la musique ? Je n'en sais rien… Ce dont je suis en revanche certain, c'est que lorsque vous écrivez un livre avec le désir d'éduquer les gens, la plupart du temps il s'agit d'un mauvais roman. Un roman doit être beau. Il ne doit pas vous apprendre grand-chose sur le monde, davantage à votre propre sujet. Voilà l'essentiel de la littérature .Qu'est-ce qui vous a conduit à aborder le thème récurrent de la Seconde Guerre mondiale ? Il s'agit-là d'une problématique extrêmement personnelle. Je fais une exception pour L'Affaire 40/61, qui n'est pas un roman et qui correspond à une réelle volonté éducative de ma part sur le fascisme et ses nombreuses implications. Le thème de la guerre, que l'on retrouve en effet dans une grande partie de mon œuvre, et qui est véritablement inhérent à mon travail, s'explique très simplement. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, en 1940 pour les Pays-Bas, j'étais âgé de douze ans. Lorsqu'elle a pris fin, j'avais dix-sept ans. J'ai vécu cette période très particulière où l'on passe de l'enfance à l'âge adulte pendant la guerre. Il serait parfaitement anormal qu'elle soit absente de mon œuvre. C'est une problématique qui est commune à tous les écrivains de ma génération, du moins à tous ceux qui sont nés à la fin des années vingt, entre 1926 et 1928.Votre vision de l'humanité semble parfaitement dénuée d'illusion…C'est un fait. Il me suffit d'ailleurs d'ouvrir les journaux chaque matin pour m'en convaincre… Tout cela est bien évidemment en rapport avec la télévision et les nouvelles technologies. Toutes les atrocités, tous les événements terribles qui se produisent chaque jour aux quatre coins du globe, ont toujours eu lieu. À ceci près que nous n'en étions pas informés, tout au plus pouvait-on lire une ou deux brèves à leur sujet. Désormais, l'information arrive en direct dans nos appartements, voilà la principale différence. Le monde n'est pas plus inhumain aujourd'hui qu'hier, nous sommes tout simplement beaucoup mieux informés. Malgré cela, nous ne pouvons rien faire de plus. C'est la même chose aujourd'hui avec l'Irak. L'être humain ne cesse de me sidérer… Vous considérez-vous comme un écrivain engagé ? Oui et non, cela dépend. Lorsque je me suis très fermement engagé pour un certain nombre de causes, pendant les années soixante par exemple, j’ai pris le parti d'écrire dessus en tant qu’écrivain engagé, mais ce n'était jamais dans le cadre d’un roman, d'une œuvre de fiction. Je ne suis pas engagé lorsque j'écris des romans, et lorsque je suis engagé, j'écris des œuvres de non-fiction… |
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